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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2401182

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2401182

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2401182
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS TOMASI-VACCAREZZA-BRONZINI DE CARAFFA-TABOUREAU-GENUINI-LUISI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024, la commune de Luri, représentée par Me Costa Sigrist, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :

1°) de désigner un expert à l'effet de constater les désordres survenus à la suite des travaux de réhabilitation du bâtiment dit " C " sur la commune de Luri ;

2°) de mettre à la charge du groupement de maîtrise d'œuvre le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a passé un marché de maîtrise d'œuvre en mai 2021, confié au groupement constitué de l'EURL Plan Net Architecture, de la SARL ISB Ingenierie Structures Bâtiment et de la SARL Beaumeco, pour la réhabilitation d'un bâtiment ancien avec des travaux de rénovation de logements, de caves et d'espaces verts ;

- elle a constaté des désordres qu'elle impute à des manquements contractuels du groupement en charge de la maîtrise d'œuvre ;

- une expertise est utile afin de lui permettre d'engager la responsabilité de la maîtrise d'œuvre et d'obtenir la réparation des préjudices subis.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, la SARL Beaumeco, représentée par Me Gasquet-Seatelli, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, l'EURL Plan Net Architecture, représentée par Me Vaccarezza, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et demande à ce que les opérations d'expertise se déroulent au contradictoire de la société Apave, la société Socotec, la SAS Bartoletti et la SARL 3C Construction.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 6 novembre 2024, la société Apave Infrastructures et construction France, venant aux droits de la société Apave Sudeurope, représentée par Me Marié, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et demande la condamnation de la SAS 3C Construction, la SAS Bartoletti Summa, la SARL Beaumeco, la SARL Ingénierie Structures Bâtiment (ISB), l'EURL Plan Net Architecture et la société Socotec à la garantir indemne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2024, la société Ingénierie Structures Bâtiment (ISB), représentée par Me Tertian, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée et demande à ce que les opérations d'expertise se déroulent au contradictoire de la société Apave.

La requête a été communiquée à la société Socotec, à la SAS Bartoletti et à la SARL 3C Construction qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Christine Castany, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur l'intervention de la société Apave Infrastructures et construction France :

1. La société Apave Infrastructures et construction France demande à intervenir volontairement aux opérations d'expertise. En l'état, rien ne s'oppose à ce que ces opérations lui soient rendues communes et opposables afin qu'elle puisse faire valoir ses droits, sans préjuger de l'existence et de l'étendue de ceux-ci.

Sur la demande d'expertise :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

3. La demande d'expertise présentée par la commune de Luri à l'effet de constater les désordres affectant le bâtiment dit " C " à la suite des travaux de réhabilitation, d'évaluer les travaux propres à y remédier et de fournir tous éléments de nature à permettre de déterminer les responsabilités éventuelles entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de faire droit à sa demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 de la présente ordonnance.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Luri présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : L'intervention de la société Apave Infrastructures et construction France est admise.

Article 2 : M. B A, inscrit sur le tableau des experts auprès de la cour administrative d'appel de Marseille, domicilié 19 Tour d'Aygosi, à Aix-en-Provence (13100), est désigné en qualité d'expert avec pour mission :

1°) de se faire communiquer et de prendre connaissance de l'ensemble des pièces du dossier, ainsi que de tous les documents utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) de se rendre sur les lieux et de procéder à la constatation et au relevé précis de tous les désordres allégués en indiquant leur date d'apparition ;

3°) de donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres, de dire si les dommages sont dus à plusieurs causes, et, dans cette hypothèse, de fournir tous les éléments permettant d'apprécier dans quelles conditions ils sont imputables à chacune d'elles et d'évaluer les proportions relevant de chacune de ces causes ;

4°) d'une façon générale, de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 3 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 2 dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif. Lors de la première réunion d'expertise, il vérifiera que l'ensemble des parties susceptibles d'être concernées par le litige ont bien été appelées à la cause, afin de permettre que soit sollicitée une éventuelle extension de l'expertise ou une demande de mise hors de cause des parties non concernées, dans le délai imparti par l'article R. 532-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Luri, de l'EURL Plan Net Architecture, de la SARL Ingénierie structures bâtiment, de la SARL Beaumeco, de la société Apave infrastructures et construction France, de la société Socotec, de la SAS Bartoletti Summa et de la SARL 3C Construction. L'expert avertira les parties quatre jours au moins à l'avance par lettre recommandée des date, heure et lieu auxquels il procèdera aux opérations d'expertise.

Article 5 : L'expert déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du tribunal dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance et le notifiera aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal.

Article 7 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Luri, à l'EURL Plan Net Architecture, à la SARL Ingénierie structures bâtiment, à la SARL Beaumeco, à la société Apave infrastructures et construction France, à la société Socotec, à la SAS Bartoletti Summa, à la SARL 3C Construction et à M. B A, expert.

Fait à Bastia le 12 décembre 2024

La juge des référés

Signé

C. CASTANY

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. MANNONI

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