vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300495 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | EON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2023, Mme A B représentée par Me Eon, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à l'indemniser de l'intégralité des préjudices qu'elle a subis le 17 janvier 2018 à l'occasion de sa participation à la journée défense et citoyenneté ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 5 000 euros à valoir sur la réparation de ses préjudices ;
3°) de désigner avant dire droit un expert dont les frais seront avancés par l'Etat qui aura pour mission de quantifier les préjudices consécutifs à l'accident survenu le 17 janvier 2018 à l'occasion de la journée défense et citoyenneté en vue de l'évaluation de son droit à réparation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle a été grièvement blessée sur le lieu de convocation à la journée de défense et de citoyenneté en raison de fortes ravales de vent qui l'ont projetée au sol ;
- la responsabilité sans faute de l'Etat doit être engagée ;
- ses préjudices physiques et psychologiques sont établis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2023, le ministre des armées ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée mais fait toutes réserves sur l'engagement de sa responsabilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du service national ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Eon, avocat de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 janvier 2018, Mme B se trouvait en un point de rassemblement situé sur l'aire de stationnement dite " du cinéma de plein air ", au lieudit Travo à Ventiseri, en vue de sa prise en charge par les services du ministère des armées dans le cadre de sa participation à la journée défense et citoyenneté. Elle a été victime, à cette occasion, d'un accident dont elle soutient qu'il a été causé du fait de sa projection au sol par des vents violents. Le 29 décembre 2022, Mme B a formé une réclamation indemnitaire devant le ministre des armées aux fins d'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis. En l'absence de réponse à sa réclamation préalable, elle demande au tribunal de condamner l'Etat à l'indemniser de ses préjudices, de désigner avant dire-droit un expert et de condamner l'Etat à lui verser une provision à valoir sur la réparation de ses préjudices.
Sur la responsabilité sans faute de l'Etat :
2. Aux termes de l'article L. 114-10 du code du service national : " Les Français participant à la journée défense et citoyenneté ont la qualité d'appelés du service national. Ils sont placés sous la responsabilité de l'Etat. / Les personnes victimes de dommages corporels subis à l'occasion de la journée défense et citoyenneté peuvent, ainsi que leurs ayants droit, obtenir de l'Etat une réparation destinée à assurer l'indemnisation intégrale du préjudice subi, calculée suivant les règles de droit commun () ". Il résulte de ces dispositions que les appelés du contingent qui subissent un préjudice corporel lors de l'accomplissement de leurs obligations de service militaire, sont fondés, en l'absence même de toute faute de la collectivité publique, à en obtenir réparation intégrale sans que le forfait de pension leur soit opposable.
3. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté par le ministre des armées que l'incident à l'origine du litige s'est produit alors que la requérante s'est présentée sur une aire de stationnement où avait été délocalisé l'accueil des appelés afin de procéder aux contrôles d'identité et de sécurité préalables à leur montée dans un bus militaire devant la conduire ainsi que les autres appelés à la journée défense et citoyenneté. Dès lors, l'accident dont Mme B a été victime doit être réputé survenu en service. Il suit de là que l'Etat doit être déclaré responsable des conséquences dommageables de cet accident.
Sur l'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. La mission confiée à l'expert peut viser à concilier les parties. "
5. L'état du dossier ne permet pas au tribunal d'apprécier l'étendue des préjudices qui pourraient être indemnisés sur le fondement de l'article L. 114-10 du code du service national. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur la requête, d'ordonner une expertise sur ces points.
Sur la demande de provision :
6. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.
7. En l'état du dossier, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à Mme B la somme provisionnelle demandée de 5 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme B une somme de 5 000 euros à titre provisionnel.
Article 2 : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme B, procédé par un expert, désigné par le président du tribunal, à une expertise avec pour missions de :
1°) se faire communiquer tous les documents médicaux utiles à sa mission ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme B ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé actuel de Mme B et ses antécédents médicaux ;
3°) préciser l'origine des affections dont se plaint Mme B et dire si elles sont en relation directe et certaine avec l'accident dont elle a été victime le 17 janvier 2018 et, le cas échéant, dans quelle proportion (exprimée en pourcentage) ;
4°) indiquer à quelle date l'état de santé de Mme B peut être considéré comme consolidé ; décrire précisément la nature et l'étendue des préjudices subis par Mme B en relation directe avec l'accident, selon la nomenclature usuelle en distinguant les postes de préjudice temporaire, patrimonial et extrapatrimonial, avant consolidation et les postes de préjudice permanent, patrimonial et extrapatrimonial, après consolidation ou pouvant être considérés comme définitivement acquis ;
5°) dans le cas où l'état de santé de Mme B ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
6°) fournir au tribunal, de manière générale, tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur un recours en responsabilité.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 4 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statués en fin d'instance.
Article 5 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministère des armées et à la caisse primaire d'assurance-maladie de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026