mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2201371 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FAÏS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 novembre 2022 et le 4 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Faïs, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 776 823,46 euros en réparation du préjudice causé par l'intervention chirurgicale du 15 mars 2010, augmentée des intérêts de droit et de la capitalisation de ces intérêts ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que les pertes de gains professionnels, la diminution des droits à pension, le préjudice esthétique temporaire et le préjudice moral se sont révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision de rejet de sa première réclamation et doivent être évalués, s'agissant de ces deux premiers postes de préjudices, aux sommes respectives de 799 252,93 euros et de 30 680,40 euros, minorées de la somme de 53 109,87 euros qui lui a déjà été allouée par l'arrêt n° 17MA00505 du 8 juillet 2021 de la cour administrative d'appel de Marseille.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le centre hospitalier de Bastia représenté par Me Seatelli, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Le centre hospitalier soutient que l'autorité de la chose jugée qui s'attache à l'arrêt n° 17MA00505 du 8 juillet 2021 de la cour administrative d'appel de Marseille, devenu irrévocable à la suite de la décision du Conseil d'Etat de non-admission du pourvoi en cassation formé à son encontre, fait obstacle à l'indemnisation demandée par le requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gasquet-Seatelli, substituant Me Seatelli, avocat du centre hospitalier de Bastia.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été pris en charge au sein du service de neurochirurgie du centre hospitalier de Bastia pour une lombosciatique ayant nécessité une intervention chirurgicale le 15 mars 2010 avec réalisation d'une arthrodèse L4/L5 avec discectomie. L'intéressé a présenté, à la suite de cette intervention, un déficit neurologique sévère au membre inférieur gauche. Par un jugement n° 1400353 du 1er décembre 2016, le tribunal administratif de Bastia a condamné le centre hospitalier de Bastia à lui verser une somme de 21 400 euros à titre d'indemnité. Statuant sur l'appel n° 17MA00505 formé par M. A, la cour administrative d'appel de Marseille a, par un arrêt avant dire droit du 17 janvier 2019, ordonné une nouvelle expertise, et a, par un arrêt du 8 juillet 2021, porté à 238 860,28 euros le montant de l'indemnité due par le centre hospitalier de Bastia. Par une décision n° 456278 du 30 mars 2022, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, n'a pas admis le pourvoi en cassation formé contre cet arrêt par M. A. Celui-ci a alors adressé à cet hôpital, le 16 mai 2022, une réclamation tendant au versement de la somme de 776 823,46 euros à titre d'indemnité en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Cet établissement lui a opposé une décision de rejet le 11 octobre 2022. M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme précitée.
2. L'autorité de chose jugée attachée au jugement rendu sur une demande indemnitaire porte sur l'ensemble des chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime, causés par le même fait générateur et dont elle supporte la charge financière, à l'exception de ceux qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, se sont aggravés ou ne se sont révélés dans toute leur ampleur que postérieurement à la première réclamation préalable de la victime ou de ceux qui ont été expressément réservés dans sa demande.
3. Il résulte de l'instruction que, par l'arrêt, cité au point 1, du 8 juillet 2021, la cour administrative d'appel de Marseille a condamné le centre hospitalier de Bastia à indemniser M. A de ses pertes de gains professionnels, de la diminution de ses droits à pension, du préjudice esthétique temporaire et du préjudice moral, imputables aux fautes médicales commises par cet hôpital le 15 mars 2010. Il ne résulte pas de l'instruction que, alors même que M. A bénéficie d'une pension d'invalidité depuis le 1er février 2017, ces chefs de préjudice, qui ont été causés par le même fait générateur, aient été révélés dans toute leur ampleur postérieurement au 27 mai 2014, date de sa première réclamation. Dès lors, les conditions d'identité d'objet, de cause et de parties étant réunies, le centre hospitalier de Bastia est fondé à opposer aux conclusions indemnitaires du requérant portant sur ces chefs de préjudice, l'autorité de chose jugée dont est revêtu cet arrêt. Par suite, de telles conclusions doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
4. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier de Bastia, qui n'est pas la partie perdante, verse à M. A une quelconque somme au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par cet hôpital et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera au centre hospitalier de Bastia une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au centre hospitalier de Bastia et à la caisse de mutualité sociale agricole de Corse.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIERLa greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Mannoni
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026