jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200408 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | BARRATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 mars 2022, le 29 mars 2022, le 13 avril 2022, le 18 mai 2022, le 25 mai 2022, le 26 mai 2022, le 12 avril 2024 et le 7 mai 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud a rejeté sa demande d'attribution en tiers payant de l'allocation logement due en faveur de son locataire pour la période du 1er mars 2020 au 30 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud de lui verser la somme de 2 316 euros d'aide personnalisée au logement conservée à son détriment.
Le requérant soutient que :
- les travaux étaient achevés dès le mois d'août 2020 ainsi du reste qu'il en a informé l'ARS de Corse ;
- il est de bonne foi ;
- il a engagé des frais pour remettre en l'état son logement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2022, la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud, représentée par Me Barratier, conclut au rejet de la requête. Elle soutient que M. B n'a pas respecté la demande qui lui avait été faite par téléphone le 3 mars 2020 de lui signaler dans le délai de six mois l'achèvement des travaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application des dispositions du 6° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties le jour de l'audience.
Le rapport de M. Pierre Monnier a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire d'un logement sis La Primavera, 2 chemin d'Agnaredda à Porto-Vecchio. Son locataire, bénéficiaire d'allocations logement versées directement à M. B en qualité de tiers-payant, ayant signalé des problèmes d'insalubrité, un agent de la caisse d'allocations familiales l'a informé par téléphone le 3 mars 2020 que l'allocation logement à laquelle ouvrait droit son locataire serait conservée pour une période de six mois dans l'attente de la réalisation des travaux de mise en conformité du logement. Par courrier en date du 15 octobre 2020, l'agence régionale de santé de Corse informait le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud de la réalisation des travaux de mise en conformité du logement en précisant que les droits d'aide au logement suspendus pouvaient être restitués. Informé par téléphone par les services de la caisse d'allocations familiales que cette dernière refusait de le rembourser au motif que les travaux avaient été réalisés hors-délai, M. B a demandé, par courrier en date du 14 novembre 2020, le versement de l'allocation logement. La caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud lui ayant répondu, par lettre en date du 26 novembre 2020, qu'elle refusait de procéder à la restitution, M. B a saisi la caisse d'allocations familiales d'un recours. Après que la commission de recours amiable avait rendu son avis le 8 juin 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales de Corse-du-Sud a, par une décision du 28 mars 2022, rejeté ce recours. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 843-1 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque l'organisme payeur ou un organisme dûment habilité par ce dernier a constaté que le logement ne satisfaisait pas aux caractéristiques de décence mentionnées à l'article L. 822-9, l'allocation de logement est conservée par l'organisme payeur pendant un délai maximal fixé par voie réglementaire. / L'organisme payeur notifie au propriétaire le constat établissant que le logement ne remplit pas les conditions requises pour être qualifié de logement décent et l'informe qu'il doit le mettre en conformité dans le délai maximal mentionné au premier alinéa pour que l'allocation de logement conservée lui soit versée. / Durant ce délai, le locataire s'acquitte du montant du loyer et des charges récupérables diminué du montant des allocations de logement, dont il a été informé par l'organisme payeur, sans que cette diminution puisse fonder une action du propriétaire à son encontre pour obtenir la résiliation du bail ". Aux termes de l'article L. 843-2 du même code : " Si, à l'issue du délai de mise en conformité prévu à l'article L. 843-1, le logement ne répond toujours pas aux caractéristiques de décence mentionnées à l'article L. 822-9, le montant de l'allocation de logement, conservé jusqu'à cette date par l'organisme payeur au titre de la période durant laquelle il a été fait application de l'article L. 843-1, n'est pas récupéré par le propriétaire. Ce dernier ne peut demander au locataire le paiement de la part de loyer non perçue correspondant au montant de l'allocation conservé () ". Aux termes de l'article L. 843-3 dudit code : " L'allocation de logement, le cas échéant recalculée dans le cas où un nouveau loyer est fixé par le juge, peut, à titre exceptionnel, dans des cas fixés par voie réglementaire, en vue de permettre l'achèvement d'une mise en conformité engagée, de prendre en compte l'action du locataire pour rendre son logement décent par la voie judiciaire ou de prévenir des difficultés de paiement du loyer ou de relogement du locataire, être maintenue par décision de l'organisme payeur et conservée par ce dernier pour une durée fixée par voie réglementaire, renouvelable une fois. / Durant ce délai, le locataire s'acquitte du montant du loyer et des charges récupérables, diminué du montant des allocations de logement, dont il a été informé par l'organisme payeur, sans que cette diminution puisse fonder une action du propriétaire à son encontre pour obtenir la résiliation du bail () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 843-2 de ce code : " Le délai mentionné au premier alinéa de l'article L. 843-1 est fixé à dix-huit mois. / Les délais mentionnés aux premiers alinéas des articles L. 843-3 et L. 843-4 sont fixés à six mois ". Aux termes de l'article R. 843-4 dudit code : " () Dès que le constat de mise en conformité du logement est établi par l'organisme payeur ou par un organisme dûment habilité par ce dernier, le montant de l'allocation de logement conservé par l'organisme payeur est versé au propriétaire ". Enfin, aux termes de l'article R. 843-6 du même code : " Les cas, mentionnés à l'article L. 843-3, dans lesquels l'allocation de logement peut être maintenue et conservée sont ceux où : 1° Le propriétaire du logement apporte la preuve auprès de l'organisme payeur qu'il a engagé les travaux de mise en conformité en vue d'un achèvement dans un délai de six mois () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration détermine les droits d'une personne à l'aide au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
4. Il résulte de l'instruction que M. B a signalé dès le mois d'août 2020 à l'agence régionale de santé de Corse qu'il avait réalisé les travaux de mise en conformité qu'on lui avait demandés de réaliser par un appel téléphonique du 3 mars 2020. La circonstance que l'agence régionale de santé n'a informé la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud que par courrier du 15 octobre 2020 de la réalisation des travaux de mise en conformité du logement est sans incidence sur le droit de M. B à se voir restituer le montant d'allocations logement dès lors, d'une part, qu'il n'est pas sérieusement contesté que les services de la caisse d'allocations familiales, auxquels ceux de l'agence régionale de santé n'ont du reste pas transmis aussitôt l'information selon laquelle les travaux avaient été effectués, étaient injoignables et, d'autre part, que le requérant avait réalisé les travaux dans le délai de 6 mois fixé par les dispositions de l'article R. 843-2 du code de la construction et de l'habitation. Ainsi, M. B est fondé à soutenir que c'est à tort que la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud a refusé de lui verser le montant d'allocations logement qu'elle avait conservé.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud du 28 février 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique que la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud verse à M. B la somme non-contestée de 2 316 euros au titre de l'allocation de logement illégalement conservée pour la période du 1er mars 2020 au 30 septembre 2020. Il y a lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud de procéder à ce versement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud du 28 février 2022 est annulée
Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud de verser à M. B de 2 316 euros au titre de l'allocation de logement de son locataire portant sur la période du 1er mars 2020 au 30 septembre 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. MONNIERLa greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026