mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2301129 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 août 2023 par lequel le préfet de l'Aveyron a suspendu pour une durée de trois mois la validité de son permis de conduire.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- il n'est pas justifié de ce que le signataire de l'arrêté attaqué disposait à cet effet d'une délégation régulièrement publiée ;
- la suspension n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire et il n'a pas été mis en mesure de se faire assister ou représenter, alors qu'il n'y avait pas de situation d'urgence ;
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;
- l'arrêté ne permet pas au tribunal de vérifier le respect des dispositions des articles L. 224-2, alinéa 3, R. 413-2 et R. 413-3 du code de la route ;
- la mesure de suspension est disproportionnée au regard de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2301081 tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 août 2023 du préfet de l'Aveyron ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir présenté son rapport au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 août 2023 par lequel le préfet de l'Aveyron a suspendu pour une durée de trois mois la validité de son permis de conduire à la suite d'une infraction au code de la route commise le 16 août 2023 par dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée. M. B fait valoir que cette décision préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle, eu égard à ses fonctions de dirigeant d'un bureau d'études techniques nécessitant de nombreux déplacements pour les besoins de chantiers de panneaux photovoltaïques sur tout le territoire de France métropolitaine. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment du relevé d'informations intégral produit par le préfet de l'Aveyron, que le requérant s'est rendu coupable de plusieurs autres importants excès de vitesse, notamment les 17 août 2022 et 2 mars 2023. Dans ces conditions et compte tenu de la gravité des infractions et des exigences de protection et de sécurité routière, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie. Il en résulte que la demande de suspension doit être rejetée.
ORDONNE
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet de l'Aveyron.
Fait à Bastia, le 3 octobre 2023.
Le juge des référés,
Signé
T. VANHULLEBUS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
H. NICAISE
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