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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2201295

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2201295

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2201295
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2200603 du 11 juin 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Bastia, saisi par le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint à M. A B d'évacuer sans délai l'emplacement qu'il occupe sans autorisation sur la plage de Favone à Sari-Solenzara et de retirer les ouvrages qu'il y a installés, sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard.

Par une ordonnance n° 2200824 du 18 juillet 2022, le juge des référés, saisi par le préfet de la Corse-du-Sud, a liquidé l'astreinte, a condamné M. B à payer à l'Etat la somme de 52 500 euros et a porté le taux de l'astreinte à 3 000 euros par jour de retard.

Par une ordonnance n° 2200997 du 25 août 2022, le juge des référés, saisi par le préfet de la Corse-du-Sud, a liquidé l'astreinte, a condamné M. B à payer à l'Etat la somme de 114 000 euros et a porté le taux de l'astreinte à 9 000 euros par jour de retard.

Par une ordonnance n° 2201153 du 12 octobre 2022, le juge des référés a liquidé l'astreinte, a condamné M. B à payer à l'Etat la somme de 423 000 euros et a porté le taux de l'astreinte à 15 000 euros par jour de retard.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'objet de l'audience.

Après avoir présenté son rapport au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Des contrôleurs de la direction de la mer et du littoral de Corse ont constaté le 28 avril 2022 l'occupation, sans autorisation, par un local de restauration démontable à l'enseigne du restaurant " Mezza Rena ", une terrasse et un stockage sur sable, pour une emprise de 168 m², de la plage de Favone, sur le territoire de la commune de Sari-Solenzara. Le préfet de la Corse-du-Sud a, par un arrêté du 9 mai 2022 pris en application des dispositions des articles L. 480-2 à L. 480-4 du code de l'urbanisme, mis M. B en demeure de cesser immédiatement les travaux entrepris sans autorisation. Cet arrêté a été notifié le lendemain à l'intéressé par des militaires de la gendarmerie nationale qui ont constaté la présence de l'installation en cours de montage. Par une ordonnance n° 2200603 du 11 juin 2022, le juge des référés du tribunal, saisi par le préfet de la Corse-du-Sud, a, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, prononcé l'expulsion sans délai de M. B et du restaurant d'enseigne " Mezza Rena " du domaine public maritime, sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance. Les gendarmes ont constaté, le 1er juillet 2022, que l'ordonnance du 11 juin 2022 n'a pas été exécutée par M. B. Par une ordonnance n° 2200824 du 18 juillet 2022, le juge des référés a procédé au bénéfice de l'Etat à la liquidation de l'astreinte pour la période du 14 juin 2022 au 18 juillet 2022 inclus, au taux de 1 500 euros par jour, soit 52 500 euros et a porté le taux de l'astreinte à 3 000 euros par jour de retard. La gendarmerie nationale ayant constaté le 3 août 2022 que M. B continuait d'occuper sans autorisation le domaine public maritime et qu'il n'en avait retiré aucun ouvrage, le juge des référés a, par une ordonnance n° 2200997 du 25 août 2022, procédé au bénéfice de l'Etat à une deuxième liquidation de l'astreinte, pour la période du 19 juillet 2022 au 25 août 2022 inclus, au taux de 3 000 euros par jour, soit 114 000 euros et a porté le taux de l'astreinte à 9 000 euros par jour de retard. M. B n'ayant pas justifié avoir libéré le domaine public maritime, le juge des référés a procédé, sous le n° 2201153, à une nouvelle liquidation de l'astreinte au bénéfice de l'Etat, pour la période du 26 août 2022 au 12 octobre 2022 inclus, au taux de 9 000 euros par jour, soit 423 000 euros. Le taux de l'astreinte a été porté à 15 000 euros par jour de retard.

2. Il résulte de l'instruction que l'ordonnance du 12 octobre 2022 a été notifiée le 17 octobre 2022 à M. B. Celui-ci ne justifie pas avoir libéré totalement le domaine public maritime avant le 3 novembre 2022, date à laquelle les gendarmes ont constaté la remise en état des lieux. Il y a lieu, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, de procéder au bénéfice de l'Etat à la liquidation de l'astreinte pour la période du 13 octobre 2022 au 17 octobre 2022 inclus au taux de 9 000 euros par jour fixé par l'ordonnance n° 2200997 du 25 août 2022, soit 45 000 euros, puis au taux, fixé par l'ordonnance n° 2201153 du 12 octobre 2022, de 15 000 euros par jour pour la période du 18 octobre 2022 au 2 novembre 2022 inclus, soit 225 000 euros, soit la somme totale de 270 000 euros pour la période du 13 octobre 2022 au 2 novembre 2022 inclus.

ORDONNE

Article 1er : M. A B est condamné à payer à l'Etat la somme de 270 000 euros.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à M. A B.

Copie en sera transmise au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.

Fait à Bastia, le 8 novembre 2022.

Le juge des référés,

Signé

T. VANHULLEBUS

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

H. NICAISE

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