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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2000242

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2000242

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2000242
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSEBAN AUVERGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 20 janvier 2022, le tribunal a ordonné avant dire droit une expertise en vue de déterminer s'il existe un lien de causalité entre l'accident de service survenu le 27 juin 2013 et les douleurs ressenties par Mme A depuis cette date, et en particulier, de dire si la lésion tumorale opérée en 2014 est à l'origine de ces douleurs, et dans quelle mesure l'accident de service a eu une incidence sur l'évolution de cette lésion, ainsi que de fixer la date de consolidation et le taux d'incapacité permanente partielle dont demeure atteinte Mme A.

Le rapport d'expertise a été enregistré au greffe du tribunal le 7 juin 2022.

Par deux nouveaux mémoires, enregistrés les 5 et 7 juillet 2022, Mme A, représentée par Me Mathieu, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'EHPAD de Frontenaud à lui verser la somme de 425 751,68 € en réparation de préjudices résultant d'un accident de service ;

2°) de mettre à la charge de l'EHPAD de Frontenaud la somme de 3 500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre les dépens à la charge de l'EHPAD de Frontenaud.

Elle soutient que :

- l'état antérieur ne peut être pris en considération pour limiter le droit à indemnisation de la victime que s'il était symptomatique, révélé et soigné avant la survenance du traumatisme, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;

- en vertu de la théorie de l'équivalence des conditions applicable en matière de réparation du préjudice corporel, il est acquis que l'ensemble des conséquences dommageables résultant du fait générateur doivent être réparées intégralement ;

- dès lors qu'il est impossible de dire avec certitude que le dommage

corporel serait survenu du fait de l'évolution de la pathologie préexistante, il

est impossible d'exclure ou de limiter le droit à indemnisation de la victime ;

- la date de consolidation ne saurait être fixée au 8 décembre 2014 dans la mesure où l'ensemble des soins et troubles doivent être pris en considération, notamment postopératoires. Ainsi, il conviendra de fixer la date de consolidation au 16 décembre 2016, date de la reprise d'emploi, comme retenu par le Docteur B dans le cadre de la première expertise ;

- le taux de déficit fonctionnel est sous-évalué, dans la mesure où une partie des troubles fonctionnels n'est pas prise en considération au motif qu'elle serait due à

l'intervention chirurgicale et non au traumatisme ;

- les préjudices subis par Madame A sont imputables à hauteur de 85% au traumatisme résultant de l'agression qu'elle a subis, ainsi que l'a relevé l'expert ;

Par un nouveau mémoire en défense enregistré le 24 juin 2022, l'EHPAD de Frontenaud, représenté par Me Lantero, conclut dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête, ou à titre subsidiaire à ce que les indemnités demandées soient ramenées à de plus justes proportions, et à ce qu'une somme de 2 000 € soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- toutes les prétentions indemnitaires de nature patrimoniale

ne pourront qu'être rejetées ;

- l'expert a estimé que Mme A avait 85% de chance de développer des symptômes et que sur les 15% de chance qu'elle avait de ne pas développer de symptômes, l'intervention du résident lui a fait perdre 85% de chance, la perte de chance " imputable " à l'accident est la suivante : 85% x 15% = 12,75% ;

- les préjudices permanents dont se prévaut la requérante ne correspondent pas à la réalité, dès lors que l'expert précise que les douleurs présentées avant

l'intervention (liées à la malformation vasculaire) ont disparu en post-opératoire et que les

troubles sensitifs qui correspondent aux séquelles de la chirurgie par atteinte du nerf musculo-cutané ne sont pas imputables directement au traumatisme et ont d'ailleurs pratiquement disparu ;

- en tout état de cause, l'EHPAD conteste la réalité des préjudices évalués par le premier expert et repris par la requérante dans ses dernières écritures, notamment les préjudices permanents puisqu'ils ne correspondent pas à la réalité.

Vu :

- l'ordonnance du 7 juillet 2022, par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires d'expertise réalisée par M. E C à la somme de 1 600 euros ;

- le rapport d'expertise déposé au greffe du tribunal le 7 juin 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Puglierini, rapporteur public,

- et les observations de Me Parenty-Baut, représentant Mme A, et de Me Lantero, représentant l'EHPAD de Frontenaud.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du 20 janvier 2022, le tribunal a ordonné avant dire droit une expertise en vue de déterminer s'il existe un lien de causalité entre l'accident de service subi par Mme A le 27 juin 2013 et les douleurs ressenties par l'intéressée depuis cette date, et en particulier, de dire si la lésion tumorale opérée en 2014 est à l'origine de ces douleurs, et dans quelle mesure l'accident de service a eu une incidence sur l'évolution de cette lésion, ainsi que de fixer la date de consolidation et le taux d'incapacité permanente partielle dont demeure atteinte Mme A. L'expert a déposé son rapport le 7 juin 2022. Dans le dernier état de ses écritures, Mme A demande au tribunal de condamner l'EHPAD de Frontenaud à lui verser la somme de 425 751,68 € en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en lien avec son accident de service.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le droit à réparation :

2. Les dispositions des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions instituant ces prestations, si elles déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions, ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature, tels que les dépenses de santé restées à sa charge ou les frais divers liés à l'invalidité, ou des préjudices personnels, et notamment des souffrances physiques ou morales ainsi que des préjudices esthétiques ou d'agrément, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager sa responsabilité. Compte tenu des conditions posées à son octroi et de son mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle.

