vendredi 23 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400728 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | BARRATIER ANNE CHRISTINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 juin 2024 et 17 février 2025, Mme C A, représentée par Me Recchi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 mai 2024 par laquelle le président exécutif de la collectivité de Corse a confirmé la décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 16 112,79 euros pour la période du 1er octobre 2020 au 30 septembre 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la collectivité de Corse la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 30 mai 2024 ne mentionne pas l'obligation de saisir la collectivité de Corse d'un recours administratif préalable avant la saisine du tribunal, en méconnaissance de l'article L. 412-3 du code des relations entre le public et l'administration ; elle a formé ce recours le 7 février 2025 et il a été réceptionné le 10 février suivant ;
- la décision contestée est entachée d'incompétence de son signataire et l'arrêté n°2021-22018 du 4 janvier 2022 qui confère à Mme D B une délégation permanente en qualité de cheffe de mission " pilotage de l'allocation et des relations partenariales " au sein de la direction de l'insertion et du logement ne lui permet pas davantage de signer la décision attaquée dès lors que cet arrêté fixe des limites précises à cette délégation ;
- elle est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle comporte les mentions " C Denis ", nom qu'elle ne porte plus depuis son divorce ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et de fait dès lors que la SCI Marevo n'a réalisé aucun bénéfice et qu'ainsi la caisse d'allocations familiales de la Haute-Corse ne pouvait intégrer les revenus locatifs perçus par la société au montant de ses ressources.
Par des mémoires enregistrés les 2 août 2024 et 17 mars 2025, le président du conseil exécutif de Corse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requérante n'a pas procédé au recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions combinées des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative et L. 262-47 et R. 262-38 du code de l'action sociale et des familles, dans le délai deux mois ; les voies et délais de recours étaient effectivement mentionnées dans la décision attaquée qui a été portée à la connaissance de la requérante le 7 juin 2024 et par suite, son recours administratif préalable obligatoire formé le 7 février 2025 et reçu le 10 février suivant, l'a été au-delà du délai de deux mois ;
- en tout état de cause, aucun des moyens n'est fondé ;
- elle ne peut donc se prévaloir de sa bonne foi pour contester l'absence de remise partielle ou totale de son indu.
Par un mémoire enregistré le 24 mars 2025, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Corse, représentée par Me Barratier conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de cette audience publique :
- le rapport de Mme Baux,
- les observations de Me Ottaviani, représentant la caisse d'allocations familiales de la Haute-Corse.
Considérant ce qui suit :
1. Bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA), Mme A s'est vue notifier par un courrier du 30 mai 2024, une décision de récupération d'un indu d'un montant de 16 112,79 euros, pour la période du 1er octobre 2020 au 30 septembre 2023, du fait de la prise en compte des loyers perçus par la société civile immobilière Maraveo dont elle est la gérante majoritaire. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 30 mai 2024 par laquelle le président du conseil exécutif de Corse a rejeté sa demande de remise de dette de revenu de solidarité active.
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. ().". Et aux termes de l'article R. 262-88 du même code : "Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Il motive sa réclamation. / ().". L'institution, par ces dispositions, d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. Il résulte de l'instruction, que Mme A n'a formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions citées au point précédent, à l'encontre de la décision attaquée en date du 30 mai 2024 par laquelle le président exécutif de la collectivité de Corse a confirmé la décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active, qui portait mention des voies et délais de recours et qui a été portée à sa connaissance, le 7 juin 2024, que le 7 février 2025, celui-ci ayant été réceptionné par l'administration, le 10 février suivant, soit postérieurement à l'introduction de sa requête devant le tribunal, sans que le caractère prématuré de celle-ci ait pu être couvert par le rejet dudit recours administratif. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge par la décision du 30 mai 2024 qui sont irrecevables ne peuvent qu'être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la collectivité de Corse.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Corse.
Rendu public par mise à disposition au greffe 23 le mai 2025.
La présidente
Signé
A. Baux
La greffière,
Signé
H. Mannoni
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
R. Alfonsi
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026