vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200135 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MICHEL TEBOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 8 février 2022 et le 17 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Barratier, demande au tribunal :
1°) avant dire droit, d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer l'intégralité des préjudices résultant de sa chute survenue le 28 novembre 2020 sur la voie publique, dans la commune de Saint-Florent ;
2°) de condamner solidairement la commune de Saint-Florent et la société Stell'Artifice à lui verser la somme de 49 120 euros à titre de provision à valoir sur le montant définitif des préjudices ;
3°) de condamner solidairement la commune de Saint-Florent et la société Stell'Artifice à l'indemniser de l'intégralité des préjudices résultant de l'accident survenu le 28 novembre 2020 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Florent la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens de l'instance.
Il soutient que :
- il a lourdement chuté sur la place municipale de Saint-Florent en raison de câbles maintenant une décoration de Noël ; sa chute et ses conséquences sont dues à un défaut de protection et de signalisation de la structure ;
- la responsabilité sans faute de la commune de Saint-Florent est engagée dès lors qu'il avait la qualité de tiers vis-à-vis de l'ouvrage public, au moment de l'accident ;
- la commune de Saint-Florent ne justifie pas de l'entretien normal de l'ouvrage public ;
- il n'a pas commis de faute d'inattention ;
- il est en droit d'obtenir l'indemnisation de ses préjudices temporaires à hauteur de 49 120 euros sur la base du rapport d'expertise daté du 17 mai 2021 ;
- il est nécessaire de réaliser une nouvelle expertise médicale aux fins de déterminer l'étendue de ses préjudices consolidés résultant du dommage occasionné par sa chute ;
Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 15 février 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Florent à lui verser la somme de 28 134,68 euros en remboursement des prestations qu'elle a versées en lien avec le dommage subi par M. B, sous réserve d'autres paiements non encore connus et majorée des intérêts de droit à compter de la notification du jugement à intervenir ;
2°) de condamner la commune de Saint-Florent à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article 95-51 du décret du 24 janvier 1996.
Elle fait valoir que :
- elle a engagé la somme de 513,77 euros au titre des frais médicaux et pharmaceutiques ;
- elle a pris en charge les dépenses de santé correspondant aux frais d'hospitalisation de M. B du 28 novembre au 16 décembre 2020 pour un montant de 19 780,11 euros, du 4 au 7 janvier 2021 pour un montant de 2 613,60 euros, du 11 janvier 2021 pour un montant de 653,40 euros, du 13 au 14 janvier 2021 pour un montant de 1 306,80 euros et du 18 au 22 janvier 2021 pour un montant de 3 267 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 octobre 2022 et le 1er février 2024, la commune de Saint-Florent, représentée par Me Teboul, conclut :
1°) à titre principal, au rejet des demandes, fins et conclusions dirigées contre elle par M. B et la caisse primaire d'assurance maladie de Corse ;
2°) à titre subsidiaire, à la condamnation de la société Stell'Artifice à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de tout succombant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens de l'instance.
La commune fait valoir que :
- sa responsabilité sans faute n'est pas susceptible d'être engagée, le requérant ayant la qualité d'usager de la voie publique dont le câble constitue un accessoire ;
- l'installation d'une décoration de noël ne constitue pas un usage anormal de la voie publique ;
- la présence de câbles maintenant la décoration de noël n'excède pas les obstacles qu'un usager de la voie publique doit normalement s'attendre à rencontrer, l'ouvrage public n'était pas affecté d'un défaut d'entretien normal ;
- la victime a commis une faute d'inattention dès lors que l'obstacle était parfaitement visible et que le requérant, qui empruntait la voie publique avec précipitation, avait la possibilité de le contourner ;
- l'indemnité réclamée par la victime ne saurait excéder la somme de 7 824 euros.
- La société Stell'Artifice doit être mise en cause dès lors qu'elle était en charge de la fourniture, la pose et la dépose des décorations de noël.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2024, la société Stell'Artifice, représentée par Me Finalteri, conclut :
1°) à titre principal, au rejet des demandes, fins et conclusions dirigées contre elle par M. B et la commune de Saint-Florent ;
2°) a titre subsidiaire, à ce que son assureur, la société Allianz IARD, la garantisse de toutes condamnations qui seraient prononcées à son encontre ;
3°) en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de M. B ou de la commune de Saint-Florent la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens de l'instance.
