LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2300367

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2300367

vendredi 24 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2300367
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantEON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia a rejeté la requête de M. B... qui demandait l'annulation du refus de révision de sa pension militaire d'invalidité pour aggravation de son état de santé. Le tribunal a jugé que l'administration avait correctement apprécié l'absence d'aggravation de l'infirmité, en se fondant sur une comparaison des expertises médicales de 2013 et 2021, conformément à l'article L. 154-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi les décisions de la ministre des armées et de la commission de recours de l'invalidité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 mars 2023 et le 8 novembre 2024, M. C... B..., représenté par Me Eon, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle la ministre des armées a refusé de faire droit à sa demande de révision de sa pension militaire d'invalidité ainsi que la décision de la commission de recours de l’invalidité du 16 novembre 2022 rejetant son recours administratif préalable obligatoire ;

2°) d’ordonner avant dire droit une expertise médicale afin de déterminer l’existence d’une aggravation de son état de santé et de fixer son taux d’invalidité ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision du ministre du 20 janvier 2022 est entachée d’incompétence de son auteur ; la décision rendue par la commission de recours de l’invalidité est elle-même illégale en l’absence d’examen de cette compétence ;
- les décisions attaquées sont entachées d’une erreur d’appréciation, compte tenu de l’aggravation de ses infirmités, il remplit les conditions pour bénéficier d’une révision de sa pension d’invalidité.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 septembre 2024 et 28 juillet 2025, ce dernier n’ayant pas été communiqué, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- les conclusions tendant à l’annulation de la décision du ministre du 20 janvier 2022 sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud,
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public,
- et les observations de Me Eon, avocat de M. B....

Considérant ce qui suit :

1. M. B... est titulaire d’une pension militaire d’invalidité depuis le 10 janvier 2004, au taux global de 20 %, attribuée par arrêté en date du 29 mars 2005, en raison des séquelles d’un traumatisme cervical et d’un traumatisme de l’épaule gauche avec décollement de l’omoplate, consécutives à des blessures survenues en service les 3 juillet 1996 et 5 mai 2000. Par une lettre notifiée le 8 février 2021, M. B... a sollicité la révision de cette pension en invoquant une aggravation de l’infirmité n°1 correspondant aux séquelles d’un traumatisme cervical. Par une décision du 20 janvier 2022, la ministre des armées a rejeté cette demande au motif qu’aucune aggravation n’avait été constatée par comparaison avec l’expertise médicale du 7 janvier 2013. Puis, par une décision du 16 novembre 2022, la commission de recours de l’invalidité a rejeté le recours administratif préalable obligatoire de M. B.... Ce dernier demande au tribunal de prononcer l’annulation des décisions des 20 janvier et 16 novembre 2022.

Sur le droit à pension de M. B... :

2. Aux termes de l’article L. 154-1 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre : « Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée (…) La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le degré d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 % au moins du pourcentage antérieur. Toutefois, l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée (…) ». Aux termes des dispositions de l’article L. 151-2 du même code : « La pension militaire d'invalidité prévue par le présent code est attribuée sur demande de l'intéressé. L'entrée en jouissance est fixée à la date du dépôt de la demande. / Il en est de même de la date d'entrée en jouissance de la pension révisée pour aggravation ou pour prise en compte d'une infirmité nouvelle (…) ». En vertu de ces dispositions l’évolution des infirmités pensionnées s’apprécie sur une période comprise entre la date initiale d’octroi de la pension et celle de dépôt de la demande de révision.

3. Il résulte de l’instruction que pour faire suite à la première demande de révision de la pension militaire d’invalidité dont bénéficie M. B... depuis 2004, l'administration a désigné le docteur D..., médecin généraliste, qui a retenu, dans son rapport du 7 janvier 2013, un taux d’invalidité de 15 %. En suivant, le médecin chargé des pensions militaires d’invalidité ayant émis, le 8 février 2013, un avis favorable au maintien du taux initial d’invalidité fixé à 10 %, la commission de recours de l’invalidité a, par une décision du 16 mai 2013, rejeté la demande de révision présenté par le requérant. Dans le cadre de la présente demande de révision, l’administration a désigné le docteur A..., rhumatologue, qui a constaté, dans son rapport du 7 octobre 2021, la présence d’une raideur cervicale, d’une contracture musculaire para-vertébrale, d’une limitation douloureuse des rotations droites et gauches d’un tiers, d’un test de Spurling positif, de névralgies bilatérales du nerf d’Arnold ainsi que de paresthésies séquellaires des membres supérieur et inférieur gauches, et a proposé un taux d’invalidité de 20 % . Toutefois, le 17 novembre 2021, le médecin chargé des pensions militaires d’invalidité a estimé qu’aucune aggravation n’était objectivable, l’expertise de 2021 étant comparable à celle de 2013, et a préconisé le maintien du taux à 10 %. Se fondant sur cet avis, la commission de recours de l’invalidité a rejeté le recours de l’intéressé, considérant que ce médecin n’avait pas inexactement apprécié l’évolution de son infirmité et que les pièces médicales produites n’étaient pas de nature à remettre en cause cette analyse. Si la commission de recours de l’invalidité, ainsi que l’avis médical sur lequel elle s’appuie, ont pu estimer qu’aucune aggravation n’était objectivable depuis 2013, il ressort toutefois des expertises versées au dossier que la pathologie de M. B..., déjà reconnue comme aggravée de 5 points à cette date, atteint désormais un taux d’invalidité de 20 %, traduisant une aggravation de 10 % entre la date initiale d’octroi de la pension et celle de dépôt de la présente demande de révision. En outre, il est constant que ni l’appréciation retenue par la commission ni celle adoptée par le médecin des pensions ne contiennent d’élément de nature à infirmer les constatations des experts, au regard notamment des séquelles fonctionnelles présentées par l’intéressé. Par suite, M. B... est fondé à demander la révision de sa pension en application de l’article L. 154-1 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... est fondé à demander l’annulation de la décision du 16 novembre 2022 de la commission de recours de l’invalidité et à ce que sa pension militaire d’invalidité soit révisée au taux de 20% à raison de l’infirmité « séquelles d’un traumatisme cervical ».

Sur les frais liés à l’instance :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.




D E C I D E :


Article 1er : La décision du 16 novembre 2022 de la commission de recours de l’invalidité est annulée.

Article 2 : M. B... a droit à la révision de sa pension militaire fixée au taux de 20 % pour l’infirmité « séquelles d’un traumatisme cervical ».

Article 3 : L’Etat versera à M. B... la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et à la ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2025.


La présidente,

Signé

A. Baux


La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud


La greffière,

Signé

R. Alfonsi

La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Une greffière,



Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions