vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101318 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DIONISI-NAUDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 13 novembre 2021 et le 10 octobre 2022, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Geodo, représentée par Me Dionisi-Naudin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) le remboursement d'un crédit d'impôt pour investissement en Corse pour un montant total de 28 633 euros au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020 ;
2°) la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que les travaux, qui portent sur des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle, sont éligibles au crédit prévu à l'article 244 quater E du code général des impôts.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 mai 2022 et le 11 juin 2024, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer à hauteur d'un montant de 23 840 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête. Le directeur fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que la facture " Chiororbi frères " d'un montant de 23 840 euros restant en litige ne saurait être regardée comme correspondant à un aménagement de locaux commerciaux dès lors que ni les travaux sur des fondations ni les travaux de réfection ne correspondent à l'aménagement d'un local commercial.
Un mémoire de l'EURL Geodo a été enregistré le 12 septembre 2024, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, fixée au 17 juillet 2024 par une ordonnance en date du 17 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Geodo, qui exerce l'activité de commerce de détail de viandes et de produits à base de viandes en magasin spécialisé, a réalisé, au cours de l'année 2020, des investissements pour un montant total de 270 842 euros. Estimant que ces investissements étaient éligibles au crédit d'impôt pour investissement en Corse à hauteur de 30 %, soit la somme de 81 253 euros, elle a réclamé auprès de l'administration fiscale, après avoir imputé une somme de 14 118 euros sur son impôt sur les sociétés dû au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020, le remboursement d'un crédit d'impôt à hauteur du reliquat, d'un montant de 67 135 euros. Par une décision en date du 14 septembre 2021, l'administration fiscale n'a accepté sa demande qu'à hauteur d'un montant de crédit de 38 502 euros. L'EURL Geodo doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder un crédit d'impôt pour investissement en Corse pour un montant total de 28 633 euros au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que, par un avis du 11 juin 2024, l'administration fiscale a dégrevé l'EURL Geodo d'un montant de 21 481 euros, correspondant à l'admission au bénéfice du crédit d'impôt pour investissement en Corse des factures " Nord-Elec " et " ABP Sud Menuiserie ". Les conclusions de la requête sont donc, dans cette mesure, sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer. Ne reste donc plus en litige que la facture émise par la société " Chiroboli frères ".
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. Aux termes de l'article 244 quater E du code général des impôts dans sa rédaction applicable à l'espèce : " I. 1° Les petites et moyennes entreprises relevant d'un régime réel d'imposition peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des investissements, autres que de remplacement, financés sans aide publique pour 25 % au moins de leur montant, réalisés jusqu'au 31 décembre 2020 et exploités en Corse pour les besoins d'une activité () commerciale (). 3° Le crédit d'impôt prévu au 1° est égal à 20 % du prix de revient hors taxes : a. Des biens d'équipement amortissables selon le mode dégressif en vertu des 1 et 2 de l'article 39 A et des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle créés ou acquis à l'état neuf () 3° bis Le taux mentionné au premier alinéa du 3° est porté à 30 % pour les entreprises qui ont employé moins de onze salariés et ont réalisé soit un chiffre d'affaires n'excédant pas 2 millions d'euros au cours de l'exercice ou de la période d'imposition, ramené le cas échéant à douze mois en cours lors de la réalisation des investissements éligibles, soit un total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros () ".
4. Il résulte des termes du a. du 3° de l'article 244 quater E précité du code général des impôts que seuls les aménagements relatifs à des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle sont susceptibles d'ouvrir droit au bénéfice du crédit d'impôt. Les agencements et installations ouvrant droit au crédit d'impôt s'entendent des travaux, dispositifs ou éléments destinés à mettre les locaux commerciaux en état d'utilisation et faisant corps avec eux.
5. Il résulte de l'instruction que la facture de la société " Chiroboli frères " produite par la société requérante porte essentiellement sur des travaux de gros œuvre tels que démolitions, fondations, creusement d'une tranchée ou pose de murs en bétons. Si certains des travaux figurant sur la facture émise le 6 janvier 2020, à l'instar de la pose d'un plancher ou de carrelages, sont des travaux d'agencement, il ne résulte pas de l'instruction que ces travaux seraient afférents à des locaux commerciaux ouverts à la clientèle, la désignation " zone froide et zone commerciale " ne permettant notamment pas de faire la part des travaux relatifs au local commercial. Par suite, l'EURL Geodo, n'est pas fondée à soutenir que cette facture est éligible au crédit d'impôt pour investissement en Corse.
6. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de l'EURL Geodo à fin de remboursement doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros que demande l'EURL Geodo au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur de la somme de 21 481 euros.
Article 2 : L'Etat versera à l'EURL Geodo la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de l'EURL Geodo est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL Geodo et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 27 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MONNIER
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
J. MARTINLa greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026