LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2301038

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2301038

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2301038
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat statuant seul
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS DESFARGES PIERRE-HENRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 août 2023, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la contrainte signifiée par huissier le 17 août 2023 et émise le 28 mars 2023 par le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Corse-du-Sud pour le recouvrement d'une somme de 3 108 euros d'indu d'allocation logement familiale (ALF) ;

2°) de le décharger du paiement de cet indu ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- la contrainte est entachée d'irrégularité dès lors qu'elle n'a été précédée d'aucune mise en demeure portant sur la somme de 3 108 euros ;

- la contrainte ne précise pas les bases de liquidation ;

- la dette est inexistante dès lors qu'il a toujours déclaré ses revenus à la caisse d'allocations familiales, que la caisse d'allocations familiales de Corse-du-Sud, qui a commis une faute en ne lui demandant jamais d'autre information que ses revenus et qui a manqué à son devoir d'information prévu aux articles R. 112-2 et L. 583-1 du code de la sécurité sociale, ne saurait se réduire à invoquer l'article 1302-1 du code civil, dès lors que sa demande initiale l'informait de ses revenus, et, enfin, que la caisse d'allocations familiales a commis une erreur de droit et d'appréciation en s'abstenant d'examiner les réalité de sa situation ;

- à titre subsidiaire, sa bonne foi et sa situation particulièrement précaire justifient l'octroi d'une remise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud, représentée par Me Barratier, conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

En application des dispositions du 6° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique de prononcer ses conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties le jour de l'audience.

Le rapport de M. Pierre Monnier a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été informé par un courrier en date du 22 octobre 2019 qu'il était redevable à la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud d'un indu d'allocation logement familiale d'un montant de 3 108 euros. Une mise en demeure de payer la somme de 2 983 euros été adressée à M. B par lettre recommandée avec accusé de réception datée du 26 novembre 2021 et réceptionnée par l'intéressé le 8 décembre suivant. Par un courrier en date du 9 décembre 2021, M. B a contesté le bien-fondé de cette somme. Le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Corse a rejeté cette réclamation par un courrier en date du 17 décembre 2021. Ce même directeur a notifié le 30 mars 2023 à M. B une contrainte en date du 28 mars 2023. L'accusé de réception étant revenu avec la mention " pli avisé et non réclamé ", un huissier a signifié et remis cette contrainte au requérant le 17 août 2023. Par la présente requête, M. B forme opposition à cette contrainte.

Sur la régularité de la contrainte :

2. Le I de l'article R. 133-9-1 du code de la sécurité sociale dispose : " La notification de payer prévue à l'article L. 133-4 est envoyée par le directeur de l'organisme d'assurance maladie au professionnel ou à l'établissement par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception. / Cette lettre précise la cause, la nature et le montant des sommes réclamées et la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement. Elle mentionne l'existence d'un délai de deux mois à partir de sa réception imparti au débiteur pour s'acquitter des sommes réclamées ainsi que les voies et délais de recours. Dans le même délai, l'intéressé peut présenter des observations écrites à l'organisme d'assurance maladie. / A défaut de paiement à l'expiration du délai de forclusion prévu à l'article R. 142-1 ou après notification de la décision de la commission instituée à ce même article, le directeur de l'organisme de sécurité sociale compétent lui adresse la mise en demeure prévue à l'article L. 133-4 par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception. / Cette mise en demeure comporte la cause, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées () ". Aux termes de l'article R. 133-3 de ce code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine () ".

3. En premier lieu, si la mise en demeure du 26 novembre 2021, qui a été notifiée à M. B le 8 décembre 2021, mentionne un indu d'ALF d'un montant de 2 983,40 euros alors que la notification du 22 octobre 2019 faisait état d'une créance de 3 108 euros, il résulte de l'instruction que cette différence s'explique par la retenue de 124,40 euros effectuée le 1er février 2020 sur la prime d'activité du requérant du mois de janvier 2020. Dans ces conditions, la mise en demeure indique le montant des sommes demeurant réclamées, soit 2 983,60 euros. La retenue de 124,40 euros est également mentionnée dans la contrainte en date du 28 mars 2023 après l'indication de l'indu d'ALF de 3 108 euros. Ainsi la contrainte et la mise en demeure portent sur le même montant d'indu, soit 2 983,60 euros. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la contrainte est entachée d'irrégularité dès lors qu'elle n'a été précédée d'aucune mise en demeure portant sur la somme de 3 108 euros

4. En second lieu, la contrainte adressée à M. B précise, conformément aux dispositions citées au point 2 de l'article R. 133-9-1-I du code de la sécurité sociale, la mention de la cause, la nature et le montant des sommes réclamées, ainsi que de la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement. Contrairement à ce que fait valoir le requérant, les dispositions de l'article R. 133-9-1-I n'imposent pas que la décision de contrainte précise les bases de liquidation ayant conduit au calcul de l'indu.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à critiquer la régularité de la contrainte signifiée par huissier le 17 août 2023 et émise le 28 mars 2023 par le directeur de la CAF de de la Corse-du-Sud.

Sur le bien-fondé de la créance :

6. D'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : () / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale () ". En application de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur () ". Enfin, selon l'article R. 825-1 de ce code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement () est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. La procédure définie par les articles R. 142-1 et R. 142-6 du code de la sécurité sociale lui est applicable ".

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ".

8. Il résulte de ces dispositions ainsi que de celles de l'article R. 133-3 mentionnées au point 2 qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'allocation de logement familiale n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif.

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B a déposé en novembre 2016 une demande d'allocation logement qui lui a été accordée sur la base d'un justificatif précisant qu'il était au chômage depuis le mois de septembre 2016. L'indu en litige provient du fait que la caisse d'allocations familiales s'est aperçue en octobre 2019 qu'il exerçait une activité salariée depuis le mois de juin 2017. En se bornant à soutenir que sa dette est inexistante dès lors qu'il a toujours déclaré ses revenus à la caisse d'allocations familiales, que la caisse d'allocations familiales de Corse-du-Sud, qui a commis une faute en ne lui demandant jamais d'autre information que ses revenus et qui a manqué à son devoir d'information prévu aux articles R. 112-2 et L. 583-1 du code de la sécurité sociale, ne saurait se réduire à invoquer l'article 1302-1 du code civil dès lors que sa demande initiale l'informait de ses revenus, et, enfin, que la caisse d'allocations familiales a commis une erreur de droit et d'appréciation en s'abstenant d'examiner les réalité de sa situation, M. B ne critique pas sérieusement le bien-fondé de cet indu.

Sur la demande de remise gracieuse :

10. M. B, dont il résulte de l'instruction qu'il n'a jamais présenté de demande de remise gracieuse à l'administration, ne saurait utilement invoquer, dans le contentieux de l'opposition à contrainte, des arguments gracieux tendant à ce que le juge examine si une remise gracieuse totale ou partielle de cette dette est susceptible de lui être accordée.

11. Il résulte de ce qui précède que, eu égard au bien-fondé de la contrainte émise à l'encontre de M. B, les conclusions à fin de décharge présentées par ce dernier doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

12. Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être que rejetée dès lors que la CAF de de la Corse-du-Sud n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 juin 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

P. MONNIERLa greffière,

Signé

H. MANNONI

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. MANNONI

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions