LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2201526

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2201526

lundi 5 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2201526
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantTERRAZZONI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia a été saisi par les parents d’un enfant blessé lors d’une pause méridienne dans une école primaire d’Ajaccio, qui recherchaient la responsabilité de la commune pour défaut d’organisation et de surveillance. Le tribunal a rejeté leur requête, estimant qu’aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune n’était établie, l’accident résultant du comportement imprévisible d’un autre élève et l’absence de lien de causalité direct entre le dommage et les éventuels manquements allégués. La solution retenue s’appuie sur les principes de la responsabilité administrative pour faute, notamment en matière de service public scolaire, sans qu’il soit nécessaire d’appliquer des textes spécifiques autres que les règles générales du code de l’éducation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2022, Mme B C et M. A C, agissant en leur qualité de représentants légaux de leur fils D, représentés par Me Tiberi, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune d'Ajaccio à leur verser la somme totale de 24 956,58 euros en réparation de leurs préjudices ainsi que des préjudices de leur fils, en raison de l'accident dont il a été victime le 22 février 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Ajaccio les entiers dépens, ainsi que le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité de la commune d'Ajaccio doit être engagée en raison d'une faute commise dans l'organisation du service ;

- l'absence de surveillance des enfants pendant le déroulement de la pause méridienne est à l'origine de l'accident du 22 février 2019 ;

- alors que l'article 6 du règlement intérieur applicable aux temps périscolaires pour les enfants des écoles maternelles et élémentaires oblige le personnel de surveillance à les protéger contre les agressions éventuelles d'autres enfants, le taux d'encadrement des enfants durant le temps périscolaire était insuffisant ; il n'est pas possible d'apprécier le nombre du personnel surveillant ;

- le personnel de l'établissement a commis une erreur d'appréciation quant à la gravité de la blessure de leur fils, appliquant seulement une " compresse humide " sur son œil, alors que l'accident impliquait de l'orienter vers l'infirmerie ou un médecin ; cette faute est à l'origine d'un retard de prise en charge par les services de secours ;

- les parents n'ont pas été prévenus, en méconnaissance de l'article 11 du règlement intérieur ;

- l'attestation d'incident, rédigée de manière lacunaire, ne leur permet pas d'effectuer une déclaration auprès de leur assureur ;

- la matérialité du dommage ainsi que le lien de causalité entre celui-ci et la faute de la commune d'Ajaccio sont établis ;

- les préjudices de leur fils doivent être indemnisés comme suit : 246 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ; 5 000 euros au titre des souffrances endurées ; 2 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ; 7 500 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

- ils ont personnellement subis les préjudices suivants : 210,58 euros au titre des frais pour se rendre à la réunion d'expertise médicale ; 5 000 euros chacun au titre de leur préjudice moral, soit un total de 10 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 janvier et 27 octobre 2023, la commune d'Ajaccio, représentée par Me Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 600 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucune faute n'est susceptible d'être reprochée à la collectivité ou à ses agents qui serait de nature à engager la responsabilité de la commune d'Ajaccio ;

- son obligation de surveillance n'implique pas de pallier aux comportements anormaux et imprévisibles des élèves ;

- il ne peut être reproché un retard dans la prise en charge médicale de leur fils dès lors qu'ils ont eux-mêmes attendu quatre jours avant de l'emmener consulter un ophtalmologue ;

- alors que les circonstances de l'accident sont imprécises, la matérialité des faits n'est pas démontrée ;

- le dommage est le fait d'un tiers dès lors que la cause unique de l'accident est l'agissement d'un autre enfant ;

- le préjudice tiré d'un déficit fonctionnel temporaire ne peut être évalué à plus de 82 euros ; les souffrances endurées ne peuvent être évaluées à plus de 1 800 euros ; le préjudice esthétique temporaire ne peut dépasser le versement d'une somme de 100 euros ; l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent ne peut dépasser une indemnité de 5 000 euros ; le préjudice moral des parents n'est pas établi.

Par un mémoire, enregistré le 6 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Corse demande au tribunal de condamner la commune d'Ajaccio à lui verser d'une part, la somme de 192,18 euros en remboursement des prestations qu'elle a versées en lien avec le dommage subi par le fils des requérants et, d'autre part, la somme de 115 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article 95-51 du décret du 24 janvier 1996.

Vu :

- l'ordonnance n° 1900606 du 29 octobre 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal a ordonné une expertise ;

- l'ordonnance n° 1900606 du 10 juin 2020 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires d'expertise à la somme de 1 152,05 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Samson ;

- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme et M. C sont les parents D, né en 2012 et scolarisé lors de l'année scolaire 2018-2019 au sein de l'école primaire des Cannes à Ajaccio. Le 22 février 2019, D a été victime d'un accident dans l'enceinte de l'établissement, durant la pause méridienne. Par une ordonnance du 29 octobre 2019, sur demande de Mme et M. C en leur qualité de représentants légaux de leur fils, le président du tribunal a ordonné que soit diligentée une expertise, dont le rapport a été déposé le 16 avril 2020. Par un courrier du 1er août 2022, Mme et M. C ont saisi la commune d'Ajaccio à fin d'indemnisation des préjudices résultant de l'accident dont leur fils a été victime. Par la présente requête, Mme et M. C demandent au tribunal de condamner la commune d'Ajaccio à leur verser la somme totale de 24 956,58 euros en réparation de leurs préjudices ainsi que des préjudices de leur fils en raison de son accident.

