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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400718

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400718

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400718
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia a été saisi par M. A d’une demande de décharge de cotisations de taxe foncière pour les années 2020 à 2024. L’administration fiscale ayant prononcé un dégrèvement pour les années 2020 à 2023, le tribunal constate un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Concernant l’année 2024, la requête est jugée prématurée et irrecevable, car introduite avant l’expiration du délai de six mois laissé à l’administration pour statuer sur la réclamation préalable, en application des articles R. 198-10 et R. 199-1 du livre des procédures fiscales. Les conclusions relatives aux frais de justice sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, M. B A, représenté par Me Armani, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière mises à sa charge au titre des années 2023 et 2024 dans les rôles de la commune de Pietrosella ;

2°) de condamner l'Etat à lui rembourser la somme de 7 745 euros au titre des taxes foncières des années 2020 à 2023 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse, conclut au non-lieu à statuer à hauteur des sommes de 2 327 euros au titre de l'année 2020, 2 3469 euros au titre de l'année 2021, 2 436 euros au titre de l'année 2022 et 2 933 euros au titre de l'année 2023 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° constater qu'il n'y a pas lieu à statuer sur une requête () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ".

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par décision en date du 7 août 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement de la somme de 10 045 euros au titre des cotisations foncières des années 2020, 2021, 2022 et 2023. Par suite, les conclusions au titre des cotisations de taxe foncière des années 2020, 2021, 2022 et 2023 sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. En deuxième lieu, l'article L. 199 du livre des procédures fiscales dispose notamment que " les décisions rendues par l'administration sur les réclamations contentieuses et qui ne donnent pas entière satisfaction aux intéressés peuvent être portées devant le tribunal administratif ". L'article R. 190-1 du même livre prévoit que le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service compétent de la direction générale des finances publiques. Selon l'article R. 198-10, cette direction statue sur les réclamations dans le délai de six mois suivant la date de leur présentation. Enfin, aux termes de l'article R. 199-1 : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation, que cette notification soit faite avant ou après l'expiration du délai de six mois prévu à l'article R. 198-10. / Toutefois, le contribuable qui n'a pas reçu la décision de l'administration dans un délai de six mois mentionné au premier alinéa peut saisir le tribunal dès l'expiration de ce délai ".

4. Il ressort des pièces jointes à la requête que M. A a saisi les services fiscaux le 7 mars 2024 d'une réclamation tendant à la décharge de la taxe foncière établie au titre de l'année 2024. La requête de M. A a été enregistrée le 10 juin 2024, avant l'expiration du délai de six mois prévu par les dispositions de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales. Ce délai n'est à ce jour pas expiré. Il ne résulte pas de l'instruction qu'une décision aurait été rendue par le service sur la réclamation contentieuse de la contribuable. Dès lors, le surplus des conclusions de la requête est prématuré et n'est, par suite, pas recevable. Il y a donc lieu de le rejeter selon la procédure prévue par les dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. En troisième et dernier lieu, il y a lieu de rejeter les conclusions du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête au titre des cotisations de taxe foncière des années 2020, 2021, 2022 et 2023.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.

Fait à Bastia, le 30 août 2024.

Le président de la 2ème chambre,

P. MONNIER.

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique e, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. ALFONSI

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