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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2200301

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2200301

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2200301
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantPELLEGRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 mars 2022 et le 13 septembre 2022, la SAS Demecorse Nouvelle, représentée par Me Pellegri, demande au tribunal :

1°) de lui accorder un crédit d'impôt pour investissements en Corse pour un montant de 44 385 euros au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que :

- l'activité de déménagement est éligible au crédit d'impôt ;

- c'est l'année de levée d'option ou l'année de mise en service de l'investissement qui permet de déterminer l'exercice au titre duquel le crédit d'impôt est demandé et non l'année de signature du contrat de crédit-bail ;

- l'investissement réalisé est éligible au crédit d'impôt dès lors qu'il s'agit d'un investissement initial qui lui a permis d'étendre ses capacités de production.

Par des mémoires en défense enregistrés le 26 juillet 2022 et le 21 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.

Le directeur soutient que :

- si l'activité de déménagement est bien éligible au crédit d'impôt, le crédit d'impôt ne peut être demandé au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2020 dès lors que l'investissement a fait l'objet d'un contrat de crédit-bail signé le 10 décembre 2019 ;

- l'investissement réalisé ne correspond pas à la définition de l'investissement initial au sens du paragraphe 49 de l'article 2 du règlement UE n° 651/2014 du 17 juin 2014 ;

- la société ne justifie pas que cet investissement lui a permis d'étendre ses capacités de production ;

- à titre subsidiaire, si le tribunal considère que les investissements acquis par la société requérante sont rattachables à l'exercice 2020 et répondent à la définition de l'investissement initial, le crédit d'impôt auquel peut prétendre la société devra être limité à 3 606 euros calculés sur la seule quote-part directement liée à l'augmentation de la production.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement UE n° 651/2014 du 17 juin 2014 de la Commission ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;

- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Demecorse Nouvelle, qui a pour activité le déménagement, a sollicité le bénéfice d'un crédit d'impôt pour investissement en Corse au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2020. L'administration a refusé de faire droit à cette demande considérant que l'entreprise exerce une activité de transport qui est expressément exclue par le 1° du I de l'article 244 quater E du code général des impôts. Par la présente requête, la SAS Demecorse demande au tribunal le remboursement du crédit d'impôt d'un montant de 44 385 euros correspondant à 30 % de 147 950 euros de matériels pris en crédit-bail.

2. Aux termes de l'article 244 quater E du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. 1° Les petites et moyennes entreprises relevant d'un régime réel d'imposition peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des investissements, autres que de remplacement, financés sans aide publique pour 25 % au moins de leur montant, réalisés jusqu'au 31 décembre 2023 et exploités en Corse pour les besoins d'une activité industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole () / 3° Le crédit d'impôt prévu au 1° est égal à 20 % du prix de revient hors taxes, à l'exclusion des meublés de tourisme : () b. Des biens, agencements et installations visés au a pris en location, au cours de la période visée au 1°, auprès d'une société de crédit-bail régie par le chapitre V du titre Ier du livre V du code monétaire et financier () ".

3. Il résulte de l'instruction que les investissements à l'origine de la demande de crédit d'impôt ont fait l'objet d'un crédit-bail conclu le 10 décembre 2019 et que, comme le fait valoir l'administration, la date qu'il convient de retenir est celle de la " prise en location du bien " qui est celle de la conclusion du contrat. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a estimé que la société requérante ne pouvait demander le bénéfice du crédit d'impôt au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2020, qui n'est pas l'exercice au cours duquel le contrat de crédit-bail a été conclu. Dans ces conditions, les deux autres moyens de la requête doivent être écartés comme inopérants.

4. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander le remboursement du crédit d'impôt pour investissement en Corse au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2020. Par suite, ses conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ne sauraient être accueillies.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Demecorse Nouvelle est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Demecorse Nouvelle et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.

Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, où siégeaient :

- M. Pierre Monnier, président ;

- M. Jan Martin, premier conseiller ;

- Mme Nathalie Sadat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

N. SADATLe président,

Signé

P. MONNIER

La greffière,

Signé

R. ALFONSI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. Mannoni

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