mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401057 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LUCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 août 2024, la commune de Sari-Solenzara, représentée par Me Machart, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert afin de déterminer l'origine et la cause des désordres qui affectent la station d'avitaillement du port de plaisance à la suite des travaux de réhabilitation engagés en 2020.
Elle soutient que :
- après avoir fait procédé à des travaux de réhabilitation de la station d'avitaillement du port de plaisance, des désordres sont apparus ;
- une mesure d'expertise est utile en vue de faire constater l'ensemble des désordres, d'en déterminer les causes ainsi que les moyens d'y remédier.
Par des mémoires en défense, enregistré le 6 et le 16 septembre 2024, la SAS Iming services, représentée par Me Savelli, déclare qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, la SAS Gualtieri Electricité conclut à sa mise en hors de cause.
Elle soutient qu'elle n'est pas concernée par les désordres relevés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, la SASU Henri Ferrandi, représentée par Me Luca, conclut, à titre principal, à sa mise en hors de cause et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de la commune de Sari-Solenzara au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, à ce qu'elle entend formuler les protestations et réserves d'usage concernant la mesure d'expertise sollicitée.
Elle soutient qu'en sa qualité d'exploitante de la station d'avitaillement, elle n'a pas participé aux travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2024, la SAS Alba Travaux Publics conclut à sa mise en hors de cause.
Elle soutient qu'elle n'est pas concernée par les dysfonctionnements litigieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, la société Tokheim services France, la société Allianz France et la société Allianz Global Corporate et Speciality SE (AGCS), représentées par Me Briand, concluent, à titre principal, à la mise hors de cause de la société Allianz France, à ce que soit admise l'intervention de la société Allianz Global Corporate et Speciality SE (AGCS) en sa qualité d'assureur de la société Tokheim Services, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la commune de Sari-Solenzara au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, à ce qu'elles entendent formuler les protestations et réserves d'usage concernant la mesure d'expertise sollicitée.
Elles soutiennent que :
- la société Tokheim services France est assurée au titre de la responsabilité civile par la société Allianz Global Corporate et Speciality SE (AGCS) qui intervient à la procédure en lieu et place de la société Allianz France, laquelle doit être mise hors de cause ;
- la mesure d'expertise n'est pas justifiée.
La requête a été communiquée à la société Socotec construction qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Christine Castany, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Sari-Solenzara demande, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, la désignation d'un expert aux fins de constater les désordres qui affectent la station d'avitaillement du port de plaisance à la suite des travaux de réhabilitation qu'elle a engagés en 2020, d'en déterminer l'origine, les causes, les conséquences et de proposer les solutions permettant d'y remédier.
Sur l'intervention volontaire de la société Allianz Global Corporate et Speciality SE (AGCS) :
2. En sa qualité d'assureur responsabilité civile de la société Tokheim services France, la société Allianz Global Corporate et Speciality SE (AGCS) a intérêt à intervenir à l'instance. Son intervention est dès lors recevable.
Sur les demandes de mise hors de cause :
3. Peuvent être appelées en qualité de parties à une expertise, ordonnée sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise. En outre, le juge du référé peut appeler à l'expertise, en qualité de sachant, toute personne dont la présence est de nature à éclairer ses travaux. Par ailleurs, la mise en cause d'une partie dans une expertise, simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties.
4. En premier lieu, la mesure d'expertise sollicitée au contradictoire de la SAS Gualtieri Electricité et de la SAS Alba Travaux Publics n'apparaît pas dépourvue d'utilité à leur encontre, dès lors qu'elles ont participé aux travaux publics en cause. En tout état de cause, il appartiendra à l'expert, s'il l'estime pertinent, dès les investigations contradictoires réalisées lors de la première réunion d'expertise, de solliciter du juge des référés, en fournissant toute justification, la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire, comme de demander le cas échéant l'extension des opérations à d'autres parties, en application des dispositions de l'article R. 532-3 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions des SAS Gualtieri Electricité et SAS Alba Travaux Publics tendant à leur mise hors de cause doivent être rejetées.
5. En deuxième lieu, la société Allianz France soutient sans être contestée qu'elle n'est pas l'assureur de la société Tokheim services France. Par suite, il y a lieu de faire droit à ses conclusions tendant à sa mise hors de cause.
6. En troisième lieu, la SASU Henri Ferrandi demande sa mise hors de cause au motif qu'elle n'a pas participé aux travaux publics, étant seulement l'exploitante de la station d'avitaillement. Dès lors que la mesure d'expertise sollicitée par la commune de Sari-Solenzara vise à déterminer les causes et origines des désordres affectant la station d'avitaillement en vue d'engager la responsabilité d'un ou plusieurs constructeurs, la participation aux opérations d'expertise de SASU Henri Ferrandi, qui n'a pas la qualité de constructeur et dont la responsabilité ne peut être engagée sur ce fondement, est dépourvue d'utilité. Par suite, il y a lieu de faire droit à ses conclusions tendant à sa mise hors de cause.
Sur la demande d'expertise :
7. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
8. En l'état de l'instruction, la mesure d'expertise judiciaire demandée par la commune de Sari-Solenzara revêt un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de faire droit à la demande d'expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 3 de la présente ordonnance.
Sur les réserves exprimées :
9. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sari-Solenzara les sommes que demandent, d'une part, la SASU Henri Ferrandi, d'autre part, la société Tokheim services France, la société Allianz France et la société Allianz Global Corporate et Speciality SE (AGCS) au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de la société Allianz Global Corporate et Speciality SE (AGCS) est admise.
Article 2 : La société Allianz France et la SASU Henri Ferrandi sont mises hors de cause.
Article 3 : Mme A B, inscrite sur le tableau des experts auprès de la cour administrative d'appel de Marseille, demeurant 154 avenue de Cannes à Mandelieu (06210), est désignée avec pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents qu'elle estimera utiles au bon accomplissement de sa mission, convoquer et entendre les parties et tout sachant, préciser les liens contractuels unissant les parties ;
2°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis de tous les désordres en indiquant leur date d'apparition ;
3°) se prononcer sur les mesures conservatoires éventuellement nécessaires pour garantir la sécurité des usagers ;
4°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres, dire si les dommages sont dus à plusieurs causes, et dans cette hypothèse, fournir tous les éléments permettant d'apprécier dans quelles conditions ils sont imputables à chacune d'elles et d'évaluer les proportions relevant de chacune de ces causes ;
5°) fournir au tribunal, de manière générale, tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur un éventuel recours en responsabilité.
L'experte disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Elle pourra faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'experte accomplira la mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Elle ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre la commune de Sari-Solenzara, la société Iming Services, la SAS Gualtieri électricité, la SAS Alba Travaux Publics, la société Tokheim services France, la société Allianz Global Corporate et Specialy SE et la société Socotec construction. L'experte avertira les parties quatre jours au moins à l'avance par lettre recommandée des date, heure et lieu auxquels elle procèdera aux opérations d'expertise.
Article 5 : L'experte déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du tribunal dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance et le notifiera aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. L'experte justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance du président du tribunal.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Sari-Solenzara, à la société Iming Services, à la SAS Gualtieri électricité, à la SAS Alba Travaux Publics, à la société Tokheim services France, à la société Allianz Global Corporate et Specialy SE, à la société Allianz France, à la société Socotec construction, à la SAS Henri Ferrandi et à Mme A B, experte.
Fait à Bastia, le 30 octobre 2024.
La juge des référés
Signé
C. CASTANY
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026