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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2200766

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2200766

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2200766
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juin 2022, la SARL Maral demande au tribunal de lui accorder un crédit d'impôt pour investissements en Corse pour un montant de 24 405 euros au titre de son exercice clos le 30 septembre 2010.

La société requérante soutient que :

- les travaux qui portent sur des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle sont éligibles au crédit prévu par l'article 244 quater E du code général des impôts ;

- elle est en droit de se prévaloir de la doctrine afférente aux meubles commerciaux spécialisés tels que le rayonnage et les portiques de présentation de vêtements.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au non-lieu à statuer à hauteur de 10 992 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête. Le directeur soutient que les factures restant en litige relatives à du mobilier et à un projet de décoration ne sauraient être regardées comme des agencements et installations de locaux commerciaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;

- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Maral, qui a pour activité la vente de prêt-à-porter et d'accessoires de mode a sollicité le 21 décembre 2021, le bénéfice d'un crédit d'impôt pour investissement en Corse au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2010 à raison d'un montant de 50 811 euros correspondant à 20 % de 254 058 euros d'investissements.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 23 juin 2022, postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a accordé à la société requérante le crédit d'impôt sollicité à hauteur de 10 992 euros correspondant à une facture de travaux de démolition, mur, sol, escalier, dalle d'un montant de 68 917 euros, une facture de travaux de peinture concernant la cage d'escalier d'accès au sous-sol, la réserve et les vestiaires, d'un montant de 5 337,50 euros, une facture de travaux sur le réseau électrique et les luminaires d'un montant de 13 175 euros, une facture d'un rideau électrique, d'une porte automatique et d'une porte avec vitrage d'un montant de 12 864,92 euros, une facture d'un porte-parapluie d'un montant de 403,36 euros une facture de montage du mobilier d'un montant de 3 500 euros, une facture de 3 600 euros relative au transport du mobilier, une facture d'achat et de pose de plinthes d'un montant de 287 euros et une facture de pose d'un tissu tendu sur mur d'un montant de 1 840 euros. Dans cette mesure, les conclusions de la SARL Maral sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer. Cependant, restent en litige les factures relatives à une table saco, à une table antique, un meuble à tiroirs, un grand cadre de bois, des cadres photos, un fauteuil, une boîte modulable, un coffret métallique, une photographie pour la nouvelle saison, et un projet de décoration.

Sur le surplus des conclusions :

En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :

3. Aux termes de l'article 244 quater E du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I.-1° Les petites et moyennes entreprises relevant d'un régime réel d'imposition peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des investissements, autres que de remplacement, financés sans aide publique pour 25 % au moins de leur montant, réalisés jusqu'au 31 décembre 2011 () 3° Le crédit d'impôt prévu au 1° est égal à 20 % du prix de revient hors taxes : / a. Des biens d'équipement amortissables selon le mode dégressif en vertu des 1 et 2 de l'article 39 A et des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle créés ou acquis à l'état neuf () ".

4. Il résulte des termes du a. du 3° de l'article 244 quater E précité du code général des impôts que seuls les aménagements relatifs à des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle sont susceptibles d'ouvrir droit au bénéfice du crédit d'impôt. Les agencements et installations ouvrant droit au crédit d'impôt s'entendent des travaux, dispositifs ou éléments destinés à mettre les locaux commerciaux en état d'utilisation et faisant corps avec eux.

5. Il ne résulte pas de l'instruction que les biens afférents aux factures restant en litige tels qu'ils sont énumérés au point 2 font corps avec un local commercial.

En ce qui concerne l'application de la doctrine administrative :

6. Aux termes de l'article 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ".

7. La garantie prévue par les dispositions précitées ne peut être invoquée que pour contester les rehaussements d'impositions auxquels procède l'administration. Dès lors la SARL Maral ne peut se prévaloir des instructions publiées au bulletin officiel des impôts pour contester le refus de l'administration de faire droit à ses demandes tendant au bénéfice du crédit d'impôt institué par les dispositions de l'article 244 quater E du code général des impôts.

8. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de la SARL Maral doit être rejeté.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SARL Maral à hauteur du remboursement de 10 992 euros accordé en cours d'instance, au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2010.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Maral et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.

Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, où siégeaient :

- M. Pierre Monnier, président ;

- M. Jan Martin, premier conseiller ;

- Mme Nathalie Sadat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

N. SADATLe président,

Signé

P. MONNIER

La greffière,

Signé

R. ALFONSI

La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. Mannoni

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