vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200334 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ALFONSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 mars 2022, 25 mars et 25 avril 2024, M. A B, représenté par Me Alfonsi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a implicitement rejeté sa demande tendant au versement des indemnités compensatrices au titre des services accomplis au-delà de la durée hebdomadaire de service, des congés annuels non pris et des jours acquis au titre de l'aménagement et de la réduction du temps de travail et inscrits sur son compte épargne-temps ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser des indemnités compensatrices au titre des 2 197,27 heures de services accomplis au-delà de la durée hebdomadaire de service, des huit jours de congés annuels non pris et des quinze jours acquis au titre de l'aménagement et de la réduction du temps de travail et inscrits sur son compte épargne-temps, assorties des intérêts au taux légal à compter du 13 octobre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision du 13 octobre 2021 portant rejet de sa demande est entachée d'incompétence de son auteur ;
- il peut prétendre, en application de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du parlement et du conseil européen, à l'indemnisation des huit jours de congés annuels non pris avant son départ à la retraite ;
- il a droit, en application du décret n° 2000-194 du 3 mars 2000, à l'indemnisation des heures supplémentaires qu'il a effectuées à hauteur de 2 197,27 heures et qu'il n'a pas pu récupérer avant son départ à la retraite ;
- il peut prétendre, sur le fondement, d'une part, des dispositions du décret n° 2003-402 du 29 avril 2003 et, d'autre part, du décret n° 2002-634 du 29 avril 2002, à l'indemnisation des quinze jours de congés, non consommés, inscrits sur son compte épargne-temps.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 mars et 7 mai 2024, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud doit être regardé, à titre principal, comme concluant au non-lieu à statuer partiel et à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Il soutient que :
- la requête est tardive dès lors que le courriel du 13 octobre 2021 ne peut être regardé comme une décision expresse portant rejet de la demande du requérant ;
- la somme afférente aux huit jours de congés annuels non consommés a été mise en paiement ;
- l'instruction ministérielle n° 0126 du 6 mai 2019 fixant les conditions d'attribution et de paiement de l'indemnité pour services supplémentaires attribuée aux agents affectés dans les compagnies républicaines de sécurité, fait obstacle à l'indemnisation des services supplémentaires accomplis par le requérant ;
- les dispositions du décret n° 2018-1305 font obstacle à l'indemnisation des jours acquis au titre de l'aménagement et de la réduction du temps de travail, inscrits sur le compte épargne-temps du requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud, conseillère ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Alfonsi, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, major de police affecté à la circonscription de sécurité publique (CSP) de Bastia en qualité responsable d'unité locale de police maitre-chien, a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er janvier 2022. Par un courrier du 4 octobre 2021, réceptionné par les services préfectoraux le 13 octobre suivant, le requérant a sollicité le versement d'indemnités compensatrices au titre de ses services accomplis au-delà de la durée hebdomadaire de service, de ses congés annuels non consommés et des jours acquis au titre de l'aménagement et de la réduction du temps de travail et inscrits sur son compte épargne-temps. M. B demande au tribunal d'annuler la décision de rejet de sa demande indemnitaire préalable et de condamner l'Etat à lui verser les indemnités compensatrices sollicitées.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Il résulte de l'instruction que la somme de 1 514,74 euros, correspondant aux huit jours de congés annuels non consommés par M. B, a été mise en paiement par le comptable public, le 14 février 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de l'intéressé tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser ladite somme.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
3. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". En vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de l'article L. 112-6 du même code qui dispose que " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation () ". Enfin, l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents.
4. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour contester une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande avec indication des voies et délais de recours, les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour effectuer cette contestation.
5. En l'espèce, si M. B soutient que le courriel interne aux services daté du 13 octobre 2021, rédigé par la directrice des ressources humaines du ministère de l'intérieur, aux termes desquels il apparaît que sa demande ne peut être satisfaite, constitue une décision administrative susceptible de recours, il est constant qu'alors même que le requérant s'est vu adresser ledit courriel, d'une part, il n'en était pas destinataire et d'autre part, ce courriel avait pour seule vocation de permettre aux services du ministère d'échanger sur la solution à apporter aux demandes de M. B, sans qu'aucune décision n'ait encore été prise. Par suite, ce courriel qui ne constitue pas une décision administrative est insusceptible de recours.
6. En revanche, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 1, que M. B a, par un courrier du 4 octobre 2021, réceptionné par les services préfectoraux le 13 octobre suivant, saisi l'administration d'une demande de versement d'indemnités compensatrices au titre de ses services accomplis au-delà de la durée hebdomadaire de service, de ses congés annuels non consommés et des jours acquis au titre de l'aménagement et de la réduction du temps de travail et inscrits sur son compte épargne-temps. Ainsi, dans le silence gardé par l'administration sur cette demande, une décision implicite de rejet est née le 13 décembre 2021 et M. B, disposait d'un délai de deux mois à compter de la naissance de cette décision pour former un recours contentieux, soit en l'espèce jusqu'au 14 février 2022. En l'espèce, la requête de l'intéressé qui n'a été enregistrée au greffe du tribunal, que le 11 mars 2022, soit après l'expiration du délai de recours contentieux, est dès lors tardive et par suite, irrecevable. Il y a donc lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée à ce titre par le préfet de la zone de défense et de sécurité sud.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite du préfet de la zone de défense et de sécurité sud en tant qu'elle a rejeté sa demande tendant au versement des indemnités compensatrices au titre des congés annuels non consommés
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de la zone de défense et de sécurité sud.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La présidente,
signé
A. Baux
La rapporteure,
signé
I. Zerdoud
La greffière,
signé
H. Mannoni
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
signé
H. Mannoni
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026