jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200198 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GANAYE VALLETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2022, la SARL Garage Collector YS et la SARL Société financière de services, représentées par Me Ganaye Vallette, demandent au tribunal :
1°) de condamner la collectivité de Corse, à leur verser une somme de 180 000 euros en réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis du fait de l'affaissement du mur de soutènement bordant la façade nord et l'angle arrière gauche du local du bâtiment dont elles sont respectivement propriétaire et exploitante ;
2°) de mettre à la charge de la collectivité de Corse la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens de l'instance.
Les sociétés requérantes soutiennent que :
- l'affaissement du mur de soutènement, bordant l'angle arrière gauche du bâtiment, dont elles sont respectivement propriétaire et exploitante, est dû à la mauvaise gestion des eaux de pluie sur la route départementale 81 ; la collectivité de Corse, propriétaire de l'ouvrage public est responsable des dommages qu'elles estiment avoir subis ;
- elles sont fondées à obtenir la réparation de leur préjudice financier lié aux frais de réfection du mur de soutènement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2023, la collectivité de Corse, représentée par Me Meridjen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge respective de la SARL Garage Collector YS et de la SARL Société financière de services, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens de l'instance.
La collectivité de Corse fait valoir qu'elle n'est pas responsable du sinistre subi dès lors que l'affaissement du mur est dû aux intempéries hors norme, au défaut de construction du mur, à la mauvaise qualité des fondations du hangar, au défaut d'entretien des berges du ruisseau et à l'absence de travaux de consolidation des ouvrages, dont la responsabilité ne lui incombe pas.
Vu :
- l'ordonnance n° 2000665, en date du 3 mars 2021 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 4 561,54 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud, conseillère ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Goubet substituant Me Meridjen, avocat de la collectivité de Corse.
Considérant ce qui suit :
1. La société Garage Collector exploite, depuis le 20 juin 2018, un bâtiment à usage de hangar situé route de Calvi à Ajaccio, dont la société financière de services est propriétaire depuis le 24 septembre 2018. A la suite d'intempéries survenues en décembre 2019, le mur de soutènement bordant la façade nord et l'angle arrière gauche du local s'est affaissé. Par la présente requête, les SARL Garage Collector YS et Société financière de services demandent au tribunal de prononcer la condamnation de la collectivité de Corse à réparer les préjudices qu'elles estiment avoir subis.
Sur la responsabilité :
2. Le maître d'un ouvrage public est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel. En outre, la circonstance qu'un ouvrage n'appartienne pas à une personne publique ne fait pas obstacle à ce qu'il soit regardé comme une dépendance d'un ouvrage public s'il présente, avec ce dernier, un lien physique ou fonctionnel tel qu'il doive être regardé comme un accessoire indispensable de l'ouvrage.
3. En premier lieu, il est constant qu'à la suite de fortes précipitations ayant eu lieu au cours du mois de décembre 2019, la façade nord et l'angle arrière gauche du hangar exploité par la société Garage Collector YS se sont affaissés. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport établi le 29 janvier 2021 par l'expert désigné par le juge des référés du tribunal, que le caniveau gauche en amont du parc de stationnement du hangar, destiné à collecter les eaux de pluie issues de la route départementale 81 est défectueux en l'absence d'entretien, et que, par suite, lors d'importantes précipitations, l'eau de la route se déverse sur le point bas du parc de stationnement, aggravant la charge hydraulique dans le remblai, à l'arrière du mur de soutènement endommagé. Si les sociétés requérantes soutiennent que le sinistre en cause a pour principale origine le déversement des eaux de pluie issues de la route départementale, il résulte de la lecture du rapport d'expertise diligentée par le tribunal que le pourcentage de responsabilité dans la réalisation du dommage, attribuable à cette cause est inférieur à 5%. En outre, Il ressort du même rapport d'expertise, que le défaut de conception du mur-poids et la mauvaise implantation des fondations du hangar sont les causes déterminantes d'apparition du dommage dont il est demandé réparation. Enfin, si les requérantes se prévalent du rapport établi le 12 mars 2017 par l'expert désigné par le juge des référés du tribunal de grande instance d'Ajaccio, qui mentionne " qu'initialement le mur poids est très bien conçu et a tenu de nombreuses années ", cette affirmation, non circonstanciée, n'est, par ailleurs, étayée par aucun élément de ce rapport. Ainsi, il y a lieu de considérer que la mauvaise gestion de l'écoulement des eaux de pluie sur la route départementale, imputable à la collectivité de Corse, ne peut être regardée comme une cause déterminante de l'apparition du dommage. Par suite, faute d'apporter la preuve qui leur incombe du lien de causalité entre l'écoulement défectueux des eaux de pluie sur la route départementale 81 et les dommages dont elles demandent réparation, les SARL Garage Collector YS et Société financière de services ne sont pas fondées à rechercher la responsabilité de la collectivité de Corse.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par les SARL Garage Collector YS et Société financière de services ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. D'une part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ".
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal, liquidés et taxés à 4 561,54 euros par l'ordonnance du 3 mars 2021, à la charge définitive des SARL Garage Collector YS et Société financière de services.
7. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la collectivité de Corse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des SARL Garage Collector YS et Société financière de services la somme de 725 euros chacune au titre des frais exposés par la collectivité de Corse et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des SARL Garage Collector YS et Société financière de services est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 4 561,54 euros, sont mis à la charge définitive de la SARL Garage Collector YS et de la SARL Société financière de services.
Article 3 : Les SARL Garage Collector YS et Société financière de services verseront à la collectivité de Corse la somme de 725 euros, chacune, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Garage Collector YS, à la SARL Société financière de services et à la collectivité de Corse.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
H. Nicaise
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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