3. La circonstance que le fonctionnaire victime d'un accident de service ou d'une maladie professionnelle ne remplit pas les conditions auxquelles les dispositions mentionnées ci-dessus subordonnent l'obtention d'une rente ou d'une allocation temporaire d'invalidité fait obstacle à ce qu'il prétende, au titre de l'obligation de la collectivité qui l'emploie de le garantir contre les risques courus dans l'exercice de ses fonctions, à une indemnité réparant des pertes de revenus ou une incidence professionnelle. En revanche, elle ne saurait le priver de la possibilité d'obtenir de cette collectivité la réparation de préjudices d'une autre nature, dès lors qu'ils sont directement liés à l'accident ou à la maladie.

4. Il résulte de l'instruction que Mme A a été victime le 27 juin 2013 d'un accident dont l'imputabilité au service a été reconnue le 12 août 2013. A la suite de cet accident, ont été constatées des ecchymoses ainsi qu'une douleur de l'épaule droite, du coude droit et de la main droite, et une diminution de l'amplitude articulaire du coude droit. Une rééducation kinésithérapique a été entreprise deux fois par semaine jusqu'en septembre 2013. A la suite d'une IRM, un diagnostic de malformation artério-veineuse a été établi le 25 février 2014, dont la prise en charge a nécessité une opération chirurgicale le 2 décembre 2014. Elle a été placée en congé pour accident du travail jusqu'au 4 janvier 2016, date à laquelle elle a été autorisée à reprendre son emploi à mi-temps thérapeutique. La reprise du travail à temps plein a été faite le 16 décembre 2016. Par une ordonnance en date du 24 novembre 2017, le juge des référés du Tribunal administratif de Dijon a ordonné, à la demande de Mme A, que soit réalisée une expertise médicale en vue de déterminer la date de la consolidation de son état de santé et d'évaluer les préjudices en lien avec l'accident de service dont elle a été victime le 27 juin 2013. L'expert, qui a déposé son rapport le 5 juin 2018, a estimé que l'état de santé de Mme A est consolidé au 16 décembre 2016, et que les séquelles dont elle souffre suite à l'accident de service du 27 juin 2013 sont une raideur du coude droit et des douleurs chroniques neuropathiques. Par un jugement avant dire droit du 20 janvier 2022, le tribunal a ordonné une nouvelle expertise en vue de déterminer s'il existe un lien de causalité entre l'accident de service survenu le 27 juin 2013 et les douleurs ressenties par Mme A depuis cette date, et en particulier, de dire si la lésion tumorale opérée en 2014 est à l'origine de ces douleurs, et dans quelle mesure l'accident de service a eu une incidence sur l'évolution de cette lésion, ainsi que de fixer la date de consolidation et le taux d'incapacité permanente partielle dont demeure atteinte Mme A.

5. En premier lieu, l'état de santé de la victime d'un dommage corporel doit être regardé comme consolidé à la date à laquelle l'ensemble de ses préjudices corporels résultant du fait générateur sont susceptibles d'être évalués et réparés, y compris pour l'avenir. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que le 8 décembre 2014, date à laquelle Mme A est sortie du centre médico-chirurgical où elle a subi une résection du muscle brachial antérieur droit, l'ensemble de ses préjudices corporels étaient susceptibles d'être évalués et réparés, compte tenu notamment des douleurs et soins post-opératoires. Dans ces conditions, la date de consolidation doit être fixée au 16 décembre 2016, date à laquelle l'intéressée a repris son activité professionnelle.

6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur C du 7 juin 2022, que Mme A présentait une malformation artério-veineuse du muscle brachial droit, préexistante à l'accident de service du 27 juin 2013. Si cette lésion a été révélée par le traumatisme subi à l'occasion de cet accident, qui a déclenché sa croissance et provoqué l'apparition de symptômes, la malformation portée par Mme A n'aurait eu, en l'absence de traumatisme, que 15% de chance de rester totalement asymptomatique. Ainsi, il y a lieu de retenir que l'accident de service dont Mme A a été victime le 27 juin 2013 a conduit à une perte de chance, évaluée à 15%, d'éviter l'aggravation de son état antérieur.

En ce qui concerne les préjudices :

7. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3, Mme A ne peut prétendre à une indemnisation ni au titre de l'incidence professionnelle de l'accident de service qu'elle a subi, ni à raison de perte de gains professionnels futurs. Les demandes indemnitaires présentées par l'intéressée à ce titre ne pourront, par suite, qu'être rejetées.

8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'accident de service, Mme A est restée atteinte d'un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe II du 26 juin 2013 au 30 novembre 2014, de classe III du 9 décembre 2014 au 9 février 2015 et enfin de classe II du 10 février 2015 au 15 décembre 2016. Il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire en fixant à 2 500 euros le montant de la réparation incombant à l'EHPAD de Frontenaud à ce titre.

9. En troisième lieu, l'expert ayant estimé à 3,5/7 les souffrances endurées jusqu'à la consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en en fixant la réparation à la somme de 5 410 €. En revanche, s'agissant du préjudice esthétique temporaire, évalué à 2/7 pendant 2 mois par l'expert, il ne saurait donner lieu à une indemnisation spécifique, compte tenu de sa durée très courte et de l'absence d'altération majeure de l'apparence physique de l'intéressée.

10. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'intervention chirurgicale qu'elle a subie, l'état de santé de Mme A a nécessité l'assistance d'une tierce personne, à raison de trois heures par jour pendant deux mois puis d'une heure par jour jusqu'à la date de consolidation le 16 décembre 2016. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours. Compte tenu du taux horaire chargé pour l'emploi d'une personne non spécialisée en 2014 (13,34 euros), en 2015 (13,45 euros) et en 2016 (13,54 euros), le préjudice subi par Mme A à ce titre s'élève à la somme de 13 136, 69 euros.

11. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que Mme A reste atteinte, après consolidation de son état, d'une limitation de la flexion du coude de 15 degrés, d'un déficit de la prosupination qualifié de modéré par l'expert, et d'un déficit de la force musculaire évalué à 4/5 par l'expert, en lien avec la résection du muscle brachial antérieur. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir un déficit fonctionnel permanent de 15% comme proposé par l'expert. Compte tenu de l'âge de Mme A à la date de consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en fixant à 21 374, 50 euros la somme accordée à ce titre.

12. En sixième lieu, Mme A fait état de frais divers, liés à des déplacements pour des rendez-vous médicaux pour un montant non contesté de 381,19 €. Compte tenu des justificatifs produits par l'intéressée, elle est fondée à demander à être indemnisée à hauteur de cette somme.

13. En septième lieu, compte tenu du déficit fonctionnel permanent résultant des séquelles décrites au point 11, les dépenses liées à la réduction d'autonomie, à savoir les travaux dans la salle de bain et le véhicule à boite automatique, n'apparaissent pas justifiées. Il en va de même de l'assistance par une tierce personne, qui n'apparait pas justifiée à la suite de la consolidation de l'état de santé de la requérante. Ces chefs de préjudice ne sauraient, par suite, ouvrir droit à indemnisation.

14. En huitième lieu, il résulte de l'instruction que Mme A reste atteinte d'un préjudice esthétique permanent évalué à 1,5/7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à l'intéressée une somme de 1 400 € ce titre.

15. Enfin, en l'absence de tout justificatif permettant d'en établir la matérialité, le préjudice d'agrément invoqué par Mme A ne saurait ouvrir droit à indemnisation.

16. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des préjudices subis par Mme A s'élève à la somme de 44 202, 38 euros. Compte tenu du taux de perte de chance de 15% retenu au point 6, Mme A est fondée à demander que soit mise à la charge de l'EHPAD de Frontenaud, en réparation des préjudices résultant de son accident de service, la somme de 6 630, 36 euros.

Sur les dépens :

17. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".

18. Il y a lieu, en application de ces dispositions, de mettre à la charge définitive de l'EHPAD de Frontenaud les frais des expertises, taxés et liquidés pour la première à la somme de 500 euros par l'ordonnance du 8 juin 2018, et pour la seconde à la somme de 1 600 euros par l'ordonnance 7 juillet 2022, soit 2 100 euros.

Sur les frais de l'instance :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y pas lieu à cette condamnation ".

20. Ces dispositions font à obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme de 2 000 euros demandée par le l'EHPAD de Frontenaud au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'EHPAD de Frontenaud la somme de 1 500 euros à verser à Mme A en application de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'EHPAD de Frontenaud versera à Mme A une somme de 6 630, 36 euros en réparation de ses préjudices.

Article 2 : Les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme totale de 2 100 euros par ordonnances des 8 juin 2018 et 7 juillet 2022 sont mis à la charge définitive de l'EHPAD de Frontenaud.

Article 3 : L'EHPAD de Frontenaud versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par de l'EHPAD de Frontenaud au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Saône et à l'EHPAD de Frontenaud.

Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Delespierre, président,

Mme Desseix, première conseillère,

Mme Hunault, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.

La rapporteure,

M. DESSEIX

Le président,

N. DELESPIERRELa greffière,

E. HERIQUE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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