vendredi 18 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300521 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GOEURY-GIAMARCHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 mai 2023, les 7 février et 23 octobre 2024 et le 16 juin 2025, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme D B, représentée par Me Goeury-Giamarchi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 24 mars 2023 du directeur du centre hospitalier de Bastia en tant qu'elle fixe son taux d'invalidité à 14 % ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 288 799 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de l'accident de service dont elle a été victime le 14 septembre 2016 ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 24 mars 2023 est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son taux d'invalidité doit être fixé à 30 % ;
- elle est fondée à solliciter la somme totale de 288 799 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis à la suite de l'accident de service dont elle a été victime le 14 septembre 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2025, la caisse nationale des agents des collectivités locales (CNRACL) conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la décision du 24 mars 2023 du directeur du centre hospitalier de Bastia en tant qu'elle fixe son taux d'invalidité à 14 % ne fait pas grief à la requérante ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au centre hospitalier de Bastia qui n'a pas produit d'observations.
Par un courrier du 9 mai 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de Mme B tendant à la condamnation du centre hospitalier de Bastia à l'indemniser des préjudices qu'elle impute à l'accident de service du 14 septembre 2016, qui présentées le 7 février 2024, soit plus de deux mois après l'introduction de sa requête, sont des conclusions nouvelles.
Vu :
- l'ordonnance du 15 septembre 2023 par laquelle le tribunal a taxé et liquidé les frais de l'expertise à la somme de 900 euros et les a mis à la charge de Mme B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud ;
- et les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, aide-soignante au centre hospitalier de Bastia, a été victime d'un accident le 14 septembre 2016, reconnu imputable au service le 14 mars 2017. Le 24 mars 2023, le centre hospitaliser de Bastia a prononcé la mise à la retraite de l'intéressée pour invalidité imputable au service du fait de son incapacité définitive et absolue d'exercer ses fonctions et toutes fonctions, en fixant le taux d'invalidité à 14 % dont 10 % imputable à l'accident du 14 septembre 2016 et 4 % imputable à son état de santé antérieur. Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 24 mars 2023 du directeur du centre hospitalier de Bastia en tant qu'elle a limité son taux d'invalidé à 14 % et de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 288 799 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de l'accident de service dont elle a été victime le 14 septembre 2016.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la CNACL :
2. Aux termes de l'article 30 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions par suite de maladie, blessure ou infirmité grave dûment établie peut être admis à la retraite soit d'office, soit sur demande. () ". Aux termes de l'article 31 du même décret : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. () Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. / Les énonciations de cette décision ne peuvent préjuger ni de la reconnaissance effective du droit, ni des modalités de liquidation de la pension, ces dernières n'étant déterminées que par l'arrêté de concession. () ". L'article 61 de ce décret dispose que : " Les pensions et les rentes viagères d'invalidité sont liquidées par le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations ".
3. En l'espèce, le courrier du 24 mars 2023 dont Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation, en tant seulement qu'il fixe son taux d'invalidité à 14 %, ne peut avoir pour objet de préjuger ni de la reconnaissance effective du droit, ni des modalités de liquidation de sa pension et donc de son taux d'invalidité. Dès lors, le courrier en litige, ne constitue pas une décision fixant le taux d'invalidité de Mme B, alors au demeurant que ce n'est que le 9 octobre 2024 que la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a émis un avis favorable à sa mise à la retraite pour invalidité et a retenu un taux d'invalidité de 14%. Par suite, le courrier du 24 février 2020 en tant qu'il est relatif au taux d'invalidité ne faisant pas grief à la requérante, les conclusions à fin d'annulation dirigées à son encontre, sont dès lors irrecevables et doivent donc être rejetées.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires :
4. Les conclusions indemnitaires de Mme B tendant à la condamnation du centre hospitalier de Bastia à lui verser une somme de 288 799 euros en réparation des préjudices qu'elle impute à l'accident de service du 14 septembre 2016, présentées le 7 février 2024, soit plus de deux mois après l'introduction de sa requête, ont le caractère de conclusions nouvelles dès lors que par le présent litige, la requérante se bornait à solliciter l'annulation de la décision du 24 mars 2023 du directeur du centre hospitalier de Bastia en tant qu'elle fixait son taux d'invalidé à 14 %. Par suite, ces conclusions indemnitaires sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
6. Par une ordonnance n° 2300520 du 30 juin 2023, le juge des référés a ordonné une expertise médicale afin de déterminer l'étendue des préjudices que Mme B estimait avoir subis à la suite de l'accident de service survenu le 14 septembre 2016. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge définitive de Mme B et du centre hospitalier de Bastia, la somme respective de 450 euros, au titre des frais et honoraires de l'expertise taxés et liquidés par l'ordonnance du 15 septembre 2023 du tribunal, à la somme totale de 900 euros TTC.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le centre hospitalier de Bastia, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme B une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 900 euros TTC, sont mis à la charge définitive de Mme B et du centre hospitalier de Bastia, chacun pour un montant de 450 euros.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, au centre hospitalier de Bastia et à la caisse nationale des agents des collectivités locales.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2025 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2025.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
M. C A
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026