jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-1903224 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CARRE JURIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2019, M. A, représenté par Me Doret (Selarl Carré Juris Avocats), demande au tribunal :
1°) d'annuler :
* le titre exécutoire n° 2017 T 86 émis le 5 septembre 2017 et l'opposition à tiers détenteur datée du 28 novembre 2017 pour un montant de 287,35 euros correspondant au loyer de septembre 2017,
* le titre exécutoire n° 2017 T 97 émis le 2 octobre 2017 et l'opposition à tiers détenteur datée du 28 décembre 2017 pour un montant de 287,35 euros correspondant au loyer d'octobre 2017,
* le titre exécutoire n° 2017 T 107 émis le 26 octobre 2017 pour un montant de 287,35 euros correspondant au loyer de novembre 2017, le titre exécutoire n° 2017 T 117 émis le 4 décembre 2017 pour un montant de 287,35 euros correspondant au loyer de décembre 2017 et l'opposition à tiers détenteur datée du 27 février 2018 pour un montant de 574,70 euros correspondant à ces deux loyers,
* le titre exécutoire n° 2018 T 55 émis le 3 avril 2018 et l'opposition à tiers détenteur datée du 26 septembre 2018 pour un montant de 294,79 euros correspondant au loyer d'avril 2018,
* le titre exécutoire n° 2018 T 65 émis le 15 mai 2018 et l'opposition à tiers détenteur datée du 10 septembre 2018 pour un montant de 294,79 euros correspondant au loyer de mai 2018,
* l'opposition à tiers détenteur datée du 29 octobre 2018 pour un montant de 589,58 euros correspondant aux loyers d'avril et de mai 2018,
* la saisie administrative à tiers détenteur datée du 29 mars 2019 pour un montant de 294,79 euros correspondant au loyer de mai 2018,
* la saisie administrative à tiers détenteur datée du 19 septembre 2019 pour un montant de 568,69 euros correspondant aux loyers d'octobre 2017 et avril 2018 ;
* la saisie administrative à tiers détenteur datée du 29 octobre 2019 pour un montant de 568,69 euros correspondant aux loyers d'octobre 2017 et avril 2018 ;
2°) de le décharger des sommes correspondantes et d'ordonner la restitution de la somme de 3 492,84 euros indûment perçue par la commune de Saint-Bonnet-de-Joux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Bonnet-de-Joux la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le contrat d'occupation des locaux étant résilié depuis le 21 septembre 2017, date de restitution des clés par le liquidateur judiciaire, la commune ne pouvait émettre de titres exécutoires pour les loyers de septembre 2017 à mai 2018 ;
- il n'est pas non plus redevable des loyers antérieurs au 21 septembre 2017, dès lors que ces loyers devaient être réclamés au mandataire liquidateur et, à défaut de paiement, être déclarés au passif de la procédure, ce que la commune n'a pas fait ;
- il est donc bien fondé à solliciter l'annulation des titres exécutoires émis pour recouvrer ces loyers, ainsi que celle des saisies administratives à tiers détendeurs, et à demander la restitution des sommes indument perçues par la commune de Saint-Bonnet-de-Joux pour un montant total de 3 492,84 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2020, la commune de Saint-Bonnet-de-Joux, représentée par Me Le Meignen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable :
* les conclusions d'annulation présentées contre les titres exécutoires et contre les oppositions à tiers détenteur, à l'exception de celle datée du 19 septembre 2019, sont tardives ;
* le requérant n'a pas lié le contentieux en demandant la restitution ou le paiement de la somme de 3 492,84 euros qu'il réclame, de sorte que sa requête n'est pas précédée d'une décision préalable de rejet, expresse ou tacite ;
* ni les titres exécutoires, ni l'opposition à tiers détenteur du 29 octobre 2019 ne sont produits à l'instance, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, la requête est mal fondée, dès lors que le requérant n'a pas informé la commune de la résiliation unilatérale de la convention d'occupation des locaux de la maison médicale municipale à compter du 21 septembre 2017, cette résiliation ne pouvant résulter de la seule remise des clés dans la boîte aux lettres communale, sans état des lieux de sortie ;
- pour la période antérieure au 21 septembre 2017, elle a dûment déclaré sa créance, le 13 janvier 2016, dans le cadre de la procédure de liquidation judiciaire pour un montant de 2 578,94 euros ; malgré la délibération du conseil municipal du 12 juillet 2018 décidant de l'admission en non-valeur des créances inscrites au passif de la procédure à l'encontre du docteur A, ces créances antérieures au jugement du 13 février 2018 de clôture des opérations de liquidation judiciaire n'étaient pas éteintes ; les dettes nées après le jugement de redressement judiciaire restent dues en l'absence d'information donnée à la Trésorerie.