Sur la responsabilité de la commune d'Ajaccio :

2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de l'éducation : " Dans tous les cas où la responsabilité des membres de l'enseignement public se trouve engagée à la suite ou à l'occasion d'un fait dommageable commis, soit par les élèves ou les étudiants qui leur sont confiés à raison de leurs fonctions, soit au détriment de ces élèves ou de ces étudiants dans les mêmes conditions, la responsabilité de l'Etat est substituée à celle desdits membres de l'enseignement qui ne peuvent jamais être mis en cause devant les tribunaux civils par la victime ou ses représentants. / Il en est ainsi toutes les fois que, pendant la scolarité ou en dehors de la scolarité, dans un but d'enseignement ou d'éducation physique, non interdit par les règlements, les élèves et les étudiants confiés ainsi aux membres de l'enseignement public se trouvent sous la surveillance de ces derniers () ". Le législateur a ainsi entendu instituer une responsabilité générale de l'Etat, mise en jeu devant les tribunaux de l'ordre judiciaire, pour tous les cas où un dommage causé à un élève a son origine dans la faute d'un membre de l'enseignement et il n'est dérogé à cette règle que dans le cas où le préjudice subi doit être regardé comme indépendant du fait de l'agent, soit que ce préjudice ait son origine dans un dommage afférent à un travail public, soit qu'il trouve sa cause dans un défaut d'organisation du service.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment de l'expertise médicale du 16 avril 2020, que l'accident dont a été victime D C, survenu lors de la pause méridienne, dans l'enceinte de l'établissement vers 12 heures 40, a pour seule cause le fait qu'en jouant avec un autre enfant, ce dernier lui a mis le doigt dans l'œil gauche. En outre, alors qu'il n'est ni établi ni même allégué que les deux enfants jouaient à un jeu dangereux et devaient ainsi faire l'objet d'une surveillance particulière, il résulte de l'instruction que le comportement de l'enfant à l'origine du dommage dont se plaint le jeune D présentait un caractère soudain et imprévisible. Par ailleurs, si les requérants soutiennent qu'il incombe à l'établissement, en application de l'article 6 du règlement intérieur de celui-ci, de protéger les enfants contre les agressions éventuelles de leurs camarades, il n'est pas démontré que les moyens de surveillance mis en place étaient insuffisants pour assurer une surveillance effective lors de la pause méridienne alors, en tout état de cause, qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'un nombre plus important de personnels surveillant aurait permis d'éviter l'accident. Par suite, Mme et M. C ne sont pas fondés à soutenir que l'accident dont a été victime leur fils est imputable à un défaut de surveillance de nature à engager la responsabilité de la commune d'Ajaccio.

4. En second lieu, s'il est soutenu par les requérants, d'une part, qu'ils ont été avertis tardivement et, d'autre part, qu'en se bornant à appliquer une compresse humide sur l'œil de leur fils, à la suite de l'accident, l'établissement a commis une erreur d'appréciation quant à la gravité de sa blessure alors que sa prise en charge par l'infirmerie ou un médecin était nécessaire, il ne résulte ni du rapport de l'expert, ni des certificats médicaux produits, que le retard allégué dans la prise en charge des soins de l'enfant aurait concouru à la survenance du dommage ou aurait exercé une influence aggravante sur son état et sur les séquelles dont il souffre. Par ailleurs, si Mme et M. C font valoir que l'attestation d'incident ne leur permet pas d'effectuer une déclaration auprès de leur assureur en raison de sa rédaction lacunaire, cette circonstance est sans lien avec le dommage allégué. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à rechercher, à ce titre, la responsabilité de la commune d'Ajaccio pour défaut d'organisation du service.

5. Il résulte de tout qui précède que Mme et M. C ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de la commune d'Ajaccio. Par suite, leurs conclusions tendant à ce que la commune d'Ajaccio soit condamnée à leur verser la somme totale de 24 956,58 euros en réparation de leurs préjudices ainsi que des préjudices de leur fils en raison de son accident doivent être rejetées.

Sur les débours de la CPAM de la Haute-Corse :

6. Aucune condamnation n'étant prononcée à l'encontre de la commune d'Ajaccio, les conclusions de la CPAM de la Haute-Corse formulées à son encontre ne peuvent être que rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".

8. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ajaccio, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les frais et honoraires d'expertise ainsi que la somme sollicitée par Mme et M. C au titre de ces mêmes dispositions. Il y a ainsi lieu de mettre les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 152,05 euros par une ordonnance du président du tribunal du 10 juin 2020, à la charge définitive des requérants.

9. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme et M. C la somme sollicitée par la commune d'Ajaccio au titre des frais exposés dans l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme et M. C est rejetée.

Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 152,05 euros sont mis à la charge définitive de Mme et M. C.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et M. A C, à la commune d'Ajaccio et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse.

Délibéré après l'audience du 10 avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

Mme Zerdoud, conseillère,

M. Samson, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2025.

La présidente,

Signé

A. Baux

Le rapporteur,

Signé

I. Samson

La greffière,

Signé P

H. Mannoni

La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. Mannoni

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions