mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2002450 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FIDAL NANTES SELAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 septembre 2020 et 6 janvier 2021, la société coopérative agricole Axéréal, représentée par la société d'exercice libéral par actions simplifiée Fidal, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 dans les rôles de la commune de Pouilly-sur-Loire, à raison de son établissement situé sur le territoire de cette commune ;
2°) de condamner l'Etat aux dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle peut bénéficier d'une exonération de cotisation foncière des entreprises sur le fondement des dispositions de l'article 1450 du code général des impôts et des articles L. 521-1 et L. 311-1 du code rural et de la pêche maritime, dès lors que l'activité qu'elle exerce dans l'établissement en litige s'inscrit dans le prolongement normal des opérations agricoles réalisées par les agriculteurs associés coopérateurs et qu'elle n'exerce qu'une activité de collecte, de stockage et de commercialisation de céréales et non une activité de transformation ;
- l'administration ne peut mettre en œuvre une compensation au sens de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales, seulement si elle accorde l'exonération sollicitée, à fin de compensation entre ce dégrèvement et les sommes indûment restituées au titre du plafonnement sur la valeur ajoutée ;
- à titre subsidiaire, l'établissement en litige ne revêt pas un caractère industriel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2020, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable, dès lors que les impositions contestées ont déjà fait l'objet, avant l'introduction de l'instance, d'un dégrèvement au titre du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2021, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la société requérante est fondée à demander le bénéfice de l'exonération sollicitée, dans la limite d'un quantum avant compensation de 58 537 euros au titre de l'année 2018 et de 60 713 euros au titre de l'année 2019 ;
- les dégrèvements calculés entrent dans le champ d'une compensation d'assiette, sur le fondement de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales, eu égard au dégrèvement total intervenu au titre du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée.
Par un mémoire, enregistré le 26 février 2021, la société coopérative agricole Axéréal, représentée par la société d'exercice libéral par actions simplifiée Fidal, conclut aux mêmes fins que précédemment.
Elle soutient que :
- elle se désiste du moyen soulevé à titre subsidiaire, tiré de l'absence de caractère industriel de l'établissement de Pouilly-sur-Loire ;
- elle prend note de l'acceptation du service quant au bénéfice de l'exonération sollicitée ;
- elle demande à l'administration de prononcer en conséquence les dégrèvements proposés ;
- il appartient à l'administration de faire usage des dispositions du V de l'article 1647 B sexies du code général des impôts pour remettre en cause les montants des dégrèvements versés à tort au titre du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2021, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet des conclusions de la requête pour les mêmes motifs que précédemment.
Par un mémoire, enregistré le 25 avril 2022, la société coopérative agricole Axéréal, représentée par la société d'exercice libéral par actions simplifiée Fidal, conclut aux mêmes fins que précédemment et se désiste du moyen tiré de l'application des dispositions du V de l'article 1647 B sexies du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2022, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au non-lieu à statuer, s'agissant des conclusions à fin de décharge et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'établissement de Pouilly-sur-Loire, dans la Nièvre, de la société coopérative agricole Axereal, qui a pour activité la collecte et la vente de céréales, a été assujetti à la cotisation foncière des entreprises, en qualité d'établissement industriel, pour un montant total de 77 645 euros au titre de l'année 2018 et de 80 533 euros au titre de l'année 2019. Par une réclamation contentieuse du 27 décembre 2019, la SCA Axereal a demandé, à titre principal, le bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions de l'article 1450 du code général des impôts et, à titre subsidiaire, l'imposition de cet établissement selon la méthode tarifaire prévue à l'article 1498 du code général des impôts, et non comme un établissement industriel. Par une décision explicite du 6 juillet 2020, l'administration fiscale a rejeté cette réclamation. La société coopérative agricole Axereal demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises, auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 dans les rôles de la commune de Pouilly-sur-Loire.