La procédure a été régulièrement communiquée à la direction régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté, qui n'a présenté aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Puglierini, rapporteur public,
- les observations de Me Le Meignen, représentant la commune de Saint-Bonnet-de-Joux.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention d'occupation signée au mois de septembre 2006, la commune de Saint-Bonnet-de-Joux a loué à M. A, médecin généraliste, le local de la maison médicale communale, pour une durée de six ans renouvelable par tacite reconduction. Par jugement du 24 novembre 2015, le tribunal de grande instance de Lyon a constaté l'état de cessation de paiement de M. A et a prononcé l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois, prolongée jusqu'au 24 novembre 2016 par jugement du 24 mai 2016. Par jugement du 23 mai 2017, le tribunal de grande instance de Lyon a prononcé la liquidation judiciaire de M. A et a fixé à deux ans le délai au terme duquel la clôture devra être examinée. Au mois de septembre 2017, le mandataire judiciaire désigné a remis les clés du local dans la boite aux lettres communale. Par jugement du 13 février 2018, le tribunal de grande instance de Lyon a prononcé la clôture des opérations de liquidation judiciaire de M. A pour insuffisance d'actif. Le requérant demande l'annulation des six titres de recettes émis à son encontre en vue du recouvrement des loyers des mois de septembre à décembre 2017 puis des mois d'avril et mai 2018, ainsi que des oppositions à tiers détenteur et saisies administratives à tiers détenteur notifiées à ses employeurs et à sa banque. Il demande également la restitution de la somme de 3 492,84 euros qu'il estime indûment perçue par la commune de Saint-Bonnet-de-Joux.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ".
3. En l'espèce, et d'une part, il résulte de l'instruction que, par courrier du 24 octobre 2019, le conseil du requérant a demandé à la commune de Saint-Bonnet-de-Joux la communication des titres exécutoires émis par la commune pour le recouvrement des loyers à compter du mois de septembre 2017. Cette demande a été renouvelée par courriel du 6 novembre 2019. Par suite, le requérant justifie de l'impossibilité de produire les six titres exécutoires qu'il conteste, dont l'existence est révélée par les notifications d'opposition à tiers détenteur dont il a été ensuite destinataire. D'autre part, contrairement à ce que fait valoir la commune, la saisie administrative à tiers détenteur datée du 29 octobre 2019 est produite à l'instance, en pièce n°18 annexée à la requête. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'absence de production des décisions attaquées ne peut être accueillie.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
5. D'une part, la commune ne rapporte pas la preuve de la notification des titres exécutoires contestés par M. A, ni de la date de notification des oppositions et saisies administratives à tiers détenteur produites à l'instance par l'intéressé, ni même que ces décisions comportaient effectivement les délais et voies de recours ouverts à leur encontre. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées ne peut être accueillie.
6. D'autre part, les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales relatives à l'action dont dispose le débiteur pour contester le bien-fondé d'un titre exécutoire n'imposent pas un recours préalable obligatoire. La somme dont M. A réclame la restitution, qui résulte de la décharge des sommes mises à sa charge par les titres exécutoires et oppositions à tiers détenteur dont il demande l'annulation, ne peut être regardée comme une demande indemnitaire au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'absence de liaison du contentieux ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018 : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'introduction de l'instance ayant pour objet de contester la régularité formelle d'un acte de poursuite suspend l'effet de cet acte. / 2° L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / L'action dont dispose le débiteur de la créance visée à l'alinéa précédent pour contester directement devant le juge de l'exécution mentionné aux articles L. 213-5 et L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire la régularité formelle de l'acte de poursuite diligenté à son encontre se prescrit dans le délai de deux mois suivant la notification de l'acte contesté. () 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie d'opposition à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales qui détiennent des fonds pour le compte de redevables, qui ont une dette envers lui ou qui lui versent une rémunération. () Les contestations relatives à l'opposition sont introduites et instruites dans les conditions fixées aux 1° et 2° du présent article. () ".
8. Aux termes du même article, dans sa version applicable du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2021 : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie de saisie administrative à tiers détenteur dans les conditions prévues à l'article L. 262 du livre des procédures fiscales. () ".
