mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400795 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 2 juillet 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'annuler les décisions relatives à ses droits au revenu de solidarité active prises par la collectivité de Corse et la mutualité sociale agricole (MSA) ;
2°) d'enjoindre à la collectivité de Corse et à la MSA de régulariser sa situation administrative au regard de ses droits au versement du revenu de solidarité active pour la période courant du 14 février 2022 jusqu'à la date d'introduction de la présente requête ;
3°) d'enjoindre à la collectivité de Corse et à la MSA de procéder à l'examen de sa demande de versement d'une aide personnalisée au logement ;
4°) d'ordonner que l'ordonnance sera exécutoire aussitôt qu'elle aura été rendue en application des dispositions de l'article R. 522-13 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est illégalement privé de ressources depuis plusieurs mois et que cette circonstance a pour conséquence de l'obliger à être domicilié au centre communal d'action sociale de la commune d'Aléria ;
- la décision par laquelle la collectivité de Corse a suspendu ses droits au revenu de solidarité active (RSA) est illégale dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation prenant en compte la circonstance que sa femme et sa fille sont restées en Russie durant plusieurs mois en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19 puis au conflit entre la Russie et l'Ukraine ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article R. 262-68 du code de l'action sociale et des familles ;
- cette décision est fondée sur une altération frauduleuse de la réalité, pénalement sanctionnée, reposant sur le motif erroné que son épouse ne s'est pas inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi ;
- cette décision méconnaît les dispositions des articles L. 115-1, L. 262-2, L. 262-12, L. 262-37 et R. 262-68 du code de l'action sociale et des familles ;
- la collectivité de Corse et la MSA sont auteurs de manquements à leur devoir de lutte contre la pauvreté, d'information et d'obligation de mise en place d'un accompagnement personnalisé pour lutter contre le non-recours aux droits et prestations ;
- ces carences ont pour conséquence de porter atteinte à son " droit à une vie décente ", à son " droit à l'alimentation " et à sa liberté d'entreprendre.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sadat, conseillère, pour statuer en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
2. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. "
4. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 13 avril 2023, la MSA a rappelé au requérant qu'elle était en charge du versement de son RSA depuis le 1er février 2022. Ce courrier a été l'occasion pour l'organisme de protection sociale de lui rappeler les régularisations auxquelles il avait procédé pour la période courant du 1er février 2022 au 30 avril 2022, de préciser qu'il n'avait pu lui verser cette allocation entre le 1er mai 2022 et le 31 juillet 2022 en l'absence de production de déclarations de ressources, d'indiquer qu'il avait pris en compte la circonstance que son épouse et son enfant étaient " bloquées en Russie ". Par ce courrier, la MSA a également invité l'intéressé à produire ses déclarations de revenus. Si M. B soutient que le versement de son RSA est illégalement suspendu depuis le 18 octobre 2023, il ne justifie pas avoir effectué les démarches nécessaires pour bénéficier de ce revenu, ou avoir contesté cette absence de versement avant le 3 avril 2024, date à laquelle il a adressé une " demande de régularisation de son RSA et de son APL" à cet organisme. Il résulte également de l'instruction que M. B ne se trouve pas dans une situation d'impécuniosité telle qu'elle nécessite l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures dès lors qu'il perçoit une rente trimestrielle d'environ 1 700 euros en réparation des conséquences d'un accident du travail dont il a été victime, qu'il a été en mesure de faire le déplacement en voiture pour aller chercher son épouse dans le Nord de la Russie en août 2023 afin de lui permettre de revenir en France au mois de septembre 2023, et que cette dernière a ensuite travaillé dans le cadre de contrats à durée déterminée successifs au sein de trois EHPAD entre le 7 novembre 2023 et le 28 mai 2024 avant d'être placée en congé de maladie suite à un accident de travail au titre duquel elle a " été prise en charge " par la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse, de sorte que le foyer du requérant ne se trouve pas totalement dépourvu de ressources. Au surplus, l'intéressé ne produit aucun justificatif relatif à la demande d'aide personnalisée au logement qu'il soutient avoir présentée. Enfin, il ressort des pièces du dossier que tant les courriels adressés à la collectivité de Corse que ceux adressés à la MSA ont reçu des réponses. Dans ces conditions, le requérant ne justifie pas se trouver dans une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation, la requête de M. B doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 précité.
ORDONNE
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Bastia, le 3 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
N. SADAT
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026