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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2101051

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2101051

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2101051
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET GROS-HÉLOÏSE- HICTER & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 septembre 2021, le 22 juillet 2022 et le 7 mars 2023, Mme A B, représentée par la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter, Audrey d'Halluin et associés, demande au tribunal :

1°) de condamner la société Electricité de France (EDF) à lui verser la somme de 780 820,33 euros, assortie des intérêts à compter du 9 juillet 2018 et de la capitalisation des intérêts, en réparation des préjudices subis à la suite d'un incendie imputable à la chute de lignes électriques ;

2°) de mettre à la charge de la société EDF une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- la chute d'un poteau appartenant à la société EDF, qui a provoqué la rupture en aval de deux câbles électriques, est la cause de l'incendie qui a gravement endommagé sa propriété, ce qui engage la responsabilité sans faute de la société EDF dès lors qu'elle a la qualité de tiers et qu'elle n'a commis aucune faute ;

- outre les préjudices retenus par l'expert à hauteur d'un montant de 1 017 798,05 euros, elle est en droit de réclamer la somme de 95 000 euros au titre des frais annexes et un montant de 90 000 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence, soit une somme de 1 202 798,05 euros, à laquelle il conviendra de retrancher la somme de 421 977,72 euros versée par la société Groupama en exécution de son contrat d'assurance.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 mai 2022 et 9 décembre 2022, la société EDF, représentée par Me Perreimond, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que Mme B soit indemnisée à hauteur de 21 919 euros ;

3°) en tout état de cause, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société EDF soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été présentée trois ans après la demande préalable ;

- les préjudices de la requérante ne sont pas établis, sauf pour la somme de 750 euros relative à la perte de cinq brebis et celle de 21 167 euros au titre du matériel agricole.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;

- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Chavda pour la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter, Audrey d'Halluin et associés, avocate de Mme B, ainsi que celles de Me Perreimond, avocate de la société EDF.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B exploite une activité agricole d'extraction d'huiles essentielles sur le territoire de la commune de Ghisonaccia. Elle a souscrit avec la société Groupama Méditerranée un contrat d'assurance au titre de son exploitation et des bâtiments y afférents. Le 17 septembre 2013, un incendie a causé d'importants dégâts à l'exploitation. Sur ordonnance du juge des référés du tribunal rendue le 2 juin 2015, à la demande de la société Groupama Méditerranée, et modifiée par une ordonnance du 5 août 2015 étendant les opérations d'expertise à Mme B, un rapport d'expertise judiciaire a été rendu le 13 février 2017. Estimant que la société EDF est responsable de l'incendie, la société Groupama Méditerranée a demandé au tribunal administratif de Bastia, à hauteur de sa subrogation dans les droits de Mme B, de condamner la société EDF à réparer les conséquences dommageables du sinistre. Par un jugement n° 1900655 en date du 1er juillet 2021, le tribunal a condamné la société EDF à verser à la société Groupama Méditerranée, subrogée dans les droits de Mme B, la somme de 624 512,96 euros au titre des préjudices de cette dernière qu'elle a elle-même indemnisés. La cour administrative d'appel de Marseille a réduit cette somme à 409 596,86 euros par un arrêt du 28 mars 2023. Après avoir adressé une demande indemnitaire à la société EDF qui n'y a pas répondu, Mme B demande au tribunal de condamner la société EDF à lui verser la somme de 780 820,33 euros.

Sur la tardiveté opposée par la société EDF :

2. Si l'article R. 421-1 n'exclut pas qu'il s'applique à des décisions prises par des personnes privées, dès lors que ces décisions revêtent un caractère administratif, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucune règle générale de procédure ne détermine les effets du silence gardé sur une demande par une personne morale de droit privé qui n'est pas chargée d'une mission de service public administratif.