9. Il résulte de ces dispositions qu'un acte de poursuite peut être contesté, d'une part, devant le juge de l'exécution, pour les contestations de la régularité formelle de cet acte et, d'autre part, devant le juge compétent pour connaître du contentieux du bien-fondé de la créance, pour les contestations portant sur l'obligation de payer, le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et l'exigibilité de la somme réclamée. En outre, en vertu de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, le bien-fondé de la créance peut être contesté dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite.
10. La convention d'occupation des locaux de la maison médicale, conclue entre la commune de Saint-Bonnet-de-Joux et M. A, stipule à son article 2 relatif à l'état des lieux " () En fin de contrat, lors de la restitution des clés par le locataire, un état des lieux de sortie sera dressé contradictoirement entre les parties. ". Son article 6 relatif à la durée de la convention stipule : " () Chaque partie au contrat peut donner congé à tout moment, quel que soit le motif, moyennant un préavis de six mois. Le congé est notifié par lettre recommandée avec avis de réception. Le délai de préavis court à compter de la réception de la lettre recommandée. ".
11. M. A soutient qu'il ne devait plus aucun loyer à compter du mois de septembre 2017, dès lors que le mandataire judiciaire, désigné dans le cadre de la procédure de liquidation judiciaire, a remis les clés du local dans la boite aux lettres communale le 21 septembre 2017, ce qui emporte résiliation du contrat à compter de cette date. Toutefois, il résulte des stipulations citées ci-dessus, outre que la restitution des clés ne peut s'effectuer qu'après un état des lieux de sortie contradictoire entre les parties, que le preneur peut donner congé à tout moment et sans motif mais en respectant un préavis de six mois, ce qui n'a pas été le cas en l'espèce, la seule remise des clés ne pouvant valoir résiliation. Par suite, à supposer même que la remise de clés puisse être regardée comme manifestant une demande de congé, les loyers étaient exigibles au moins pour les six mois suivants.
12. Toutefois, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 1 ci-dessus, que M. A a été placé en procédure de redressement judiciaire à compter du 24 novembre 2015, puis en procédure de liquidation judiciaire depuis le jugement du 23 mai 2017 qui a fixé à deux ans le délai au terme duquel la clôture devrait être examinée. Or, si la commune de Saint-Bonnet-de-Joux fait valoir qu'elle a déclaré, le 13 janvier 2016, une créance de 2 578,94 euros auprès du mandataire liquidateur judiciaire, cette dernière ne pouvait porter sur les loyers en litige dès lors qu'ils sont postérieurs à cette déclaration. Dans ces conditions, ainsi que le fait valoir le requérant, la commune, qui n'a pas déclaré la créance correspondante dans le cadre de la procédure de liquidation judiciaire, laquelle a été clôturée par un jugement du tribunal de grande instance de Lyon du 13 février 2018, n'est pas fondée à recouvrer directement auprès de M. A, par les décisions attaquées, les loyers des mois de septembre à décembre 2017, avril et mai 2018.
13. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 641-6 du code de commerce : " Le jugement statuant sur l'ouverture de la procédure de liquidation judiciaire est notifié au débiteur ou au créancier par le greffier dans les huit jours de son prononcé. Lorsque le débiteur n'est pas demandeur, le jugement lui est signifié dans le même délai. / Il est communiqué aux personnes mentionnées à l'article R. 621-7. ". Aux termes de l'article R. 621-7 du même code : " Le greffier adresse sans délai une copie du jugement ouvrant la procédure : / 1° Aux mandataires de justice désignés ; / 2° Au procureur de la République ; / 3° Au directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques du département dans lequel le débiteur a son siège et à celui du département où se trouve le principal établissement. ". Aux termes de l'article R. 621-8 de ce code, dans sa version applicable au litige : " () Un avis du jugement est adressé pour insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. Cette insertion contient l'indication du nom du débiteur ou, lorsque la procédure est ouverte à raison de l'activité d'un entrepreneur individuel à responsabilité limitée à laquelle un patrimoine est affecté, la dénomination prévue par le dernier alinéa de l'article L. 526-6, selon le cas de son siège ou de son adresse professionnelle, de son numéro unique d'identification ainsi que, s'il y a lieu, du nom de la ville du greffe ou de la chambre de métiers et de l'artisanat de région où il est immatriculé ou, si un patrimoine a été affecté à l'activité en difficulté et selon le cas, de la ville où le greffe tient le registre prévu par l'article L. 526-7 ou, celle où est située la chambre d'agriculture mentionnée par ce texte, de l'activité exercée, de la date du jugement qui a ouvert la procédure et, le cas échéant, de celle de la cessation des paiements fixée par le tribunal si elle est différente. Elle précise également le nom et l'adresse du mandataire judiciaire et de l'administrateur s'il en a été désigné avec, dans ce cas, l'indication des pouvoirs qui lui sont conférés. Elle comporte l'avis aux créanciers d'avoir à déclarer leurs créances entre les mains du mandataire judiciaire et le délai imparti pour cette déclaration. Elle indique enfin les références électroniques du portail prévu par les articles L. 814-2 et L. 814-13. / Le même avis est publié dans un journal d'annonces légales du lieu où le débiteur a son siège ou son adresse professionnelle et, le cas échéant, ses établissements secondaires. / Le greffier procède d'office à ces publicités dans les quinze jours de la date du jugement. ".
