vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2300832 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MORELLI-MAUREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une saisine, enregistrée le 11 juillet 2023, le préfet de la Corse-du-Sud défère au tribunal, comme prévenues d'une contravention de grande voirie, la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B et conclut à ce que le tribunal :
1°) constate que les faits établis par le procès-verbal constituent la contravention prévue et réprimée par l'article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques et condamne par suite la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B au paiement de l'amende prévue par le décret n° 2003-172 du 25 février 2003 ;
2°) ordonne la remise en état des lieux, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) l'autorise à procéder d'office, aux frais des contrevenantes, à la remise en état des lieux.
Il soutient que :
- il résulte d'un constat du 23 juin 2023 que les navires immatriculés BI G31451, BI F19174, BI F48055, AJ E24261 et BI F29005, appartenant à la société Mr Location de bateaux, étaient amarrés sur le littoral de la commune de Coti-Chiavari à un dispositif d'ancrage fixe disposé sans autorisation sur le domaine public maritime ;
- cette occupation sans autorisation entraîne une atteinte à la destination de droit du domaine public maritime naturel qui est la libre utilisation de ce dernier au profit du public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2023, la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B, représentées par Me Sentenac, concluent, à titre principal, à la relaxe des fins de la poursuite et à ce qu'une somme de 1 800 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, à la modération du montant de l'amende qui serait mise à leur charge.
Ils soutiennent que :
- la contravention de grande voirie résulte d'une faute de la commune, assimilable à un cas de force majeure, qui a laissé penser qu'il existait un accord avec l'Etat concernant l'occupation du domaine public maritime dans l'attente de la création d'une zone de mouillage et d'équipements légers ;
- leur bonne foi conduira le tribunal à réduire le montant de l'amende ;
- l'intérêt public tiré de la nécessaire préservation des fonds marins conduira au rejet des conclusions présentées au titre de l'action domaniale.
Par une ordonnance en date du 17 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juin 2024.
Un mémoire présenté par le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a été enregistré le 11 septembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le procès-verbal de contravention de grande voirie du 23 juin 2023 ;
- le certificat constatant la notification du procès-verbal, comportant invitation à produire une défense écrite.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le décret n° 2003-172 du 25 février 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baux, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Castany, rapporteur publique,
- et les observations de Me Sentenac représentant la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B.
Une note en délibéré présentée pour la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B a été enregistrée le 4 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 juin 2023, le préfet de la Corse-du-Sud a dressé un procès-verbal de contravention à l'encontre de la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B à raison de l'occupation sans droit ni titre du domaine public par la présence, le 12 juin 2023, de cinq bateaux leur appartenant, amarrés à un dispositif d'ancrage fixe sur le territoire de la commune de Coti-Chiavari. Le préfet de la Corse-du-Sud défère au tribunal, comme prévenues d'une contravention de grande voirie, la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B, et conclut à ce que le tribunal constate que les faits établis par le procès-verbal constituent la contravention prévue et réprimée par l'article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques.
Sur la contravention de grande voirie :
2. Aux termes de l'article L. 2111 4 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public maritime naturel de l'Etat comprend : 1° Le sol et le sous-sol de la mer entre la limite extérieure de la mer territoriale et, côté terre, le rivage de la mer. () ". Aux termes de l'article L. 2122-1 du même code : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous. () ". Et aux termes de l'article L. 2132-3 de ce code : " Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d'amende () ". Ces dispositions tendent à assurer, au moyen de l'action domaniale qu'elles instituent, la remise du domaine public maritime naturel dans un état conforme à son affectation publique en permettant aux autorités chargées de sa protection, notamment, d'ordonner à celui qui l'a édifié ou, à défaut, à la personne qui en a la garde, la démolition de tout ouvrage ou aménagement irrégulièrement implanté sur ce domaine.
