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Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2601699

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2601699
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 9 septembre 2026, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 8 juillet 2026 par lequel le maire de la commune de Sotta ne s’est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A... B... en vue de la création d’un lot à bâtir, sur un terrain situé lieu-dit « hameau di Cancaraccia », parcelles cadastrées I 326, 327 et 328.

Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l’article L. 122-5 du code de l’urbanisme, le projet se situant à 3,4 km du village ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 122-10 du code de l’urbanisme et du plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) dès lors que les parcelles en cause relèvent des espaces pastoraux qu’il consacre, qui sont par définition, inconstructibles, le terrain d’assiette étant en outre bordé par des parcelles classées en zone naturelle d’intérêts faunistique et écologique bénéficiant de mesures conservatoires.

Le déféré a été communiqué à la commune de Sotta et à M. B... qui n’ont pas produit de mémoire en défense.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 septembre 2026 sous le n° 2601700 tendant à l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique qui s’est tenue en présence de Mme Saffour, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Baux,
- les observations de M. B... qui conclut au rejet de la requête et soutient que si la parcelle, terrain d’assiette du projet est effectivement située à 3 km de la mairie de Sotta, elle se trouve cependant au milieu du village de Cancaraccia ; en outre, les jurisprudences citées par le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud ne sont pas pertinentes car sa parcelle est située en zone U3 du plan local d'urbanisme de la commune.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 8 juillet 2026 par lequel le maire de la commune de Sotta ne s’est pas opposé à la déclaration préalable déposée M. A... B... en vue de la création d’un lot à bâtir, sur un terrain situé au lieu-dit « hameau di Cancaraccia », parcelles cadastrées I 326, 327 et 328.

2. Aux termes de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l’article L. 554-1 du code de justice administrative : « Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / (…) / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. (…) »

3. En l’état de l’instruction, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 122-5 du code de l’urbanisme, invoqué par le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à l’appui de sa demande de suspension est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Enfin, pour l’application des dispositions de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, l’autre moyen de la requête n’est pas de nature à faire naître un tel doute. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 8 juillet 2026 du maire de la commune de Sotta.











O R D O N N E :



Article 1er : L’exécution de l’arrêté du 8 juillet 2026 par lequel le maire de la commune de Sotta ne s’est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A... B... en vue de la création d’un lot à bâtir, est suspendue.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Sotta et à M. A... B....


Fait à Bastia, le 1er octobre 2026.



La juge des référés, La greffière,


Signé
Signé


A. Baux R. Saffour





La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Une greffière,