14. En l'espèce, le jugement du 23 mai 2017 prononçant la liquidation judiciaire pour une durée de deux ans ordonne, dans son dispositif, la publicité du jugement et la transmission des extraits prescrits par la loi. Dans ces conditions, d'une part, la commune de Saint-Bonnet-de-Joux qui, au demeurant, avait déjà déclaré une précédente créance dans le cadre des opérations de redressement judiciaire, ne peut utilement faire valoir qu'elle n'a pas été destinataire du jugement prononçant l'ouverture de la procédure de liquidation judiciaire alors qu'aucune disposition légale ou réglementaire ne prévoit sa notification aux créanciers mais seulement sa publicité par la publication d'un avis du jugement au sein du bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) et d'un journal d'annonces légales, selon les modalités prévues à l'article R. 621-8 cité ci-dessus. D'autre part, si la commune se prévaut d'une attestation de la responsable de la trésorerie de Charolles indiquant que le jugement ouvrant la procédure de liquidation judiciaire ne lui a jamais été transmis, cette circonstance ne saurait, par elle-même, établir que la transmission de la copie du jugement prévue à l'article R. 621-7 cité ci-dessus n'aurait pas été effectuée auprès du directeur départemental ou régional des finances publiques.
15. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation des titres exécutoires nos 2017T86, 2017T97, 2017T107, 2017T117, 2018T55 et 2018T65, des oppositions à tiers détenteur des 28 novembre 2017, 28 décembre 2017, 27 février 2018, 10 septembre 2018, 26 septembre 2018 et 29 octobre 2018 et des saisies administratives à tiers détenteur des 29 mars 2019, 19 septembre 2019 et 29 octobre 2019 en vue du recouvrement des loyers des mois de septembre à décembre 2017 et des mois d'avril et mai 2018.
Sur les conclusions aux fins de décharge et de restitution des sommes indûment perçues :
16. D'une part, il résulte de ce qui précède que M. A doit être déchargé de l'obligation de payer les sommes de 287,35 euros par mois pour les mois de septembre à décembre 2017 et de 294,79 euros par mois pour les mois d'avril et mai 2018, soit une somme totale de 1 738,98 euros.
17. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du bordereau de situation produit en défense, que si la majorité des sommes en litige ont été effectivement recouvrées, le loyer du mois d'octobre 2017 de 287,35 euros a été partiellement recouvré à hauteur de 13,45 euros et le loyer du mois d'avril 2018 de 294,79 euros n'a jamais été recouvré. Par suite, le requérant a seulement droit à la restitution de la somme de 1 170,29 euros.
Sur les frais d'instance :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " ;
19. D'une part, ces dispositions font obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Saint-Bonnet-de-Joux au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge du requérant qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
20. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Bonnet-de-Joux la somme demandée par M. A au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres exécutoires nos 2017T86, 2017T97, 2017T107, 2017T117, 2018T55 et 2018T65, les oppositions à tiers détenteur datées des 28 novembre 2017, 28 décembre 2017, 27 février 2018, 10 septembre 2018, 26 septembre 2018 et 29 octobre 2018 et les saisies administratives à tiers détenteur datées des 29 mars 2019, 19 septembre 2019 et 29 octobre 2019 en vue du recouvrement des loyers des mois de septembre à décembre 2017 et des mois d'avril et mai 2018 sont annulés.
Article 2 : M. A est déchargé de l'obligation de payer la somme de 1 738,98 euros à la commune de Saint-Bonnet-de-Joux.
Article 3 : La commune de Saint-Bonnet-de-Joux est condamnée à rembourser à M. A la somme de 1 170,29 euros.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la commune de Saint-Bonnet-de-Joux. Copie pour information en sera adressée à la direction régionale des finances publiques de Bourgogne - Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delespierre, président,
M. Blacher, premier conseiller,
Mme Hunault, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
M. Blacher Le président,
M. E
Le greffier,
Mme D
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026