lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2301046 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 août 2023, M. D B demande au tribunal :
1°) de condamner Pôle Emploi à verser les allocations dues à son épouse, Mme A E, alias C ;
2°) d'enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de délivrer à Mme E une carte de séjour valable pour une durée minimale de cinq ans ;
3°) de condamner l'Etat au paiement d'indemnités.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. " Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Les parties peuvent également se faire représenter : 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 () ".
2. La requête tend à la condamnation de l'Etat et de Pôle Emploi à verser des sommes d'argent à son épouse, Mme E, et à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Corse-du-Sud de délivrer à celle-ci un titre de séjour. Il résulte des dispositions citées au point précédent que Mme E ne peut être représentée que par un avocat ou par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. En l'absence de dispositions dérogatoires, un époux n'a pas qualité pour représenter sa conjointe devant la juridiction administrative. Ainsi, M. B ne justifie pas d'un intérêt lui conférant qualité, pour porter, devant le juge administratif, les litiges qui opposent son épouse à l'administration. En outre, les dispositions de l'article R. 431-5 du code de justice administrative n'autorise pas une partie à se faire représenter par un mandataire autre que l'un de ceux mentionnés à l'article R. 431-2 du même code. M. B, qui n'est pas au nombre des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2, ne peut donc pas représenter son épouse devant le tribunal. Ainsi, la production, en réponse à la demande de régularisation qui lui a été adressée le 31 août 2023, et dont le requérant a accusé réception le même jour, d'un mandat délivré par Mme E à son époux ne peut pas régulariser la requête. Il suit de là que celle-ci est entachée d'une irrecevabilité manifeste.
3. La requête tend notamment à la condamnation de l'Etat au paiement d'une somme d'argent. Une telle demande n'est pas dispensée de l'obligation de ministère d'avocat par les dispositions de l'article R. 431-3 du code de justice administrative. La requête n'a pas été régularisée dans le délai de quinze jours imparti, en dépit de la demande que le greffe a mis à disposition dans l'application Telerecours le 31 août 2023 et dont il a été accusé réception le même jour. Ces conclusions sont dès lors et au demeurant entachées d'une autre irrecevabilité manifeste.
4. Au surplus, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans le délai de deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Enfin aux termes de l'article R. 421-2 de ce code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête () ".
5. La requête, qui tend notamment au paiement d'une somme d'argent par Pôle Emploi et par l'Etat, n'est accompagnée ni des décisions prises sur des demandes indemnitaires préalables, ni des pièces justifiant de la date du dépôt de ces demandes. Les pièces produites par le requérant en réponse à la demande de régularisation envoyée par le greffe du tribunal, non plus qu'aucune autre des pièces du dossier, ne justifient d'une liaison préalable du contentieux indemnitaire. Dans ces conditions, les conclusions tendant à la condamnation de l'Etat et de Pôle Emploi au paiement de sommes d'argent ne sont en tout état de cause pas recevables.
6. Enfin, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
7. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal d'adresser des injonctions à l'administration. La requête ne contient aucune conclusion à fin d'annulation d'une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour. Les conclusions, présentées à titre principal, tendant à ce que le tribunal enjoigne au préfet de la Corse-du-Sud de délivrer à Mme E une carte de séjour, n'entrent pas dans le champ des prévisions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. Elles ne sont dès lors pas recevables.
8. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (). "
9. Il résulte de ce tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue par les dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.
Fait à Bastia, le 24 juin 2024.
Le président du tribunal,
Signé
T. VANHULLEBUS
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026