3. La société EDF se prévaut du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an. Toutefois, cette règle ne trouve pas à s'appliquer à la société EDF, personne morale de droit privée qui n'est pas chargée d'une mission de service public administratif. En outre, cette règle ne s'applique en tout état de cause pas aux réclamations tendant à la condamnation d'une personne, fût-elle publique, à réparer les préjudices qui lui sont imputés. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la requête est tardive car elle a été enregistrée plus de trois ans après le rejet tacite, intervenu le 9 septembre 2018, de la réclamation que Mme B lui a adressée le 9 juillet 2018.

Sur la responsabilité :

4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire du 13 février 2017, de l'arrêt n° 18MA05106 rendu par la cour administrative d'appel de Marseille le 15 juillet 2020, contre lequel le pourvoi en cassation de la société EDF n'a pas été admis, ainsi que de l'arrêt de cette même Cour du 28 mars 2023 cité au point 1, et il n'est du reste pas contesté par la société EDF, qu'il existe un lien direct et certain entre la chute d'un poteau, déjà endommagé, supportant des lignes électriques, la rupture de deux câbles, au droit d'un autre poteau, leur chute et l'incendie qui s'est propagé dans les propriétés avoisinantes et qui a endommagé la propriété de Mme B. Celle-ci, qui a la qualité de tiers à l'égard des ouvrages publics que constituent ces lignes électriques et qui sont la propriété de la société EDF, est donc fondée à demander l'engagement de la responsabilité même sans faute de cette dernière pour obtenir la réparation de l'intégralité de ses préjudices liés au dysfonctionnement accidentel de ces ouvrages.

Sur les préjudices :

5. En premier lieu, si la société EDF remet en cause de manière générale les compétences techniques de l'expert judiciaire pour évaluer les pertes agricoles subies par Mme B, et du caractère non personnel de ses conclusions, il résulte de l'instruction, d'une part, que ces données agricoles ont été communiquées à la société EDF au cours de la procédure d'expertise et qu'elle a pu faire valoir ses observations tant durant l'expertise que devant le tribunal, et, d'autre part, que l'expert s'est livré à une appréciation personnelle, rejetant notamment les prétentions de la requérante au titre des frais annexes et de la privation de jouissance faute d'éléments objectifs.

6. En deuxième lieu, en se bornant à relever l'absence de production par Mme B d'un titre de propriété, du procès-verbal de réception des travaux ou du permis de construire du hangar incendié, la société EDF ne démontre pas l'irrégularité de la situation dans laquelle se serait trouvée l'intéressée au jour du sinistre. Par ailleurs, l'absence d'autorisation d'urbanisme pour édifier le hangar agricole sinistré et y installer les capteurs solaires, à la supposer avérée, est sans incidence sur les droits à indemnité de leur propriétaire dès lors qu'il n'est ni établi, ni allégué que la réglementation d'urbanisme alors applicable interdisait toute construction et installation de cette nature dans le secteur.

7. En troisième et dernier lieu, en se bornant à dénoncer de manière générique, à l'identique des termes de l'étude technique du 18 octobre 2018 produite par ses soins, l'absence de justificatifs, la société EDF ne remet valablement en cause ni la réalité ni l'étendue des préjudices subis par Mme B.

En ce qui concerne les préjudices liés au bâtiment d'exploitation et la reconstruction des installations photovoltaïques :

8. D'une part, l'incendie qui a atteint la propriété de Mme B a détruit le local de production qui comportait sur sa façade sud une zone aménagée. Pour estimer le préjudice de Mme B, l'expert judiciaire s'est fondé sur des devis et des estimations du budget nécessaire à la reconstruction, qu'il a évalué à la somme totale de 437 845,65 euros comprenant la maçonnerie, les bois et charpente, la menuiserie, l'électricité, la plomberie, le chauffage, la vitrerie, les embellissements et la ferronnerie. Il y a lieu de retenir ce chiffrage qui n'est pas utilement contredit par l'étude du cabinet Equad, mandaté par la société EDF pour évaluer le préjudice de Mme B. D'autre part, l'expert a évalué à la somme de 81 648 euros le coût de la remise en état de l'installation photovoltaïque, composée de 84 panneaux et de trois onduleurs, en se basant sur le prix de la construction en 2009 et en appliquant une baisse d'environ 10 % des coûts d'installation. En se bornant à soutenir que l'assureur de Mme B aurait évalué ce poste à hauteur de 75 939,98 euros et que le taux de vétusté de 20 % devrait être retenu, la société EDF ne critique pas sérieusement l'estimation de l'expert.

9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de fixer le montant des préjudices susvisés à 519 493,65 euros. Toutefois, Mme B reconnaît avoir déjà reçu de son assureur la somme de 341 582,59 en réparation de ces préjudices. Il y a donc lieu d'évaluer son préjudice à la somme de 177 911,06 euros.

En ce qui concerne les préjudices liés aux travaux de déblais et de démolition :

10. Ce poste de préjudice a été chiffré par l'expert judiciaire à la somme de 23 750 euros, au vu des justificatifs produits devant lui. Il y a lieu de retenir ce chiffre. Il résulte de l'instruction que l'assureur de Mme B lui a adressé le 28 mars 2014 un chèque d'un montant de 23 000 euros en réparation des frais de démolition et déblais. Par suite, il y a lieu de fixer le montant du préjudice à la somme de 750 euros.

En ce qui concerne les préjudices liés au contenu du bâtiment d'exploitation :

11. Il résulte de l'instruction que ce poste de préjudice a été estimé par l'expert judiciaire à la somme de 114 316,70 euros, à partir d'une liste présentée par Mme B, cohérente avec les éléments de son activité et les factures présentées. La société EDF ne critique pas sérieusement ce montant en se bornant à se prévaloir du fait que l'expert de l'assureur de Mme B n'a retenu qu'une somme de 30 000 euros et à soutenir que cette dernière n'a pas produit l'intégralité des factures. Compte tenu de ce que Mme B reconnaît que cette somme lui a été versée pas son assureur, il y a lieu de retenir la somme de 84 316,70 euros en réparation de ce poste de préjudice.

En ce qui concerne les préjudices liés au matériel agricole :

12. Il résulte de l'instruction que ce poste de préjudices a été estimé par l'expert judiciaire à la somme de 104 348,29 euros, se divisant en 93 865,01 euros au titre du matériel agricole détruit, 7 163,28 euros au titre du matériel agricole endommagé et 3 320 euros au titre du matériel agricole confié. Les photographies produites à l'appui du rapport témoignent de l'importance de ce matériel. En se bornant à soutenir que Mme B ne produit aucune facture et que l'actif du bilan de l'exploitation fait état d'une valeur nette des matériels et outillages à hauteur de 21 167 euros, la société EDF ne justifie pas que la somme retenue par l'expert est exagérée et que l'indemnisation devrait être limitée à cette dernière somme. Dès lors, il y a lieu de fixer le montant de ce chef de préjudice à la somme de 104 348,29 euros.

En ce qui concerne les dommages animaux :

13. Il y a lieu de retenir la somme de 750 euros reconnue par l'expert et acceptée par la société EDF.

En ce qui concerne les pertes indirectes agricoles :

14. Ce poste de préjudice se divise en locations, prestations, remplacements et pertes de récoltes et de productions, que l'expert a chiffrés a, respectivement, 25 638,67 euros, 3 810 euros, 13 200 euros et 196 330 euros. Ce dernier montant se divise entre la production d'immortelles (38 010 euros au titre des plantations et 105 000 euros de récolte), de noisetiers (3 600 euros au titre des plantations et 16 800 euros de récolte), de verveine (9 420 euros au titre des plantations et 10 000 euros de récolte) et de romarin (4 500 euros au titre des plantations et 9 000 euros de récolte). L'estimation de l'expert est donc de 238 978,67 euros. En se bornant à soutenir que ce chiffrage ne tient compte ni de la comptabilité de Mme B ni du fait que l'incendie n'a pas ravagé la totalité de la plantation, la société EDF ne critique pas sérieusement ce montant.