2. Par deux décisions, la première intervenue avant l'introduction de l'instance, et la seconde intervenue après l'introduction de l'instance, l'administration fiscale a accordé à la SCA Axereal, sur le fondement de l'article 1647 B sexies du code général des impôts, des dégrèvements de cotisation foncière des entreprises, à hauteur de 77 645 euros, s'agissant de l'année 2018, et à hauteur de 80 533 euros, s'agissant de l'année 2019, au titre du plafonnement de la contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée, s'agissant de l'établissement de Pouilly-sur-Loire. En cours d'instance, l'administration fiscale a admis le principe de l'exonération prévue à l'article 1450 du code général des impôts pour la seule activité de collecte de céréales. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que cette exonération devrait donner lieu à des dégrèvements de montants respectifs de 58 537 euros et de 60 713 euros, au titre de chacune de ces deux années. La société requérante, qui par ailleurs s'est désistée du moyen tiré de l'absence de caractère industriel de l'établissement, ne conteste pas le quantum de ce dégrèvement et, ce faisant, que l'administration a intégralement fait droit au moyen soulevé.
3. En outre, l'administration fiscale doit être regardée comme se prévalant, sur le fondement des dispositions de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales, de la compensation, à hauteur d'une somme de 58 537 euros, s'agissant de l'année 2018, et d'une somme de 60 713 euros, s'agissant de l'année 2019, entre la réduction demandée par le contribuable et dont elle admet le principe, et le reversement du dégrèvement indûment restitué au titre du plafonnement de la contribution économique territoriale. Si la société requérante a soutenu, au cours de l'instance, que l'administration était tenue de mettre en œuvre la procédure de reversement prévue par les dispositions du V de l'article 1647 B sexies du code général des impôts et qu'elle ne pouvait mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales, elle s'est désistée de ce moyen en cours d'instance et ne conteste plus la possibilité de recourir à une compensation en vertu de ces dispositions.
4. Aux termes de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales : " Lorsqu'un contribuable demande la décharge ou la réduction d'une imposition quelconque, l'administration peut, à tout moment de la procédure et malgré l'expiration des délais de prescription, effectuer ou demander la compensation dans la limite de l'imposition contestée, entre les dégrèvements reconnus justifiés et les insuffisances ou omissions de toute nature constatées dans l'assiette ou le calcul de l'imposition au cours de l'instruction de la demande. ".
5. Les sommes accordées à un contribuable au titre du plafonnement de sa contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée s'imputent sur la cotisation foncière des entreprises due par celui-ci. Dès lors, l'administration peut, en application des dispositions de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales, effectuer ou demander, pour une année donnée, la compensation entre la réduction de cette cotisation qu'un contribuable demande et le reversement de celles des sommes précitées qui lui ont été indûment restituées.
6. En l'espèce, il n'est pas contesté que les droits omis résultant du plafonnement de la contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée, accordé, pour partie, à tort par l'administration, sont égaux au montant des droits résultant de la réduction des bases imposables de la société à la cotisation foncière des entreprises, une fois pris en compte le dégrèvement prononcé par l'administration et mentionné au point 2 du présent jugement. Il résulte de l'instruction que la compensation sollicitée concerne le même contribuable et porte sur la même période d'imposition. Il résulte enfin de l'instruction que le montant de la compensation sollicitée est inférieur au quantum restant en litige. L'administration disposait, comme elle le soutient, de la possibilité d'effectuer ou de demander une compensation au sens des dispositions de l'article L. 203 du livre des procédures fiscales. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande de compensation présentée par l'administration fiscale, à hauteur des sommes mentionnées au point 2 du présent jugement, entre la réduction demandée par le contribuable et le reversement du dégrèvement indûment restitué au titre du plafonnement de la contribution économique territoriale
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la société coopérative agricole Axereal doivent être rejetées.
Sur les dépens :
8. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
9. Il ne résulte pas de l'instruction que la SCA Axereal aurait exposé des dépens au sens des dispositions précitées. Ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat aux dépens ne peuvent ainsi qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, en tout état de cause, de faire droit aux conclusions de la SCA Axereal présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCA Axereal est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société coopérative agricole Axereal et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le rapporteur,
I. A
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026