jeudi 5 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2500777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CGCB & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 19 mai 2025, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 7 novembre 2024 par lequel le maire de la commune de Pietrosella a délivré à M. B A, une déclaration préalable en vue de construire, sur un terrain situé lieu-dit " Cruciata ", sur les parcelles cadastrées AC 187, AC 194, AC 204, AC 291 et AC 292.
Il soutient que :
- si les parcelles sont situées en zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Pietrosella qui admet les constructions, l'arrêté méconnaît cependant les dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-13 du code de l'urbanisme ; en effet, les parcelles en cause se situent dans une zone comportant des habitations individuelles de type pavillonnaires et s'ouvrent sur une vaste zone naturelle et agricole constituant une coupure d'urbanisation au sens du plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) ; en outre, la zone support du projet se situe en deçà de la délimitation des espaces proches du rivage répertoriés par le PADDUC où la constructibilité n'est pas admise en dehors des secteurs urbanisés ;
- les parcelles sont répertoriées en " espaces stratégiques agricoles " dans la cartographie du PADDUC et sont dès lors inconstructibles ;
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet est situé en zones B1 et B2 du PPRIF, imposant que les constructions soient desservies par un point d'eau-incendie normalisé situé à 200 mètres ; en l'espèce, la borne incendie la plus proche du terrain est à 326 mètres, le PPRIF devant être pris en considération alors même qu'il n'en est qu'à l'état de projet.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 2 juin 2025, la commune de Pietrosella, représentée par la Scp CGCB, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Elle fait valoir que :
- le terrain d'assiette du projet est classé en zone UC du plan local d'urbanisme ;
- il ressort des vues aériennes que la maison existante est bien située dans une des zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions au sens des dispositions de l'article L.121-8 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC, à l'échelle du territoire de la commune de Pietrosella et de la microrégion constituée par la rive Sud du golfe d'Ajaccio ; il ne pourra qu'être constaté que les critères du PADDUC pour identifier les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions sont remplis ;
- l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme n'a pas davantage été méconnu ; en l'espèce, le projet de détacher un terrain à bâtir de la parcelle déjà construite ne peut être regardé comme méconnaissant les dispositions de l'article L.121-13 du code de l'urbanisme alors que la réalisation du projet ne pourra en lui-même pas entrainer une densification significative du secteur du village de Cruciata ; le projet est un simple détachement d'un lot à bâtir. Il ne constitue pas une extension de l'urbanisation au sens des dispositions invoquées par le préfet ;
- par ailleurs, le préfet ne démontre pas que le terrain déjà bâti d'une maison, répondrait aux critères du PADDUC pour l'identification des " espaces stratégiques agricoles " (ESA) ;
- l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'a pas davantage été méconnu, le terrain d'assiette du projet n'est concerné que par un aléa " moyen-faible " selon la cartographie portée à connaissance de la commune par les services de l'Etat ; au regard des facilités d'accès à la maison existante par la Route de Cruciata et le fait que le projet porte sur un terrain déjà bâti, la vulnérabilité au risque incendie ne peut être regardée comme aggravée par le projet ; ainsi, l'aggravation de la vulnérabilité au risque incendie ne ressort ni des pièces du dossier ni des données connues du terrain.
Le déféré a été communiqué à M. B A qui n'a pas présenté d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2500773 tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 novembre 2024 du maire de la commune de Pietrosella.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Lelièvre, greffier d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 7 novembre 2024 par lequel le maire de la commune de Pietrosella a délivré à M. B A, une déclaration préalable en vue de construire, sur un terrain situé lieu-dit " Cruciata ", sur les parcelles cadastrées AC 187, AC 194, AC 204, AC 291 et AC 292.
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "
3. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 121-8, L. 121-13 et R. 111-2 du code de l'urbanisme sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. En revanche, pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions du PADDUC relatives aux espaces stratégiques agricoles ne sont pas de nature à faire naître un tel doute. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Pietrosella une somme qu'elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 7 novembre 2024 du maire de la commune de Pietrosella est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Pietrosella et à M. B A.
Fait à Bastia, le 5 juin 2025.
La juge des référés, Le greffier,
Signé signé
A. Baux B. Lelièvre
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026