jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400738 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion sans délai de M. A C et de l'EURL " C " du domaine public maritime, lieudit Pinarello, à Zonza ;
2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte au moins égale à 2 000 euros par jour de retard à la charge de M. C et d'une astreinte du même montant à la charge de l'EURL " C " ;
3°) d'autoriser l'Etat à procéder d'office à l'expulsion des occupants sans titre dans le cas où le domaine public n'aurait pas été libéré.
Le préfet soutient que :
- M. C et l'EURL " C ", dont M. C est le gérant, occupent sans autorisation le domaine public maritime où ils ont installé un restaurant démontable et les différents aménagements y afférents, notamment un espace toilette, pour une emprise totale de 201 m² ;
- il y a urgence à procéder à leur expulsion pour permettre l'usage libre et gratuit de la plage, particulièrement utile en période estivale.
La requête a été communiquée à M. C et à l'EURL " C " qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative ;
Vu la décision de la présidente du tribunal désignant M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 juillet 2024, à 10h30, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée :
- le rapport de M. Pierre Monnier, vice-président ;
- et les observations de M. B, représentant le préfet de la Corse-du-Sud.
Considérant ce qui suit :
1. Un contrôleur assermenté a constaté le 4 juin 2024 l'occupation, sans autorisation, par une terrasse de restauration démontable, une terrasse de restauration sur sable, un stockage sur sable et un espace toilette, pour une emprise de 201 m², de la plage de Pinarello, sur le territoire de la commune de Zonza. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion sans délai de M. C et de l'EURL " C " du domaine public maritime.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes du I de l'article L. 2124-4 du même code : " L'accès des piétons aux plages et leur usage libre et gratuit par le public sont régis par les dispositions de l'article L. 321-9 du code de l'environnement ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 321-9 du code de l'environnement : " L'accès des piétons aux plages est libre sauf si des motifs justifiés par des raisons de sécurité, de défense nationale ou de protection de l'environnement nécessitent des dispositions particulières. / L'usage libre et gratuit par le public constitue la destination fondamentale des plages au même titre que leur affectation aux activités de pêche et de cultures marines ".
4. Il résulte de l'instruction, notamment du constat effectué le 4 juin 2024 par un contrôleur assermenté, ainsi que des photographies qui y sont annexées, que M. C et l'EURL " C ", dont il est le gérant, ont installé une terrasse de restauration démontable, une terrasse de restauration sur sable, un stockage sur sable et un espace toilette sur la plage de Pinarello, sur le territoire de la commune de Zonza. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la présente ordonnance, aucune autorisation n'a été délivrée par le préfet de la Corse-du-Sud à M. C et l'EURL " C " qui occupent ainsi sans titre le domaine public maritime pour une emprise totale de 201 m².
5. D'une part, le rétablissement du libre accès des piétons aux plages et du libre et gratuit usage de celles-ci prévus à l'article L. 321-9 du code de l'environnement établit, tout particulièrement en période estivale, l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. D'autre part, il résulte de l'instruction que les installations en cause sont implantées au sein de l'espace remarquable et caractéristique référencé 2A80 par le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse, de la zone spéciale de conservation " Natura 2000 " FR9400606 instituée par arrêté ministériel du 25 mars 2011 et qu'il porte atteinte à la vocation naturelle que le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse confère à la plage de Pinarello. Pour ces motifs, l'expulsion de M. C et de l'EURL " C " de l'emplacement occupé sans autorisation sur la plage de Pinarello à Zonza présente un caractère utile et urgent.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion sans délai de M. C et de l'EURL " C " de l'emplacement qu'ils occupent sans autorisation sur la plage de Pinarello à Zonza et le retrait des ouvrages s'y trouvant, avec au besoin l'assistance de la force publique.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir l'injonction prononcée au point précédent d'une astreinte, d'une part, à M. C, en son nom personnel et en sa qualité de gérant de l'EURL " C ", et, d'autre part, à l'EURL " C " elle-même, d'un montant de 2 500 euros chacun, par jour de retard à compter de la notification par tout moyen de la présente ordonnance aux intéressés.
ORDONNE
Article 1er : Il est enjoint à M. C et à l'EURL " C " d'évacuer sans délai l'emplacement qu'ils occupent sans autorisation sur la plage de Pinarello à Zonza et de retirer les ouvrages qu'ils y ont installés.
Article 2 : L'injonction prononcée à l'article 1er est assortie d'une astreinte de 2 500 euros par jour de retard chacun, à la charge de M. C et de l'EURL " C ", à compter de la notification qui leur sera faite, par tout moyen, de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat pourra procéder d'office à l'enlèvement des ouvrages de M. C et de l'EURL " C " dans le cas où ceux-ci n'y auraient pas procédé.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à M. A C et à l'EURL " C ".
Copie en sera transmise au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
Fait à Bastia, le 4 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. MONNIER
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026