jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2003146 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP TISSOT HOPGOOD DEMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2020, et un mémoire enregistré le 18 mai 2021, Mme A C, représentée par la Selarl Hopgood et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision orale du 16 septembre 2020 par laquelle le directeur de l'institut universitaire de technologie (IUT) du Creusot a rompu son contrat à durée déterminée ;
2°) de condamner l'université de Bourgogne à lui verser la somme de 20 810,64 euros bruts à titre de rappel de salaire, et 2 081,06 euros au titre des congés payés ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Bourgogne la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son maintien en fonction au-delà de la date de fin de son contrat de travail a fait naitre un nouveau contrat de même durée, soit un an, et la décision de mettre fin à ce contrat avant son terme constitue une décision de licenciement ;
- les dispositions du décret du 17 janvier 1986 ont été méconnues dès lors qu'elle n'a pas bénéficié d'un entretien préalable à son licenciement et que la commission consultative paritaire n'a pas été consultée ;
- ce licenciement n'est justifié par aucun motif ;
- elle a droit au rappel des traitements qu'elle aurait du percevoir pendant le contrat, ainsi qu'aux congés payés afférents.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 février et 11 juin 2021, l'université de Bourgogne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- il n'y a pas eu de renouvellement implicite du contrat initial, dès lors que le contrat ne contenait aucune clause de renouvellement tacite et que Mme C a changé de fonctions à compter du 1er septembre 2020 ;
- la décision du 16 septembre 2020 ne constitue donc pas un licenciement ;
- le nouveau contrat verbal conclu à compter du 1er septembre 2020 était illégal et la décision d'y mettre fin prise le 16 septembre 2020 constitue une décision de retrait prise régulièrement dans le délai de quatre mois ;
- l'administration étant en situation de compétence liée pour opérer ce retrait, les moyens soulevés sont inopérants.
Par courrier du 1er septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires faute de demande préalable.
Des observations sur ce moyen, présentées pour Mme C, ont été enregistrées le 7 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°86-83 du 17 janvier 1986.
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- les observations de Me Ndong Ndong, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée par l'université de Bourgogne par contrat à durée déterminée pour exercer des fonctions d'assistante ingénieure, chargée de communication, à l'Institut universitaire de technologie (IUT) du Creusot. Ce contrat, initialement conclu pour la période du 10 octobre 2017 au 9 octobre 2018, a été prolongé à plusieurs reprises par avenants, du 10 octobre 2018 au 31 août 2019, puis du 1er septembre 2019 au 31 août 2020. Le 27 août 2020, Mme C s'est vu proposer de nouvelles fonctions de chargée de projet dans le " Village ressources apprenant international " et est demeurée en poste auprès de l'IUT. Elle a pris ses nouvelles fonctions le 1er septembre 2020. Le 16 septembre 2020, elle a été informée oralement par le directeur de l'IUT qu'il était mis fin à son contrat. Par courriel du 17 septembre 2020 il lui a été précisé que cette décision était motivée par " une situation non conforme à la réglementation ". Elle s'est ensuite vue proposer, à titre de régularisation, un avenant à son contrat de travail portant sur la période du 1er au 16 septembre 2020, sur des fonctions de secrétaire administrative, qu'elle a refusé de signer. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision orale du 16 septembre 2020 de mettre fin à son contrat. Elle doit également être regardée comme concluant à la condamnation de l'université de Bourgogne à l'indemniser à hauteur de 22 891,7 euros au titre des traitements et congés payés dont elle aurait été illégalement privée entre le 1er septembre 2020 et le 31 août 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors applicable : " Pour les besoins de continuité du service, des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 61 a été effectuée. Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent article, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 4 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat, dans sa version alors en vigueur : " L'agent non titulaire est recruté par contrat. Le contrat mentionne la disposition législative sur le fondement de laquelle il est établi. Lorsqu'il est conclu en application des articles 3 ou 4 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, il précise l'alinéa en vertu duquel il est établi. Le contrat précise sa date d'effet, sa durée, le poste occupé ainsi que la catégorie hiérarchique, telle que définie au troisième alinéa de l'article 29 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, dont l'emploi relève. "
4. Sauf s'il présente un caractère fictif ou frauduleux, le contrat de recrutement d'un agent contractuel de droit public crée des droits au profit de celui-ci. Sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire, l'administration peut donc retirer l'acte d'engagement contractuel d'un agent, s'il est illégal, dans le délai de quatre mois suivant la date à laquelle il a été pris, sans qu'il soit besoin, dans ce délai, de régulariser le contrat, de régulariser la situation de l'intéressé ou de procéder à son licenciement.
