mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200725 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SEATELLI-GASQUET |
Vu la procédure suivante :
E une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 28 juin 2022, M. C B, représenté E Me Alfonsi, demande au tribunal d'ordonner, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale afin de déterminer l'étendue du préjudice qu'il a subi à la suite de sa prise en charge E le centre hospitalier de Bastia du 14 au 23 octobre 2019.
Il soutient :
- qu'une expertise est utile afin de déterminer s'il y a eu des manquements dans la prise en charge médicale dont il a fait l'objet au centre hospitalier de Bastia du 14 au 23 octobre 2019 et d'évaluer l'étendue des conséquences dommageables de cette prise en charge ;
- que le dépôt du rapport d'expertise ne saurait être subordonné à la production E la caisse primaire d'assurance maladie du décompte des débours qu'elle a exposés.
E un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2022, le centre hospitalier de Bastia, représenté E Me Gasquet-Seatelli, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et demande que la mesure d'expertise soit complétée, que son déroulement soit conditionné à la production E les tiers payeurs du décompte des sommes dont ils entendent demander le remboursement et que les frais d'expertise soient avancés E le requérant.
E un mémoire en intervention, enregistré le 31 mars 2022 la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Vu :
- la décision E laquelle le président du tribunal a désigné M. Timothée Gallaud, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La demande d'expertise présentée E M. B à l'effet de recueillir les éléments susceptibles de permettre au tribunal de déterminer la responsabilité encourue E le centre hospitalier de Bastia à la suite de sa prise en charge médicale entre les 14 et 23 octobre 2019, ainsi que l'étendue du préjudice qu'il soutient avoir subi en conséquence de cette prise en charge, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, E suite, de faire droit à sa demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er ci-après de la présente ordonnance.
3. Aucune disposition du code de justice administrative ne prévoit que la convocation des parties E l'expert soit subordonnée à la production, E les organismes pouvant exercer une action subrogatoire en vertu du code de la sécurité sociale, d'un état des débours dont ils sont susceptibles de demander le remboursement dans le cadre d'une instance au fond. Il s'ensuit que la demande du centre hospitalier de Bastia tendant à ce qu'il soit prescrit à l'expert de ne convoquer les parties qu'après qu'un tel document ait été produit ne peut qu'être rejetée.
3. Les dispositions des articles R. 621-12 et R. 621-13 du code de justice administrative font obstacle à ce que le juge des référés mette les frais d'expertise à la charge de l'une ou l'autre des parties. Il s'ensuit que la demande du centre hospitalier de Bastia tendant à ce que les frais d'expertise soient avancés E le requérant est prématurée et ne peut, E suite, qu'être également rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A D, inscrit sur le tableau des experts auprès de la cour administrative d'appel de Marseille, demeurant Centre Borely Mermoz, 118 rue Jean Mermoz à Marseille (13008), est désigné avec pour mission de :
1°) prendre connaissance des dossiers et de tous documents concernant la prise en charge, E le centre hospitalier de Bastia de M. B à la suite de l'accident dont il a été victime le 14 octobre 2019 ; procéder à l'examen clinique de ce dernier ;
2°) détailler les antécédents médicaux et chirurgicaux de M. B antérieurs à sa prise en charge E le centre hospitalier de Bastia ;
3°) décrire les conditions dans lesquelles M. B a été pris en charge E le centre hospitalier de Bastia à compter du 14 octobre 2022 ; donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science et s'ils étaient adaptés à son état ;
4°) de manière générale, réunir tous les éléments permettant de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de la prise en charge de M. B ;
5°) donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté de M. B présente un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement imputable à l'établissement, en excluant la part des séquelles qui serait, le cas échéant, à mettre en relation avec toute cause étrangère à la prise en charge de M. B E le centre hospitalier ; indiquer si le dommage constaté résulte d'un accident médical non fautif ; dire si une infection est survenue au cours ou au décours de la prise en charge de M. B, si elle était présente ou en incubation au début de la prise en charge ou si elle a une autre origine que la prise en charge ; dans le cas d'une pluralité de causes à l'origine du dommage, indiquer la part imputable à chacune d'elles ;
6°) donner son avis sur le point de savoir si les manquements et l'infection nosocomiale éventuellement constatés sont à l'origine directe des séquelles subies E M. B ou s'ils n'ont entraîné qu'une perte de chance de s'y soustraire ou d'en éviter une aggravation, et fixer dans cette dernière hypothèse le taux de perte de chance en le justifiant au regard des données de la science médicale ;
7°) si tout ou partie du dommage est imputable à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins n'ayant pas un caractère fautif, dire si cet accident médical a entraîné des conséquences anormales à l'aune de la probabilité (à définir précisément en pourcentage) habituelle de réalisation de l'un des risques lié à l'intervention, de l'exposition particulière du patient en raison de son état de santé initial comme de son évolution prévisible, du caractère incontournable ou non de l'intervention, enfin évaluer précisément le niveau de gravité des séquelles présentées ;
8°) dire si l'état de santé de M. B est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et, dans le cas où de nouveaux examens seraient nécessaire, mentionner dans quel délai ;
9°) décrire précisément la nature et l'étendue du préjudice actuel subi E M. B selon la nomenclature usuelle en distinguant les postes de préjudice temporaire, patrimonial et extrapatrimonial, avant consolidation et les postes de préjudice permanent, patrimonial et extrapatrimonial, après consolidation ou pouvant être considérés comme définitivement acquis ;
10°) de façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et du préjudice subi ;
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues E les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre M. B, le centre hospitalier de Bastia et la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse. L'expert avertira les parties quatre jours au moins à l'avance E lettre recommandée des date, heure et lieu auxquels il procèdera aux opérations d'expertise.
Article 4 : L'expert déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du tribunal dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance et le notifiera aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport E les parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 5 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement E ordonnance du magistrat chargé des expertises.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, au centre hospitalier de Bastia, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse et à M. A D, expert.
Fait à Bastia, le 19 juillet 2022.
Le juge des référés
signé
T. GALLAUD
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention et au préfet de la Haute-Corse, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026