Elle fait valoir que :
- seule la responsabilité pour défaut d'entretien normal de la commune de Saint-Florent est susceptible d'être engagée ;
- la présence de câbles maintenant la décoration de noël n'excède pas les obstacles qu'un usager de la voie publique doit normalement s'attendre à rencontrer, l'ouvrage public n'était pas affecté d'un défaut d'entretien normal ;
- la victime a commis une faute d'inattention dès lors que l'obstacle était parfaitement visible et que le requérant, qui empruntait la voie publique avec précipitation, avait la possibilité de le contourner ;
- sa responsabilité ne saurait être retenue dès lors qu'elle s'est strictement conformée aux prescriptions de la collectivité ;
- la créance indemnitaire dont se prévaut M. B au soutien de sa demande de provision ne saurait être regardée comme non sérieusement contestable.
- l'indemnité réclamée par le requérant ne saurait excéder la somme de 955 euros.
Par un mémoire en intervention volontaire enregistré le 11 janvier 2024, la société Allianz IARD, représentée par Me Finalteri, conclut :
1°) à titre principal, au rejet des demandes, fins et conclusions dirigées contre la société Stell'Artifice par M. B et la commune de Saint-Florent ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'elle garantisse la société Stell'Artifice de toutes condamnations qui seraient prononcées à son encontre ;
3°) en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de M. B ou de la commune de Saint-Florent la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens de l'instance.
Elle fait valoir que :
- son intervention est recevable ;
- seule la responsabilité de la commune de Saint-Florent est susceptible d'être engagée ;
- la présence de câbles maintenant la décoration de noël n'excède pas les obstacles qu'un usager de la voie publique doit normalement s'attendre à rencontrer, l'ouvrage public n'était pas affecté d'un défaut d'entretien normal ;
- la victime a commis une faute d'inattention dès lors que l'obstacle était parfaitement visible et que le requérant, qui empruntait la voie publique avec précipitation, avait la possibilité de le contourner ;
- la responsabilité de la société Stell'Artifice ne saurait être retenue dès lors qu'elle s'est strictement conformée aux prescriptions de la collectivité ;
- la créance indemnitaire dont se prévaut M. B au soutien de sa demande de provision ne saurait être regardée comme non sérieusement contestable ;
- l'indemnité réclamée par le requérant ne saurait excéder la somme de 955 euros.
Vu :
- l'ordonnance n° 2100104, en date du 4 juin 2021 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 750 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud, conseillère ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique ;
- les observations de Me Barratier, représentant M. B ;
- les observations de Me Sophie Perreimond, substituant Me Teboul, avocat de la commune de Saint-Florent ;
- et les observations de Me Albertini, substituant Me Finalteri, avocat des sociétés Stell'Artifice et Allianz IARD.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 novembre 2020, M. B, âgé de 17 ans, a chuté sur la place municipale de la commune de Saint-Florent. Cet accident lui a causé une fracture fermée diaphysaire du fémur gauche. Le 26 octobre 2021, l'intéressé a adressé une réclamation préalable à la commune de Saint-Florent qui n'y a pas répondu. M. B demande au tribunal de condamner solidairement la commune de Saint-Florent et la société Stell'Artifice à l'indemniser de l'intégralité des préjudices résultant de l'accident survenu le 28 novembre 2020 ou d'ordonner avant dire droit une expertise médicale et de condamner solidairement la commune de Saint-Florent et la société Stell'Artifice à lui verser la somme de 49 120 euros à titre de provision.
Sur l'intervention de la société Allianz IARD :
2. Le jugement à rendre sur la requête de M. B est susceptible de préjudicier aux droits de la société Allianz IARD. Dès lors, l'intervention de la société Allianz IARD est recevable.
Sur la responsabilité :
3. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'absence de défaut d'entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la chute de M. B, survenue le 28 novembre 2020, sur la place municipale de la commune de Saint-Florent, a été causée par un câble fixé sur la voie publique qui maintenait une décoration de noël. Ainsi qu'il résulte des documents médicaux produits par la victime, cet accident lui a causé une fracture fermée diaphysaire du fémur gauche. Il suit de là que M. B doit être regardé comme rapportant la preuve du lien de causalité entre ledit câble, qui est un accessoire de la voie publique et le dommage subi.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. B a heurté un câble, peu visible, fixé à la voie publique par un anneau de petite taille, qui maintenait une décoration de noël disposée sur la place communale de Saint-Florent alors que la luminosité était réduite. Dès lors, un tel obstacle, qui n'a fait l'objet d'aucune protection, signalisation adéquate ou éclairage suffisant permettant de le rendre parfaitement visible, constitue un défaut d'entretien normal de la voie publique dont la commune de Saint-Florent a la responsabilité.
6. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de la commune de Saint-Florent doit être engagée.
Sur la faute de la victime :
7. Il résulte de l'instruction, que le requérant, qui traversait la place en courant pour se protéger de la pluie, alors que la visibilité était réduite et que l'obstacle pouvait être aisément contourné, a manqué de prudence. Dans ces conditions et dès lors que son attention aurait dû être alertée à la vue des décorations de noël disposées sur la place, le requérant a commis une imprudence, dans la proportion de 20 % des conséquences dommageables de l'accident.
Sur les préjudices :
8. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation ". Il incombe, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
9. L'état de l'instruction ne permet pas au tribunal de déterminer la date de consolidation de l'état de santé de M. B ni d'évaluer l'intégralité des préjudices qu'il a subis. Par suite, il y a lieu, avant de statuer sur les droits à réparation de la victime, d'ordonner une expertise sur ces points dans les conditions précisées dans le dispositif du présent jugement.
Sur la demande de provision :
10. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.
11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise médicale daté du 17 mai 2021, que le requérant justifie de préjudices temporaires imputables à l'accident survenu le 28 novembre 2020. En l'état du dossier, il y a lieu de condamner la commune de Saint-Florent à verser à M. B une somme provisionnelle de 10 000 euros.
Sur l'appel en garantie formé par la commune de Saint-Florent à l'encontre de la société Stell'Artifice :
12. La commune de Saint-Florent fait valoir que la société Stell'Artifice en charge de la fourniture, la pose et la dépose des décors de rue a commis une faute contractuelle dès lors qu'elle était tenue d'assurer la sécurité des installations. Toutefois, en se bornant à produire un devis, daté du 22 octobre 2019, relatif à la location des décors pour une durée de trois ans, la commune n'établit pas l'étendue des obligations alléguées. Dans ces conditions, l'appel en garantie formé par la commune de Saint-Florent à l'encontre de la société Stell'Artifice doit être rejeté.
Sur les frais d'expertise :
13. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () " ;
14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de répartir la charge des frais de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 750 euros par ordonnance du président du tribunal en date du 4 juin 2021, à hauteur de 80 % pour la commune de Saint-Florent et à hauteur de 20 % pour M. B.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Florent la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la société Allianz IARD est admise.
Article 2 : La commune de Saint-Florent est condamnée à payer à M. B une provision de 10 000 euros tous intérêts confondus.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Florent à fin d'appel en garantie dirigées à l'encontre de la société Stell'Artifice sont rejetées.
Article 4 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 750 euros toutes taxes comprises, sont définitivement mis à la charge, d'une part, de la commune de Saint Florent à hauteur de 80 % et, d'autre part, de M. B, à hauteur de 20 %.
Article 5 : : Il sera, avant de statuer sur la demande indemnitaire de M. B, procédé par un expert, désigné par la présidente du tribunal, à une expertise avec pour missions de :
1°) se faire communiquer tous les documents médicaux utiles à sa mission ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. B ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) de décrire l'état de santé antérieur et actuel de M. B et ses antécédents médicaux, ainsi que les séquelles physiques et psychologiques, dont il serait atteint ;
3°) préciser l'origine des affections dont se plaint M. B et dire si elles sont en relation directe et certaine avec l'accident dont il a été victime le 28 novembre 2020 et, le cas échéant, dans quelle proportion (exprimée en pourcentage) ;
4°) indiquer à quelle date l'état de santé de M. B peut être considéré comme consolidé ; décrire précisément la nature et l'étendue des préjudices subis par M. B en relation directe avec l'accident, selon la nomenclature usuelle en distinguant les postes de préjudice temporaire, patrimonial et extrapatrimonial, avant consolidation et les postes de préjudice permanent, patrimonial et extrapatrimonial, après consolidation ou pouvant être considérés comme définitivement acquis ;
5°) dans le cas où l'état de santé de M. B ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
6°) fournir au tribunal, de manière générale, tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur un recours en responsabilité.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 6 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 7 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statués en fin d'instance.
Article 8 : La commune de Saint-Florent versera à M. B la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse, à la commune de Saint-Florent, à la société Stell'Artifice et à la société Allianz IARD.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
H. Nicaise
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Nicaise
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026