vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400815 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5, le 19 et le 24 juillet 2024, la SAS Corsica Ferries, représentée par Me Ayache, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 26 juin 2024 de la directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de la Haute-Corse en tant qu'elle lui a enjoint de publier sur son site internet, pendant un mois, un communiqué relatif à l'amende de 48 000 euros prononcée à son encontre et qu'elle prévoit la publication de ce même communiqué sur le site internet de la DGCCRF avec mention sur ses pages Instagram, X et Facebook, ainsi que sur le site de la préfecture de la Haute-Corse pendant une durée de 30 jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la publication du communiqué imposé par l'administration va porter une atteinte grave, immédiate et irrémédiable à sa réputation et à son image ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, aux motifs que l'article L. 4271-2 du code des transports qui a servi de base légale au prononcé de l'amende n'est pas applicable, que la sanction de publication est dépourvue de base légale, que la procédure préalable au prononcé de l'amende est entachée d'une irrégularité, que la matérialité des manquements qui lui sont reprochés n'est pas établie, et que la sanction de publication est disproportionnée, d'une part, au regard de la gravité des manquements retenus et des circonstances de l'espèce, d'autre part, au regard de ses conséquences sur son activité.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 et le 23 juillet 2024, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, eu égard à la prise en compte de la restauration du lien de confiance entre la clientèle et le transporteur ;
- aucun des moyens soulevés par la SAS Corsica Ferries n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, alors que l'amende administrative aurait pu légalement être fondée sur l'article L. 5421-13 du code des transports.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2400814 tendant à l'annulation de la décision du 26 juin 2024.
Vu :
- le code de la consommation ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Castany pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Castany, magistrate désignée,
- les observations de Me Ayache, représentant la société Corsica Ferries, qui reprend les mêmes conclusions et les mêmes moyens,
- et les observations de M. A et de Mme B, représentant le préfet de la Haute-Corse.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Corsica Ferries a fait l'objet d'une enquête, de mars à mai 2024, ayant pour objet le contrôle de l'application de l'article 19 du règlement (UE) 1177/2010 du Parlement et du Conseil du 24 novembre 2010 concernant les droits des passagers voyageant par mer. Cette enquête a donné lieu à l'établissement, le 21 mai 2024, d'un procès-verbal de constatation de manquement. Par lettre du 22 mai 2024, le constat de ces manquements et les sanctions envisagées ont été portés à la connaissance de la société Corsica Ferries qui a été invitée à présenter ses observations dans le délai d'un mois, en application de l'article L. 522-5 du code de la consommation. La société a présenté ses observations par courrier du 20 juin 2024. Par une décision du 26 juin 2024, la directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de la Haute-Corse a maintenu les sanctions envisagées et a prononcé à l'encontre de la SAS Corsica Ferries une amende de 48 000 euros pour quatre manquements au respect des droits des passagers, a ordonné la publication sur son site internet, pendant un mois, d'un communiqué relatif à cette amende et l'a informé qu'elle procéderait à la publication de ce même communiqué sur le site internet de la DGCCRF avec mention sur ses pages Instagram, X et Facebook, ainsi que sur le site de la préfecture de la Haute-Corse pendant une durée de 30 jours. La SAS Corsica Ferries demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision en tant qu'elle concerne les mesures de publicité de l'amende prise à son encontre.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision du 26 juin 2024 en tant qu'elle concerne les mesures de publicité de l'amende prise à l'encontre de la société Corsica Ferries ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Corsica Ferries est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Corsica Ferries et au préfet de la Haute-Corse.
Fait à Bastia, le 26 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Castany
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
La greffière,
H. Mannoni
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026