mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400778 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure antérieure :
Par le jugement n° 1701310 et n° 1701311 du 18 avril 2019, le tribunal administratif de Bastia a enjoint au maire de Lucciana de rétablir la libre circulation sur la route conduisant aux parcelles cadastrées section AA n°s 55 et 61 dans un délai de six mois suivant la notification de ce jugement.
Par le jugement n° 2301170 du 14 mars 2024, le tribunal administratif de Bastia, après avoir constaté que le maire de Lucciana n'avait pas pris les mesures propres à assurer l'exécution du jugement du 18 avril 2019, a prononcé à l'encontre de la commune de Lucciana une astreinte de 100 euros par jour, à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification de ce jugement.
Procédure devant le tribunal :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, M. A B, représenté par Me Poletti, demande au tribunal :
1°) de liquider l'astreinte prévue par le jugement du 14 mars 2024 ;
2°) de porter le taux de l'astreinte en cas d'inexécution du jugement du 14 mars 2024 au montant de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lucciana une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que la commune de Lucciana n'a toujours pas exécuté le jugement du 18 avril 2019, ce qui lui porte préjudice.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal de liquider l'astreinte prévue par le jugement du 14 mars 2024 et de porter le montant de l'astreinte à 500 euros par jour.
Sur la liquidation de l'astreinte en exécution du jugement du 14 mars 2024 :
2. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée (). Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ". Selon l'article L. 911-8 du même code : " La juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant. Cette part est affectée au budget de l'Etat ".
3. Par un jugement du 14 mars 2024, le tribunal a prononcé une astreinte à l'encontre de la commune de Lucciana si elle ne justifiait pas avoir, dans le mois suivant la notification de ce jugement, procédé, ainsi qu'il avait été enjoint à son maire par le jugement n° 1701310 et n° 1701311 du 18 avril 2019, de rétablir la libre circulation sur la route conduisant aux parcelles cadastrées AA n° 55 et 61. Le jugement du 14 mars 2024 a fixé le taux de cette astreinte à 100 euros par jour de retard, à défaut pour la commune de justifier de cette exécution dans un délai d'un mois suivant sa notification. Il résulte de l'instruction que ce jugement a été notifié le 15 mars 2024 à la commune de Lucciana.
4. M. B soutient, sans être contesté, que la commune de Lucciana n'a toujours pas rétabli la libre circulation sur la route conduisant aux parcelles cadastrées AA n° 55 et 61. Il y a lieu, en conséquence, de procéder, pour la période du 16 avril au 17 septembre 2024 inclus, à la liquidation de l'astreinte au taux de 100 euros par jour, pour un montant de 15 400 euros et de condamner la commune de Lucciana à verser une somme de 7 700 euros à l'Etat et une somme de 7 700 euros à M. B.
Sur la fixation du taux de l'astreinte :
5. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le taux de l'astreinte journalière prononcée à l'encontre de la commune de Lucciana en vue d'assurer l'exécution du jugement du 14 mars 2024 a été fixé initialement à 100 euros. Il y a lieu, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et notamment du mauvais vouloir persistant opposé par la commune de Lucciana à l'exécution du jugement du 18 avril 2019, de porter le taux de l'astreinte à 200 euros par jour à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Lucciana une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Lucciana est condamnée à verser, au titre de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, la somme de 7 700 euros à l'Etat et de 7 700 euros à M. B.
Article 2 : Le taux de l'astreinte prononcée à l'encontre de la commune de Lucciana par le jugement n° 2301170 du 14 mars 2024 est porté à 200 euros par jour à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Lucciana versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Lucciana et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
En application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative, copie en sera adressée au ministère public près la Cour des comptes.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MONNIER
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
J. MARTINLa greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Mannoni
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026