lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2301479 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CAPOROSSI-POLETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 novembre 2023, le 24 janvier 2024, le 16 février 2024, le 15 mars 2024 et le 4 avril 2024, la SNC Vendasi, représentée par Me Caporossi-Poletti, demande au juge des référés du tribunal :
1°) de condamner la commune de San Martino di Lota, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser, à titre de provision, la somme de 129 966,50 euros TTC, augmentée des intérêts moratoires à compter du 7 août 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de San Martino di Lota la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a qualité pour représenter le groupement constitué avec la SARL Antoniotti et dont elle est le mandataire ;
- l'obligation de la commune, qui résulte du décompte général et définitif né tacitement en l'absence de notification d'un projet de décompte général par le pouvoir adjudicateur, n'est pas sérieusement contestable ;
- la commune ne peut pas se prévaloir d'une absence de notification du décompte général au moyen de la plateforme numérique Chorus Pro faute de l'avoir invitée à le transmettre par le portail de facturation électronique, conformément aux prescriptions de l'article R. 2192-3 du code de la commande publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 janvier 2024, le 5 février 2024, les 4 et 25 mars 2024, la commune de San Martino di Lota, représentée par la SCP Amiel-Susini, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement d'une somme de 3 500 euros soit mis à la charge de la SNC Vendasi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société requérante n'est pas habilitée à agir au nom du groupement ;
- il n'existe pas de décompte général définitif tacite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de San Martino di Lota a conclu, le 21 mars 2019, avec la SNC Vendasi, mandataire, et la SARL Antoniotti, cotraitante, un marché pour la réalisation de travaux de mise en sécurité et en conformité des accès piétonniers et de réaménagement du parc de stationnement de l'école de Pietranera. Le cabinet Blasini, maître d'œuvre, a établi, le 18 juin 2021, un procès-verbal des opérations préalables à la réception des ouvrages proposant au maître de l'ouvrage de prononcer la réception sans réserve des travaux à la date du 11 juin 2021, en dépit de la circonstance qu'il restait à faire et à valider les essais de l'installation électrique. Le maître de l'ouvrage n'a pas signé ce procès-verbal de réception. La SNC Vendasi a adressé au maître d'œuvre, le 26 juillet 2021, un projet de décompte et une réclamation. La commune a transmis à cette société, par un courrier du 9 octobre 2023, un décompte général définitif du marché ainsi que le procès-verbal de réception avec réserves. La SNC Vendasi a également transmis un mémoire en réclamation au maître d'œuvre et à la commune qui l'ont reçu respectivement les 6 et 7 novembre 2023. La SNC Vendasi demande au juge des référés du tribunal de condamner la commune de San Martino di Lota, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser, à titre de provision, la somme de 129 966,50 euros TTC, augmentée des intérêts moratoires à compter du 7 août 2021.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. Il ne résulte pas de l'instruction que le représentant du pouvoir adjudicateur aurait notifié au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2 du cahier des clauses administratives générales (CCAG), applicable au marché. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que la SNC Vendasi aurait notifié au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé, composé du projet de décompte final, du projet d'état du solde hors révision de prix définitive, établi à partir du projet de décompte final et du dernier projet de décompte mensuel, faisant ressortir les éléments définis à l'article 13.2.1 du CCAG pour les acomptes mensuels et du projet de récapitulation des acomptes mensuels et du solde hors révision de prix définitive. Le délai de dix jours prévu à l'article 13.4.4 n'ayant pas commencé à courir, le projet de décompte général transmis par la société requérante n'a pu devenir le décompte général et définitif. Ainsi, en l'état de l'instruction devant le juge des référés, l'existence de l'obligation dont se prévaut la SNC Vendasi ne peut pas être regardée comme n'étant pas sérieusement contestable.
4. Il résulte de ce qui a été indiqué au point précédent que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de San Martino di Lota, la requête de la SNC Vendasi doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SNC Vendasi une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de San Martino di Lota et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : La requête de la SNC Vendasi est rejetée.
Article 2 : La SNC Vendasi versera à la commune de San Martino di Lota une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SNC Vendasi et à la commune de San Martino di Lota.
Fait à Bastia, le 24 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. VANHULLEBUS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
N°2301479
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026