jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400746 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 17 juin 2024, enregistrée le jour même au greffe du tribunal, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal de Bastia, en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, la requête par laquelle le préfet de la Haute-Corse demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 159 du code électoral, de prononcer l'irrecevabilité de la candidature de M. A C au premier tour des élections législatives prévu le 30 juin 2024 dans la 1ère circonscription de la Haute-Corse.
Le préfet soutient que M. C n'a pas fourni l'attestation d'un bulletin n° 3 du casier judiciaire délivré depuis moins de trois mois accompagnant une pièce d'identité alors qu'il ne justifie pas de son inscription sur les listes électorales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- les conclusions de M. Jan Martin, rapporteur public ;
- et les observations de M. D, représentant le préfet de la Haute-Corse.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 2 du code électoral : " Sont électeurs les Françaises et Français âgés de dix-huit ans accomplis, jouissant de leurs droits civils et politiques et n'étant dans aucun cas d'incapacité prévu par la loi ". Aux termes de l'article LO. 127 du même code : " Toute personne qui, à la date du premier tour de scrutin, remplit les conditions pour être électeur et n'entre dans aucun des cas d'inéligibilité prévus par le présent livre peut être élue à l'Assemblée nationale ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 154 du code électoral : " Les candidats sont tenus de faire une déclaration revêtue de leur signature, énonçant leurs nom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, domicile et profession. / A cette déclaration sont jointes une copie du justificatif d'identité du candidat et les pièces de nature à prouver qu'il possède la qualité d'électeur () ". Aux termes de l'article L. 157 du même code : " Les déclarations de candidatures doivent être déposées, en double exemplaire, à la préfecture au plus tard à 18 heures le quatrième vendredi précédant le jour du scrutin. / La déclaration de candidature est remise personnellement par le candidat ou son suppléant. / Un reçu provisoire de déclaration est donné au déposant ". Aux termes de l'article L. 159 de ce code : " Si une déclaration de candidature ne remplit pas les conditions prévues aux articles précédents, le préfet saisit dans les vingt-quatre heures le tribunal administratif qui statue dans les trois jours. La décision du tribunal ne peut être contestée que devant le conseil constitutionnel saisi de l'élection ". Enfin, l'article R. 99 dudit code précise : " I. - La déclaration de candidature est rédigée sur un imprimé. L'acceptation du remplaçant est rédigée sur papier libre./ Elles sont accompagnées, pour le candidat et le remplaçant, d'une attestation d'inscription sur une liste électorale comportant les nom, prénoms, date de naissance, sexe et lieu de vote de l'intéressé, délivrée par le maire de la commune d'inscription ou générée par la télé-procédure mentionnée à l'article 5 du décret n° 2018-343 du 9 mai 2018 dans les trente jours précédant le dépôt de la candidature, ou d'une copie de la décision de justice ordonnant l'inscription de l'intéressé, ou, à défaut, d'un certificat de nationalité ou de la carte nationale d'identité en cours de validité et un bulletin n° 3 du casier judiciaire délivré depuis moins de trois mois () ".
3. M. C a déposé le 16 juin 2024 un dossier de candidature au premier tour des élections législatives du 30 juin 2024 dans la 1ère circonscription du département de la Haute-Corse. Pour estimer que ce dossier présentait un caractère incomplet et saisir la juridiction administrative afin de le déclarer irrecevable, le préfet de la Haute-Corse s'est fondé sur la circonstance que ce dossier ne comportait aucun élément de nature à établir sa qualité d'électeur.
4. Toutefois, l'absence de production d'une attestation régulière de son inscription sur les listes électorales par un candidat lors du dépôt de sa candidature n'implique pas, par elle-même, que l'intéressé n'ait pas la qualité d'électeur, telle qu'elle est définie par l'article L. 2 précité du code électoral et ne lui interdit pas de justifier de cette qualité devant le tribunal administratif chargé de statuer sur la régularité de la candidature sur saisine du préfet, notamment par la production d'une attestation d'inscription régulière.
5. M. C n'a pas produit son attestation d'inscription sur une liste électorale conformément aux dispositions de l'article R. 99 du code électoral, ni de décision de justice ordonnant l'inscription de l'intéressé sur une liste électorale, ni aucun des autres documents prévus à cet article susceptibles d'établir qu'il devait être inscrit sur une liste électorale. Dans ces conditions, la candidature de M. C doit être déclarée irrecevable.
D E C I D E :
Article 1er : La candidature de M. C au siège de député de la 1ère circonscription de la Haute-Corse est déclarée irrecevable.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. A C et à Mme E B, sa remplaçante.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024 à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
Mme Pauline Muller, conseillère ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MONNIER
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
P. MULLER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026