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Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2601705

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2601705
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGIUDICI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 9 septembre 2026, la préfète de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 8 juillet 2026 par lequel le maire de Vivario a délivré un permis de construire un hangar agricole à l’entreprise individuelle Exploitation C... Marien, sur la parcelle cadastrée section B n° 1431 située Campi Martinu.

Elle soutient que l’arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l’article L. 122-5 du code de l’urbanisme, telles que précisées par le plan d’aménagement et de développement durable de Corse, dès lors que le terrain d’assiette du projet, lequel doit être regardé comme autorisant une nouvelle construction en l’absence de nécessité d’un lien avec une exploitation agricole, s’insère dans un vaste espace boisé, vierge de toute construction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2026, la commune de Vivario, représentée par Me Giudici, conclut au rejet du déféré.

Elle soutient qu’elle était fondée à délivrer le permis en litige au visa d’un avis tacite favorable de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, et alors que le lien de nécessité agricole est établi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2026, l’entreprise individuelle Exploitation C... Marien conclut au rejet du déféré.

Elle soutient que :
- la nécessité du bâtiment pour l’exploitation agricole est établie ;
- le moyen invoqué par la préfète n’est pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté attaqué.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2601706 tendant à l’annulation de l’arrêté du 8 juillet 2026 du maire de Vivario.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme B...,
- les observations de Mme A..., représentant la préfète de la Haute-Corse, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par le même moyen ;
- les observations de Me Giudici, représentant la commune de Vivario, qui maintient ses conclusions tendant au rejet du déféré, en insistant sur le fait que la construction projetée est nécessaire à l’activité de l’entreprise pétitionnaire ;
-et les observations de M. C... en sa qualité d’entrepreneur individuel.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. La préfète de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 8 juillet 2026 par lequel le maire de Vivario a délivré un permis de construire un hangar agricole à l’entreprise individuelle Exploitation C... Marien, sur la parcelle cadastrée section B n° 1431 située Campi Martinu.

2. Aux termes de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l’article L. 554-1 du code de justice administrative : « Le représentant de l’Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l’article L. 2131-2 qu’il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / (…) / Le représentant de l’Etat peut assortir son recours d’une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l’un des moyens invoqués paraît, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’acte attaqué. Il est statué dans un délai d’un mois. / Jusqu’à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d’urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l’Etat dans les dix jours à compter de la réception de l’acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d’un délai d’un mois à compter de la réception, si le juge des référés n’a pas statué, l’acte redevient exécutoire. (…) ».

3. En l’état de l’instruction, le moyen invoqué par la préfète de la Haute-Corse à l’appui de sa demande de suspension, tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 122-5 du code de l’urbanisme, ne paraît pas propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de rejeter le déféré de la préfète de la Haute‑Corse.



ORDONNE :


Article 1er : Le déféré de la préfète de la Haute-Corse est rejeté.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète de la Haute-Corse, à la commune de Vivario et à l’entreprise individuelle Exploitation C... Marien.

Copie en sera transmise à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.


Fait à Bastia, le 1er octobre 2026.


La juge des référés,

signé

C. B...


La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Corse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Une greffière,