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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2200911

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2200911

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2200911
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juillet 2022 et le 11 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Giunti-Muracciole, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la collectivité de Corse à lui verser la somme de 430 144,89 euros en réparation du préjudice qu'il lui a subi à la suite de l'accident dont il a été victime le 13 juillet 2019, alors qu'il circulait à motocyclette sur une portion de la route départementale n° 368 située sur le territoire de la commune de Zonza ;

2°) de mettre les dépens à la charge de la collectivité de Corse ainsi que la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- la responsabilité de la collectivité de Corse est engagée à raison du défaut d'entretien normal de la voie publique se caractérisant par une défectuosité du revêtement non signalée aux usagers, qui est à l'origine de son accident qui lui a causé des fractures de la clavicule gauche, de l'omoplate gauche, des côtes, du bassin, un hémopneumothorax avec contusions pulmonaires, un épanchement pleural, des contusions pulmonaires et un emphysème sous cutané ;

- son préjudice se répartit entre des dépenses de santé actuelles restées à sa charge pour 211,26 euros, des frais d'assistance à expertise pour 1 200 euros, des frais de réparation de ses accessoires de moto pour 572,38 euros, une aide par tierce personne pour 880 euros, une incidence professionnelle pour 160 000 euros, un déficit fonctionnel temporaire pour 6 181,25 euros, des souffrances endurées pour 20 000 euros, un préjudice esthétique temporaire pour 10 000 euros, un déficit fonctionnel permanent pour 97 600 euros, un préjudice esthétique permanent pour 3 500 euros, un préjudice d'agrément pour 50 000 euros et un préjudice sexuel pour lui-même et son épouse de, respectivement, 50 000 et 30 000 euros.

Par un mémoire, enregistré le 25 août 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Corse demande au tribunal de condamner la collectivité de Corse à lui verser la somme de 51 451,61 euros, avec intérêts de droit à compter du jugement, sous réserve d'autres paiements non encore connus ce jour, et de le condamner également à lui payer la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion. Elle soutient qu'elle a versé, à hauteur des sommes demandées, des prestations à la suite des faits objet du litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, la collectivité de Corse, représentée par la SCP Lesage, Berguet, Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce que l'indemnité soit ramenée à de plus justes proportions, et à ce que la somme de 1 600 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La collectivité soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2100549 du 6 octobre 2021, par laquelle le magistrat chargé des expertises a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. D.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;

- et les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été victime le 13 juillet 2019 d'un accident alors qu'il circulait à motocyclette sur une portion de la route départementale n° 368 située sur le territoire de la commune de Zonza. Par une lettre notifiée à la collectivité de Corse le 9 mars 2021, M. B a présenté une réclamation préalable à laquelle l'administration n'a pas répondu. Par l'ordonnance de référé n° 2100549 du 21 juillet 2021, confirmée par l'ordonnance du 6 octobre 2021 n° 21MA03265 du juge des référés de la cour administrative d'appel de Marseille, le président du tribunal a désigné M. D afin de réaliser une expertise et condamné la collectivité de Corse à verser à la victime une provision de 5 000 euros. Ce dernier a déposé son rapport au greffe le 30 septembre 2021. M. B demande au tribunal de condamner la collectivité de Corse à lui verser la somme 430 144,89 euros en réparation des préjudices qu'il a subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de la collectivité de Corse :

2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

3. Il résulte de l'instruction, notamment des éléments recueillis par la compagnie de la gendarmerie nationale de Sartène, que l'accident du 13 juillet 2019 s'est produit sur une chaussée dégradée et que l'état de la route était mauvais en raison de la présence d'un trou. Selon le rapport d'expertise judiciaire, l'accident survenu le 13 juillet 2019 a causé à M. B des fractures de la clavicule gauche, de l'écaille de l'omoplate gauche, des côtes, du bassin, ainsi qu'un hémopneumothorax avec contusions pulmonaires. En outre, il résulte de l'attestation d'un témoin de cet accident qui accompagnait la victime, que ce trou était d'une hauteur supérieure à cinq centimètres. Si la collectivité de Corse fait valoir que la chaussée ne présentait que des déformations ou des creux, elle n'apporte aucun élément de nature à établir la hauteur exacte de ces défectuosités, alors qu'il résulte de la déposition du responsable du secteur routier devant la gendarmerie que la chaussée a été réparée à l'endroit de l'accident dans la semaine qui a suivi. En outre, ce dernier indique que si des panneaux et des marques au sol signalent en principe la présence de creux sur la chaussée, les premiers sont régulièrement subtilisés tandis que les secondes sont effacées par les intempéries. Dans ces conditions, par leur nature et leur importance, ces défectuosités, dont l'existence n'était pas signalée, excèdent les obstacles que les usagers de la voie publique doivent normalement s'attendre à rencontrer. Ainsi, la collectivité de Corse, maître de l'ouvrage, ne rapporte pas la preuve de l'entretien normal de la voie publique.

4. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait eu un comportement inapproprié dans la conduite de son véhicule, ni qu'il conduisait à une vitesse excessive. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que le défaut de la chaussée à l'origine de la chute de la motocyclette de la victime était parfaitement visible ainsi que le soutient la collectivité de Corse sans d'ailleurs l'établir, alors que des parties de la voie se trouvaient dans l'ombre des arbres la bordant.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à rechercher la responsabilité de la collectivité de Corse dans la survenance du dommage qu'il a subi.

En ce qui concerne les préjudices :

6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que l'état de santé de M. B, imputable à l'accident du 13 juillet 2019, a été consolidé le 13 janvier 2021.

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

Quant aux préjudices patrimoniaux temporaires :

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B a exposé des dépenses de santé actuelles résultant de l'accident du 13 juillet 2019 qui sont restées à sa charge pour la somme de 211,26 euros. Pour sa part, la CPAM de la Haute-Corse justifie de débours relatifs aux frais d'hospitalisation, médicaux et pharmaceutiques consécutifs à cet accident pour la somme de 44 207,08 euros. Il y a lieu d'allouer ces sommes, respectivement, à la victime directe et à la caisse.

8. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de l'instruction qu'au titre des frais divers, M. B a acquitté des frais d'assistance assurée par M. C à l'expertise judiciaire réalisée par M. D, pour le montant de 1 200 euros. En revanche, l'intéressé ne justifie d'aucune dépense de remplacement de ses accessoires de motocyclettes détruits lors de l'accident du 13 juillet 2019. D'autre part, la CPAM de la Haute-Corse justifie de 1 753,31 euros de frais de transport déboursés pour la victime avant la consolidation de l'état de santé de celle-ci. Il y a donc lieu d'allouer les sommes de 1 200 euros et de 1 753,31 euros, respectivement, à M. B et à cette caisse.

9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que l'état de santé de M. B, imputable à l'accident du 13 juillet 2019, a nécessité l'assistance par une tierce personne à domicile durant cinq heures par semaine, du 8 septembre au 1er novembre 2019. Par suite, il sera fait une exacte appréciation des frais engagés, sur la base du taux moyen horaire brut alors en vigueur de 14,20 euros, compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance horaire brut augmenté des charges sociales alors en vigueur, et des majorations pour les jours travaillés les dimanches et jours fériés, à 590 euros.

10. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que la CPAM de la Haute-Corse a versé à M. B des indemnités journalières s'élevant à 5 491,22 euros à la suite de l'arrêt de travail dont ce dernier a bénéficié, en raison de l'accident de motocyclette précité, du 17 juillet au 15 novembre 2019. La victime ne faisant état d'aucune perte de gains professionnels actuels, il y a lieu d'allouer à la caisse la somme qu'elle demande.

Quant aux préjudices patrimoniaux permanents :

11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. B exerçait le métier de responsable logistique dans une société de transport, lorsqu'est survenu l'accident du 13 juillet 2019. Ce dernier n'ayant pu être reclassé sur un poste adapté à ses séquelles, a conservé ce poste tout en subissant une pénibilité accrue par la nécessité de marcher plusieurs kilomètres par jour, de porter des charges lourdes, occasionnant des douleurs de l'épaule gauche, thoraciques, abdominales et du bassin. Compte tenu que l'intéressé était âgé de 45 ans à la date de consolidation de son état de santé et de son déficit fonctionnel permanent estimé par l'expert à 32 %, il sera fait une juste appréciation du chef de préjudice résultant de l'incidence professionnelle en le fixant à une somme de 20 000 euros.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

Quant aux préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

12. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'expertise judiciaire, que M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel imputable à la collectivité de Corse, de 100 % entre le 13 juillet et le 13 septembre 2019, de 75 % du 8 septembre au 1er novembre 2019, puis de 50 % du 2 novembre au 15 novembre 2019 et enfin, de 32 % du 16 novembre 2019 au 13 janvier 2021, date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en fixant le montant de sa réparation à la somme de 4 000 euros.

13. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'expertise judiciaire, que la victime a enduré, antérieurement à la consolidation de son état de santé, des souffrances résultant de sa prise en charge par le service des urgences du centre hospitalier d'Ajaccio, de son placement en réanimation, des interventions chirurgicales réalisées, des immobilisations et d'une longue période de rééducation, qui s'élèvent à 3,5 sur une échelle de 7. Il y a lieu de lui accorder une somme de 8 000 euros en réparation de ce chef de préjudice.

14. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. B a subi un préjudice esthétique temporaire résultant d'un alitement prolongé, de l'utilisation d'un fauteuil roulant, d'un déambulateur et de cannes anglaises, ainsi que de pansements et de cicatrices thoraciques, évalué à 3 sur l'échelle de 7. Ainsi, il y a lieu de lui accorder le versement de la somme de 5 000 euros au titre de ce poste de préjudice.

Quant aux préjudices extrapatrimoniaux permanents :

15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B était âgé de 45 ans à la date de la consolidation de son état de santé consécutive à l'accident du 13 juillet 2019. Son déficit fonctionnel permanent a été évalué à 32 % par l'expert, compte tenu des nombreuses séquelles conservées par la victime. La réparation de ce préjudice doit être fixée à la somme de 63 000 euros.

16. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. B subit un préjudice esthétique permanent résultant d'une déformation de la clavicule et de cicatrices thoraciques, évalué à 1 sur l'échelle de 7. Ainsi, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui accordant une somme de 1 500 euros.

17. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment des attestations et coupures de presse produite par la victime, que celle-ci pratiquait la motocyclette de compétition. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de son préjudice d'agrément en l'évaluant à la somme de 2 500 euros.

18. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'accident survenu le 13 juillet 2019 a entraîné une altération de la qualité des relations sexuelles entre M. B et son épouse. Ainsi, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à une somme de 4 000 euros. En revanche, s'agissant du préjudice sexuel subi par l'épouse du requérant en tant que victime indirecte, cette dernière n'est pas partie à l'instance et ce préjudice ne présente pas de caractère personnel, direct et certain pour le requérant. Il s'ensuit que ce dernier n'est pas fondé à en demander l'indemnisation.

19. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la condamnation de la collectivité de Corse à lui verser une somme totale de 105 001,26 euros, après déduction de la provision de 5 000 euros ordonnée par le juge des référés. Pour sa part, la CPAM de la Haute-Corse est fondée à demander la condamnation de la collectivité de Corse à lui verser la somme totale de 51 451,61 euros au titre de ses débours.

Sur les intérêts :

20. En vertu de l'article 1231-7 du code civil, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé. La demande de la CPAM de la Haute-Corse tendant à ce que lui soient alloués des intérêts au taux légal à compter de la date du jugement attaqué est donc dépourvue d'objet et doit être rejetée.

Sur les frais liés à l'instance :

21. En premier lieu, il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget.

22. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".

23. En application de ces dispositions, et eu égard au montant de la somme allouée à la CPAM de la Haute-Corse au titre de ses débours, il y a lieu de mettre à la charge de la collectivité de Corse le versement d'une somme de 1 162 euros à raison des frais engagés pour obtenir le remboursement des prestations servies à M. B.

24. En deuxième lieu, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise confiée au M. D, liquidés et taxés à la somme globale de 750 euros par l'ordonnance du juge des référés du tribunal du 6 octobre 2021, à la charge définitive de la collectivité de Corse.

25. En troisième et dernier lieu, d'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de la collectivité de Corse une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, la somme que la collectivité de Corse demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La collectivité de Corse est condamnée à payer à M. B une somme de 105 001,26 euros.

Article 2 : La collectivité de Corse est condamnée à payer à la CPAM de la Haute-Corse des sommes de 51 451,61 euros au titre de ses débours et de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : La somme de 750 euros correspondant aux frais d'expertise est mise à la charge définitive de la collectivité de Corse.

Article 4 : La collectivité de Corse versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse et à la collectivité de Corse.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pierre Monnier, président ;

M. Jan Martin, premier conseiller ;

Mme Nathalie Sadat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

Le président,

Signé

P. MONNIER

La greffière,

H. MANNONI

La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. MANNONI

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