En ce qui concerne l'infraction :
3. Le préfet de la Corse-du-Sud soutient que la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B occupent sans autorisation le domaine public à raison de la présence, le 12 juin 2023, de cinq navires leur appartenant, amarrés à un dispositif d'ancrage fixe, sur le territoire de la commune de Coti-Chiavari. Les intéressées ne contestent pas les faits qui leur sont reprochés. Un tel dispositif d'amarrage, qui suppose non seulement une occupation du plan d'eau, mais celle sous-jacente du sol de la mer territoriale en raison de la présence du corps-mort qui y est installé, constitue, en raison de son caractère permanent, un usage privatif du domaine public maritime, excédent le droit d'usage appartenant à tous. L'appréciation du caractère régulier ou non de l'occupation du domaine public est indépendante de la bonne foi de l'occupant.
4. En défense, la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B font valoir que la contravention de grande voirie résulte d'une faute de la commune, assimilable à un cas de force majeure, qui a laissé penser qu'il existait un accord avec l'Etat concernant l'occupation du domaine public maritime dans l'attente de la création d'une zone de mouillage et d'équipements légers. Toutefois, la circonstance que, par une délibération du 15 décembre 2022, le conseil municipal de la commune de Coti-Chiavari ait décidé la création d'une telle zone, après avoir exposé que les services préfectoraux suspendraient la réalisation des contrôles des corps-morts non déclarés, à la condition que la commune s'engage dans ce processus et fasse connaître régulièrement l'avancement de son dossier, ne saurait être regardée comme le fait de l'administration ou d'un tiers assimilable à un cas de force majeure.
5. Il résulte de ce qui précède que l'occupation, constatée par le procès-verbal du 23 juin 2023, du domaine public maritime par la présence des bateaux appartenant à la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B, amarrés à un dispositif d'ancrage fixe, sans autorisation, présente le caractère d'une contravention de grande voirie prévue et réprimée par les dispositions du premier alinéa de l'article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques citées au point 2.
En ce qui concerne le montant de l'amende :
6. Aux termes de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d'un montant plus élevé, l'amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l'article 131-13 du code pénal () ". Selon l'article 1er du décret du 25 février 2003 relatif aux peines d'amende applicables aux infractions de grande voirie commises sur le domaine public maritime en dehors des ports : " Toute infraction en matière de grande voirie commise sur le domaine public maritime en dehors des ports, et autres que celles concernant les amers, feux, phares et centres de surveillance de la navigation prévues par la loi du 27 novembre 1987 susvisée, est punie de la peine d'amende prévue par l'article 131-13 du code pénal pour les contraventions de la 5ème classe. En cas de récidive, l'amende est celle prévue pour la récidive des contraventions de la 5e classe par les articles 132-11 et 132-15 du code pénal () ". Aux termes de l'article 131-13 du code pénal : " Constituent des contraventions les infractions que la loi punit d'une amende n'excédant pas 3 000 euros. Le montant de l'amende est le suivant : () 5° 1 500 euros au plus pour les contraventions de la 5e classe, montant qui peut être porté à 3 000 euros en cas de récidive lorsque le règlement le prévoit, hors les cas où la loi prévoit que la récidive de la contravention constitue un délit ".
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B à une amende de 1 500 euros.
Sur l'action domaniale :
8. Dès lors que l'action domaniale vise la cessation du trouble causé au domaine, il y a lieu d'enjoindre à la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B, qui, en tout état de cause, ne justifient pas de l'intérêt général qu'il y aurait à maintenir le dispositif d'ancrage existant, s'ils ne l'ont déjà fait, de libérer sans délai le domaine public et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B sont condamnées à payer une amende de 1 500 euros.
Article 2 : La société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B devront, sous le contrôle de l'administration, remettre sans délai, si elles ne l'ont déjà fait, les lieux en l'état, sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour de retard dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : En cas d'inexécution des intéressées, l'administration est autorisée à procéder d'office, aux frais des contrevenantes, à la remise en état des lieux.
Article 4 : Les conclusions de la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Corse-du-Sud pour notification à la société Mr Location de bateaux et sa gérante Mme A C née B dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
A. BauxLa greffière,
Signé
H. Mannoni
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026