jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2101419 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CALEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 décembre 2021, le 21 juillet 2022, le 21 février 2023 et le 19 juillet 2023, la société par actions simplifiée (SAS) D.S. Finances, représentée par Me Calen, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution d'un crédit d'impôt pour investissement en Corse pour un montant total de 16 327 euros au titre son exercice clos le 31 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- c'est à tort que l'administration a estimé que l'activité exercée par la SNC Villa Monteleone relevait d'une activité de loueur en meublé de tourisme et non d'une activité d'hébergement de nature para-hôtelière, laquelle continue de bénéficier du crédit d'impôt en Corse, ainsi qu'il résulte de la doctrine administrative (BOI-BIC-RICI-10-60-15-10, §275 et suivants, BOI-BIC-CHAMP-40-10, §20 et BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, §40) ;
- les investissements sont susceptibles de bénéficier des dispositions transitoires prévues par l'article 57 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 mai 2022, le 2 août 2022, le 20 mars 2023 et le 21 août 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête. Le directeur fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code du tourisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS D.S. Finances, société holding qui détient 99 % du capital de la SNC Villa Monteleone, est personnellement imposable pour la part des bénéfices sociaux de cette dernière société, dès lors que celle-ci n'a pas opté pour le régime d'imposition des capitaux. La SNC Villa Monteleone a réalisé en 2020 des investissements pour un montant total de 54 974 euros qu'elle a déclaré à hauteur de 30 %, soit 16 492 euros, en tant que crédit d'impôt pour investissement en Corse au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020. La SAS D.S. Finances, après avoir constaté un déficit d'un montant de 23 937 euros au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020, a demandé la restitution du crédit d'impôt sur les investissements réalisés par la SNC Villa Monteleone, à hauteur de sa quote-part de 99 %, soit un montant de 16 327 euros. Par décision du 14 octobre 2021, l'administration fiscale a rejeté cette demande. La SAS D.S. Finances demande au tribunal la restitution de ce crédit d'impôt de 16 327 euros pour investissement en Corse au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020.
2. En vertu de l'article 22 de la loi de finances n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, les investissements réalisés à compter du 1er janvier 2019 pour les activités de gestion et de location de meublés de tourisme ont été exclus du champ d'application du crédit d'impôt pour investissement en Corse prévu à l'article 244 quater E du code général des impôts. L'article 57 de la loi de finances n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 a modifié cet article 22 en rendant notamment éligibles au crédit d'impôt les investissements, dans la gestion et la location de meublés de tourisme situés en Corse, pour lesquels le contribuable justifie avoir pris un engagement de réalisation avant le 31 décembre 2018, dès lors que ces investissements sont achevés au 31 décembre 2020.
Sur l'application de la loi fiscale :
3. En premier lieu, il résulte clairement des dispositions précitées de l'article 244 quater E du code général des impôts que, dans leur rédaction en vigueur depuis le 1er janvier 2019, le législateur a entendu exclure du bénéfice du crédit pour investissement en Corse les meublés de tourisme. En vertu des dispositions de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, les meublés de tourisme sont des villas, appartements ou studios meublés, à l'usage exclusif du locataire, offerts à la location à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois.
4. Il résulte de l'instruction, il n'est d'ailleurs pas sérieusement contesté, que la SNC Villa Monteleone, qui a du reste déclaré exercer l'activité de location de meublés de tourisme lors de sa déclaration le 26 décembre 2017, exerce une activité de location de meublés au sens de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme. Dès lors, les investissements dont elle demande le remboursement doivent être regardés comme afférents à des meublés en tourisme sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'elle offrirait à ses clients des prestations para-hôtelières.
5. En second lieu, la SAS D.S. Finances soutient que les investissements qu'elle a réalisés en 2020 sont susceptibles de bénéficier des dispositions transitoires prévues par l'article 57 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait pris avant le 31 décembre 2018 l'engagement de réaliser ces investissements. La seule circonstance que la réception des travaux afférents au permis de construire une villa accordé le 6 avril 2016, ont fait l'objet d'un procès-verbal de réception avec effet à la date du 27 juillet 2018, ne saurait valoir engagement de réaliser les investissements en cause, lesquels portent sur des travaux de menuiserie tels que l'aménagement de placards, des éléments afférents à la piscine, la pose d'une alarme ou encore l'achat de petits mobiliers tels que des stores, rideaux ou parasols. Par suite, à supposer même que les dispositions susrappelées de l'article 22 s'appliquent aux immeubles déjà construits et non aux seuls immeubles en cours de construction, le moyen tiré de l'application des dispositions de l'article 22 de la loi de finances du 28 décembre 2018 telles que modifiées par L'article 57 de la loi de finances du 28 décembre 2019 doit être écarté.
Sur l'application de la doctrine :
6. Aux termes de l'article L. 80 A du code général des impôts : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / " Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ".
7. La garantie prévue par le premier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ne peut être invoquée que pour contester les rehaussements d'impositions auxquels procède l'administration fiscale. Ainsi, les requérants ne peuvent se prévaloir de la documentation administrative pour contester le refus de l'administration de faire droit à sa demande tendant au bénéfice du crédit d'impôt institué par les dispositions de l'article 244 quater E du code général des impôts.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de restitution de la SAS D.S. Finances doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de La SAS D.S. Finances est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à La SAS D.S. Finances et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 11 avril 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MONNIER
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
J. MARTINLa greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026