mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401578 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SAURA-ANTONIOTTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au greffe du tribunal le 10 décembre 2024, la SARL BET Pozzo di Borgo, représentée par Me Saura-Antoniotti, demande au juge des référés :
1°) de condamner, sur le fondement de l'article R.541-1 du code de justice administrative, la commune de Volpajola à lui payer :
* une somme de 7 020 euros majorée des intérêts au taux des marchés publics à compter du 26 mars 2020, eux-mêmes capitalisés par année ;
* une somme de 1 964,04 euros majorée des intérêts au taux des marchés publics à compter du 28 août 2020, eux-mêmes capitalisés par année ;
* une somme de 1 953,90 euros majorée des intérêts au taux des marchés publics à compter du 28 novembre 2021, eux-mêmes capitalisés par année ;
* une somme de 5 051,59 euros majorée des intérêts au taux des marchés publics à compter du 11 février 2022, eux-mêmes capitalisés par année ;
* une somme de 6 261,14 euros majorée des intérêts au taux des marchés publics à compter du 14 mars 2022, eux-mêmes capitalisés par année ;
* une somme de 5 760,20 euros majorée des intérêts au taux des marchés publics à compter du 11 avril 2022, eux-mêmes capitalisés par année ;
* une somme de 2 418,16 euros majorée des intérêts au taux des marchés publics à compter du 14 juillet 2022, eux-mêmes capitalisés par année ;
Ainsi qu'une somme de 280 euros correspondant aux frais forfaitaires de recouvrement d'un montant unitaire de 40 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Volpajola une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a conclu, le 4 novembre 2019, un marché public avec la commune de Volpajola en vue de réaliser une mission de maîtrise d'œuvre pour la réhabilitation du réseau d'eau potable ;
- à l'issue de chacune des phases de ce marché, elle a adressé des notes d'honoraires tenant compte de la clause contractuelle de révision des prix à la commune, qui n'a pourtant effectué aucun règlement, bien que les prestations de ce marché aient été exécutées conformément au cahier des charges et malgré une mise en demeure qui lui a été adressée le 19 septembre 2024 ;
- chacune des sommes dont elle demande le paiement, dont le montant total s'élève à 30 429,03 euros, doit porter intérêts au taux des marchés publics à l'issue d'un délai de 30 jours suivant l'envoi de la facture correspondante.
La requête a été communiquée par courrier du 11 décembre 2024 à la commune de Volpajola, qui en a accusé réception le 17 décembre suivant et n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 26 août 2024, la présidente du tribunal a désigné M. Alfonsi, président honoraire, pour exercer les fonctions de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 4 novembre 2019, la commune de Volpajola a confié à la SARL BET Pozzo di Borgo un marché public de maîtrise d'œuvre en vue de la réhabilitation du réseau d'eau potable. Par sa présente requête, la SARL BET Pozzo di Borgo demande au juge des référés de condamner la commune de Volpajola à lui payer les sommes correspondant à sept mémoires d'honoraires non honorés, majorées des intérêts au taux des marchés publics, outre une indemnité de 240 euros correspondant aux indemnités forfaitaires de recouvrement.
2. Aux termes de l'article R.541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable () ".
3. Il résulte de l'instruction que la société requérante a demandé paiement des prestations effectuées en exécution du marché mentionné au point 1 par sept mémoires d'honoraires se montant respectivement à 7 020 euros TTC, 1 964,04 euros TTC, 1 953,90 euros TTC, 5 051,59 euros TTC, 6 261,14 euros TTC, 5 760,20 euros TTC et 2 418,16 euros TTC adressés à la commune de Volpajola respectivement les 26 février 2020, 28 juillet 2020, 28 octobre 2021, 11 janvier 2022, 14 février 2022, 11 mai 2022 et 14 juin 2022, que la commune n'a pas honorés malgré une mise en demeure qui lui a été adressée le 19 septembre 2024, dont elle a accusé réception le 23 septembre suivant.
4. En l'absence de défense de la commune de Volpajola, à laquelle la requête a été communiquée par courrier du greffe du tribunal du 11 décembre 2024 lui impartissant un délai de 15 jours pour produire un mémoire, dont elle a accusé réception le 17 décembre suivant, il y a lieu de considérer que la créance dont se prévaut la société requérante présente un caractère non sérieusement contestable tant dans son principe que dans son montant, ce dont il résulte qu'il y a lieu de condamner la commune à lui payer les sommes mentionnées au point 3 ci-dessus soit, au total, une somme en capital de 30 429,03 euros.
Sur les intérêts et les intérêts des intérêts :
5. Selon les stipulations de l'article 5.4 du marché, le paiement des prestations effectuées doit intervenir dans un délai de trente jours suivant la date à laquelle sont produits les mémoires ou factures, passé lequel sont dus, de plein droit, les intérêts au taux prévu par les dispositions des articles L.2192-13 et R.2192-21 du code de la commande publique, soit le " taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage.".
6. Les mémoires d'honoraires mentionnés au point 3 ayant été adressés par voie électronique conformément aux stipulations de l'article 5.4.2 du marché, ils doivent être réputés avoir été reçus par la commune au plus tard le lendemain de leur émission, de sorte que les intérêts mentionnés ci-dessus ont commencé à courir le 28 mars 2020 sur la somme de 7 020 euros , le 30 août 2020 sur la somme de 1 964,04 euros, le 30 novembre 2021 sur la somme de 1 953,90 euros, le 13 février 2022 sur la somme de 5 051,59 euros, le 16 mars 2022 sur la somme de 6 261,14 euros, le 13 juin 2022 sur la somme de 5 760,20 euros et le 16 juillet 2022 sur la somme de 2 418,16 euros. La créance représentée par ces intérêts présentant, en l'espèce, un caractère non sérieusement contestable, il y a lieu de les mettre à la charge de la commune de Volpajola.
7. En outre, et conformément aux dispositions des articles 1344-1 et 1343-2 du code civil, les intérêts mentionnés ci-dessus seront capitalisés à chaque échéance annuelle pour produire eux-mêmes intérêts.
Sur les indemnités forfaitaires de recouvrement :
8. En application des dispositions des articles L.2192-13 et D 2192-35 du code de la commande publique, il y a lieu de mettre également à la charge de la commune de Volpajola une somme de 280 euros correspondant aux indemnités forfaitaires de recouvrement d'un montant unitaire de 40 euros.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Volpajola une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : La commune de Volpajola est condamnée à payer à la SARL BET Pozzo di Borgo une somme de 30 429,03 euros.
Article 2 : La somme mentionnée à l'article 1er portera intérêts au taux prévu par les articles L.2192-13 et R.2192-21 du code de la commande publique selon les modalités précisées aux points 5, 6 et 7 de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Volpajola est condamnée à payer à la SARL BET Pozzo di Borgo une indemnité de 280 euros au titre des indemnités forfaitaires de recouvrement.
Article 4 : La commune de Volpajola paiera à la SARL BET Pozzo di Borgo une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL BET Pozzo di Borgo et à la commune de Volpajola.
Fait à Bastia, le 26 février 2025
Le juge des référés,
signé
J.-F. ALFONSI
La République mande au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R.Saffour
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026