En ce qui concerne les préjudices liés à la production photovoltaïque :

15. Ce poste de préjudices a été calculé par l'expert judiciaire à la somme de 16 160,74 euros, correspondant à deux ans de production d'électricité photovoltaïque. En se bornant à soutenir que Mme B n'a pas produit les factures ni le contrat de vente, la société EDF ne met pas en cause cette estimation dès lors que les panneaux photovoltaïques ressortent des photographies du rapport d'expertise.

En ce qui concerne les frais annexes :

16. Il résulte de l'instruction que les frais annexes dont Mme B demande le remboursement pour un montant de 95 000 euros n'ont pas été justifiés dans le cadre de l'expertise judiciaire. Toutefois, il résulte d'une note d'honoraire en date du 16 juillet 2015 d'une architecte pour l'élaboration d'un dossier de permis de construire un bâtiment agricole, que Mme B est en droit de réclamer la somme de 9 450 euros au titre des frais annexes. En revanche, le coût de l'étude géologique et conception d'un assainissement autonome sur le site d'un projet de construction d'un hangar agricole ne saurait être retenu dès lors qu'il résulte de la facture y afférente que l'intervention porte sur une maison individuelle. Il en va de même des frais d'huissiers dès lors que la seule mention " Constat Ghisonaccia 5 mars 2014 " sur la note de frais produite ne saurait suffire à justifier que ce constat présente en lien direct avec le présent litige.

17. Il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme B ne justifie de frais annexes qu'à hauteur d'un montant de 9 450 euros. Compte tenu du fait qu'elle reconnaît avoir été déjà indemnisée par son assureur à hauteur d'un montant de 9 152,50 euros, l'évaluation de ce poste de préjudice doit être fixé à la somme de 297,50 euros.

En ce qui concerne les troubles dans les conditions d'existence :

18. A l'appui de sa demande d'une montant de 90 000 euros au titre du préjudice moral et de la privation de jouissance, Mme B se borne à se prévaloir d'un préjudice dans ses conditions d'existence en raison des nombreuses démarches à mettre en œuvre pour la remise en état du site, du temps consacré et du stress qu'elle a subi du fait de sa situation, notamment financière. Si ces éléments ne permettent pas de justifier de l'existence d'un préjudice moral ou de privation de jouissance, ils permettent de justifier de troubles dans les conditions d'existence, dont il y a lieu de limiter l'indemnisation à la somme de 1 000 euros compte tenu du fait qu'il ne résulte pas de l'instruction, contrairement à ce que Mme B soutient, que la survie financière de son exploitation aurait été menacée.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander que la société EDF soit condamnée à lui verser la somme de 624 512,96 euros.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

20. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt () si une décision de justice le précise ".

21. D'une part, Mme B a droit aux intérêts de la somme de 624 512,96 euros à compter du 9 juillet 2018, date à laquelle la société EDF reconnaît avoir reçu sa réclamation datée du même jour.

22. D'autre part, la capitalisation des intérêts a été demandée le 9 septembre 2021. A cette date, il était dû au moins une année d'intérêts. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à cette demande.

Sur les frais liés au litige :

23. D'une part, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société EDF, qui est, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme de 1 500 euros à Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

24. D'autre part, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme que la société EDF demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La société EDF est condamnée à verser à Mme B la somme de 624 512,96 euros. Cette somme sera assortie des intérêts à compter du 9 juillet 2018. Les intérêts échus à la date du 9 septembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : La société EDF versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la société EDF.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pierre Monnier, président ;

M. Jan Martin, premier conseiller ;

Mme Nathalie Sadat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

P. MONNIER

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

signé

J. MARTIN La greffière,

Signé

H. MANNONI

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. MANNONI

No 2101051

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