mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200551 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | EON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2022, M. A B, représenté par Me Eon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le préfet de la Haute-Corse sur sa demande tendant au paiement d'aides agricoles ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme d'un montant de 258 843,49 euros et une somme d'un montant de 258 689,97 euros au titre des aides découplées des campagnes 2018 et 2019 de la politique agricole commune ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la décision implicite de rejet de sa réclamation préalable est entachée d'un défaut de motivation ;
- l'administration a commis des erreurs de calcul en ne prenant pas en compte la superficie et la nature des terres qu'il exploite, en ne lui appliquant pas les mêmes valeurs moyennes de droit au paiement de base que celles qui figurent sur les relevés de situation des campagnes 2018 et 2019 d'un agriculteur voisin de son exploitation et que l'administration pouvait procéder à un contrôle des surfaces qu'il exploite.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête. Le préfet soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens de M. B ne sont pas fondés.
Un mémoire de M. B a été enregistré le 4 octobre 2024, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, fixée au 6 septembre 2024 par ordonnance du 17 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Eon, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, exploitant agricole, a sollicité auprès du préfet de la Corse du Sud, par un courrier du 30 décembre 2021, le rattrapage d'aides agricoles au titre des campagnes 2018 et 2019. Du silence gardé par l'administration est née une décision implicite de rejet le 3 mars 2022. M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui payer les sommes qu'il estime lui être dues.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande préalable réputée adressée au préfet de la Haute-Corse le 3 janvier 2022 :
2. La décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Haute-Corse sur la demande de paiement d'une somme d'argent adressée par M. B a eu pour seul effet de lier le contentieux. Les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée cette décision sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, le requérant ne saurait utilement soutenir que cette décision est dépourvue de motivation.
Sur les conclusions tendant au paiement de sommes correspondant au montant des aides découplées au titre de la campagne 2018 et de la campagne 2019 :
3. Le préfet de la Haute-Corse fait valoir qu'il revenait à M. B de déposer dans les délais impartis, pour chacune des campagnes, un formulaire de demande tendant au bénéfice des droits au paiement de base et que ces droits conditionnent les autres aides découplées que sont le paiement redistributif, le paiement vert, et l'aide complémentaire aux jeunes agriculteurs. Il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé aurait déposé une telle demande. En outre et en tout état de cause, la circonstance que son voisin a touché des aides découplées ne permet pas d'établir un quelconque droit au paiement des mêmes aides. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Haute-Corse, la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt.
Copie en sera transmise au préfet de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
R. B
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026