5. En l'espèce, Mme C a été recrutée par contrat à durée déterminée pour exercer des fonctions d'assistante ingénieure, chargée de communication, à l'Institut universitaire de technologie du Creusot, sur le fondement de l'article 6 quinquies de la loi du 11 janvier 1984. Ce contrat, initialement conclu pour la période du 10 octobre 2017 au 9 octobre 2018, a été prolongé à plusieurs reprises par avenants, jusqu'au 31 août 2020, soit au-delà de la durée totale de deux ans autorisée. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et des propres écritures de la requérante qu'à compter du 1er septembre 2020, Mme C a été affectée sur des nouvelles fonctions de chargée de projet dans un nouveau service, le "Village ressources apprenant international". Contrairement à ce que soutient l'université, aucun des éléments produits ne permet de considérer que la commune intention des parties était que ce nouveau contrat, conclu verbalement et prenant effet le 1er septembre 2020, ait, à la différence des précédents engagements de l'intéréssée, une durée inférieure à un an. La requérante a occupé ces nouvelles fonctions jusqu'à ce qu'il lui soit demandé, le 16 septembre 2020, de quitter l'établissement.
6. Il n'est pas contesté que l'acte d'engagement de Mme C sur le nouveau poste qu'elle a occupé à compter du 1er septembre 2020 était illégal faute de respecter les dispositions de l'article 4 du décret du 17 janvier 1986 qui subordonne le recrutement d'un agent non titulaire à la conclusion d'un contrat écrit mentionnant la disposition législative sur le fondement de laquelle il est établi et précisant sa date d'effet, sa durée, le poste occupé ainsi que la catégorie hiérarchique dont l'emploi relève. Dans ces conditions, la décision du 16 septembre 2020, révélée par un mail du 17 septembre 2020, mettant fin aux fonctions de Mme C en raison de sa situation " non conforme à la règlementation ", doit s'analyser comme une décision de retrait de son acte d'engagement illégal du 1er septembre 2020 intervenu dans le délai de quatre mois suivant la date à laquelle il a été pris et non, contrairement à ce que soutient la requérante, comme une décision de licenciement. Par suite, les moyens soulevés par Mme C, tirés du défaut d'entretien préalable à son licenciement et d'absence de consultation de la commission consultative paritaire sur ce licenciement en violation des dispositions des articles 47 et 47-1 du décret du 17 janvier 1986 et de l'absence de motif justifiant ce licenciement, sont inopérants et doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision du 16 septembre 2020 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
9. Mme C ne justifie pas avoir adressé à l'université de Bourgogne une réclamation indemnitaire préalable au titre des traitements et congés payés dont elle estime avoir été illégalement privée entre le 1er septembre 2020 et le 31 août 2021. Si elle produit une lettre du 16 septembre 2020 par laquelle elle demande à l'administration de lui communiquer un contrat afin de régulariser sa situation administrative et financière, ce courrier ne peut être regardé comme une demande préalable d'indemnisation du préjudice que lui aurait causé la décision en litige. En l'absence d'une telle demande, ses conclusions indemnitaires sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université de Bourgogne la somme que demande Mme C au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à l'université de Bourgogne.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O ROUSSET
La greffière,
M D
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La gerffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026