jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300561 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 mai 2023 et le 21 juin 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 janvier 2023 par laquelle le président du conseil exécutif de Corse a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle de fin d'année 2022, ensemble la décision implicite par laquelle le président du conseil exécutif de la Corse a rejeté son recours en date du 29 janvier 2023, notifié le 9 février 2023, contre la décision du 5 janvier 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la collectivité de Corse la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle justifie avoir adressé le 9 février 2023 au président du conseil exécutif de Corse son recours en date du 29 janvier 2023 ;
- elle a adressé le 26 octobre 2022 un dossier complet, y compris son relevé d'identité bancaire (RIB) ;
- elle est dans une situation de précarité justifiant l'octroi de cette aide ;
- le rejet pour dossier incomplet viole le principe d'égalité de traitement.
Par des mémoires, enregistrés les 20 juin et 7 juillet 2023, la collectivité de Corse conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement des aides et des actions sociales et médico-sociales de Corse de l'année 2022 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application des dispositions du 6° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties le jour de l'audience.
Le rapport de M. Pierre Monnier a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a adressé par envoi recommandé du 26 octobre 2022 une demande d'aide exceptionnelle de fin d'année (AEFA), aide instituée par le règlement des aides et de l'action sociale et de l'action médico-sociale de Corse. Par une décision en date du 5 janvier 2023, le président du conseil exécutif de Corse a rejeté cette demande au motif que son dossier était incomplet. Mme A a contesté cette décision par un recours en date du 29 janvier 2023, notifié au président du conseil exécutif de Corse le 9 février 2023. La requérante demande l'annulation de la décision du 5 janvier 2023 ainsi que du rejet implicite opposé par le président du conseil exécutif de la collectivité de Corse à sa demande du 29 janvier 2023.
2. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration détermine les droits d'une personne à l'AEFA, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. D'autre part, il résulte de l'article R. 772-8 du code de justice administrative que, lorsque le tribunal administratif lui notifie une requête relative à l'attribution de l'AEFA, il appartient à la collectivité de Corse, si nécessaire à l'invitation du tribunal, de communiquer à celui-ci l'ensemble du dossier constitué pour l'instruction de la demande ou pour le calcul de l'indu. Sauf dans le cas où sa décision est fondée sur un motif sur lequel son contenu ne peut avoir d'incidence, le tribunal ne peut régulièrement rejeter les conclusions dont il est saisi sans disposer des éléments pertinents de ce dossier.
4. En vertu de l'article 459-1 du règlement des aides et des actions sociales et médico-sociales de Corse de l'année 2022, un dossier incomplet est inéligible à l'aide exceptionnelle de fin d'année. L'article 463 de ce règlement énumère les pièces justificatives, au nombre desquelles figure un RIB. Enfin, l'article 465 du même règlement prévoit que le dépôt des dossiers se fait avant le 31 octobre. Il résulte de ces dispositions que, pour pouvoir bénéficier de l'AEFA de l'année 2022, Mme A devait déposer un dossier complet, incluant un RIB, avant le 31 octobre 2022.
5. Il résulte de l'instruction que le droit de Mme A au bénéfice de l'AEFA a été remis en cause au motif que son dossier était incomplet car elle n'avait pas communiqué le RIB requis. Mme A a produit à l'appui de sa requête une copie de sa demande, incluant un RIB. La collectivité de Corse n'a pas communiqué, ainsi que le lui avait demandé le tribunal dans un courrier en date du 23 mai 2023, l'ensemble du dossier constitué par l'instruction de la demande de Mme A tendant à l'attribution de l'AEFA, notamment le dossier que la requérante lui a adressé le 26 octobre 2022. Dans ces conditions, il y a lieu d'accueillir le moyen de Mme A tiré de ce que qu'elle a adressé le 26 octobre 2022 un dossier complet, y compris son relevé d'identité bancaire (RIB).
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de décision du 5 janvier 2023 ainsi que de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président du conseil exécutif de la collectivité de Corse sur le recours gracieux du 9 février 2023. Enfin, la collectivité de Corse ne contestant pas que Mme A remplissait toutes les conditions pour obtenir cette aide, dont elle a du reste bénéficié au titre de l'année 2023 ainsi que des années antérieures à 2022, il y a lieu de dire qu'elle y a droit.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la collectivité de Corse une somme de 100 euros au titre des frais exposés par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 janvier 2023 et la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président du conseil exécutif de la collectivité de Corse sur le recours gracieux du 9 février 2023, sont annulées.
Article 2 : Le bénéfice de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2022 est accordé à Mme A.
Article 3 : La collectivité de Corse versera à Mme A une somme de 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la collectivité de Corse.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. MONNIERLa greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
No 2300561
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026