mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2201076 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ANTONIOTTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 septembre 2022, le 28 décembre 2022 et le 19 mars 2024, M. B A, représenté par Me Antoniotti, demande au tribunal :
1°) d'annuler les quatre ordres de recouvrer émis à son encontre par l'Agence de services et de paiement, le 18 janvier 2022, pour des montants respectifs de 2 926 euros, 9 247,37 euros, 64 318,40 et 135 euros, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux présenté le 9 mai 2022 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 67 379,40 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Agence de services et de paiement la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- les ordres de recouvrer sont insuffisamment motivés ;
- la lettre de fin d'instruction relative à la campagne 2017 est entachée d'un défaut de motivation ;
- cette lettre de fin d'instruction a méconnu le principe du contradictoire ;
- des lettres de fin d'instruction ne lui ont pas été directement notifiées mais uniquement mis en ligne sur la plateforme " Télépac ", n'ayant ainsi pu acquérir de caractère définitif ;
- les ordres de recouvrer sont entachés d'erreur de droit en ce que la différence de surface retenue au titre de la campagne 2017 découle de la mise en œuvre de règles qui n'étaient applicables qu'à compter de la campagne 2018.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 octobre 2022, le 25 mars 2024 et le 3 juillet 2024, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant sont inopérants ou ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés le 1er août 2023 et le 12 avril 2024, le préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête. Le préfet soutient que les moyens de la requête tirés de l'exception d'illégalité de la lettre de fin d'instruction sont irrecevables et que les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) 2013/2393 du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2017 ;
- le règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n° 2017-1318 du 4 septembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, exploitant agricole, a bénéficié d'aides surfaciques ainsi que d'apports de trésorerie remboursables au titre des campagnes 2015, 2016 et 2017. Par des courriers des 3 avril et 23 mai 2019, l'Agence de services et de paiement lui a notifié huit titres de perception en vue du recouvrement d'apports de trésorerie remboursables versés pour la campagne 2017 et d'indus de paiement de base et de paiement du verdissement relatifs aux campagnes 2015 et 2016. Par le jugement n° 1901260 du 2 décembre 2021, le tribunal a annulé ces titres de perception pour défaut de motivation. A la suite de ce jugement, l'Agence de services et de paiement a émis, le 18 janvier 2022, quatre nouveaux ordres de recouvrer, pour des montants respectifs de 2 926 euros, 9 247,37 euros, 64 318,40 et 135 euros. Par un courrier, notifié à cette agence le 9 mai 2022, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de ces titres, auquel l'administration n'a pas répondu. M. A demande au tribunal d'annuler les quatre titres de perception émis le 18 janvier 2022 et la décision rejetant son recours gracieux, née le 9 juillet 2022 et sollicite la décharge de l'obligation de payer la somme totale de 67 379,40 euros correspondant à ces titres.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. / (). Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ".
3. D'autre part, selon l'article 1er du décret du 4 septembre 2017 : " Les agriculteurs ayant déposé la demande unique mentionnée à l'article D. 615-1 du code rural et de la pêche maritime pour la campagne 2017 peuvent bénéficier d'un apport de trésorerie remboursable sans intérêt dans les conditions fixées par le présent décret. () est remboursé au fur et à mesure et par compensation, à concurrence des versements par l'organisme payeur concerné, des aides de la politique agricole commune demandées dans la demande unique susmentionnée et des aides au titre de la campagne 2017 mentionnées aux 7° à 15° de l'article D. 615-41 du code rural et de la pêche maritime. Les reliquats éventuels sont remboursés par les bénéficiaires au plus tard le 31 mars 2018 pour ce qui concerne les montants versés au titre des articles 3 à 8 et le 31 juillet 2019 pour ce qui concerne les montants versés au titre de l'article 9 ".
4. Il résulte de l'instruction qu'à chaque titre de recettes que conteste M. A, a été jointe une " note technique de liquidation " qui se fonde sur les dispositions précitées du décret du 4 septembre 2017 et précise que chaque titre a été établi pour le montant total de l'apport en trésorerie remboursable qui avait été accordé au requérant au titre d'aides découplées (paiement de base, paiement redistributif, paiement vert), d'une aide aux bovins allaitants et de l'indemnité compensatoire de handicaps naturels. Chaque note précise, pour chaque versement, le montant et la nature de la compensation pratiquée par l'administration et le solde restant à la charge de l'intéressé. Ainsi, cette note vise les textes applicables et mentionne les bases et les éléments de calcul des montants retenus par l'administration. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des titres litigieux ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale.
6. Il résulte de l'instruction que si les titres exécutoires litigieux ont été précédés de deux lettres de fin d'instruction des 10 mai et 26 juin 2019 adressées à M. A concernant son dossier de demande d'aides agricoles au titre de la campagne 2017, les titres en cause n'ont pas été pris pour son application des lettres de fin d'instruction précitées et ces dernières n'en constituent pas la base légale. Il suit de là que de tels moyens sont inopérants.
7. En troisième et dernier lieu, la " note technique de liquidation " jointe aux titres exécutoires litigieux vise le règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 établissant les règles relatives aux paiements directs en faveur des agriculteurs au titre des régimes de soutien relevant de la politique agricole commune. Il résulte de l'instruction que ces titres exécutoires sont consécutifs à un contrôle sur place et par télédéclaration effectué par un agent de l'Agence de services de paiement le 23 mai 2018. Le compte-rendu de ce contrôle vise le règlement précité et constate un écart de 304 hectares, en défaveur du requérant, entre les surfaces pastorales admissibles au titre de la campagne 2017 et les campagnes antérieures. Selon l'administration, un tel écart résulte de la déduction des surfaces admissibles, celles n'étant pas exploitées ou ne présentant pas un caractère agricole, conduisant ainsi à une minoration du montant des aides agricoles venues en compensation des apports de trésorerie remboursable dont l'intéressé a bénéficié. Si M. A fait valoir que cet écart résulte de l'application anticipée du nouveau régime d'examen des aides agricoles applicable en 2018, il n'apporte aucune précision de nature à établir que l'Agence de services de paiement aurait entendu appliquer le règlement (UE) 2013/2393 du 13 décembre 2017 modifiant, à compter de 2018, les règles relatives aux aides agricoles. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des titres de recettes émis le 18 janvier 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin de décharge doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Agence de services et de paiement, qui n'est pas la partie perdante, verse à M. A une quelconque somme au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de M. A la somme que demande l'Agence de services et de paiement au titre des frais exposés par cette agence et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Agence de services et de paiement présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Agence de services et de paiement et à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt.
Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIERLa greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026