LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2003431

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2003431

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2003431
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLE GARS JEAN-MARC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 décembre 2020 et 19 avril 2021, la SA Mecelec composites, représentée par Me Le Gars, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, ou subsidiairement la réduction, de la cotisation foncière des entreprises et des taxes annexes auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Vonges au titre des années 2017 à 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des article L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- c'est à tort que l'administration a rejeté comme tardive sa réclamation préalable au titre des années 2017 et 2018 dès lors que les avis d'impositions ne comportaient pas l'indication des voies et délais de recours et que le délai de réclamation prévu à l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ne pouvait donc pas lui être opposé ;

- conformément aux dispositions de l'article 1447 du code général des impôts, elle ne pouvait être assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2017 à 2019 dès lors qu'elle n'exerçait aucune activité professionnelle au sein du bâtiment sis à Vonges ;

- en application de l'article 1467 du code général des impôts et de la documentation administrative, la valeur locative des biens ne pouvait être incluse dans les bases d'imposition à la cotisation foncière des entreprises dès lors que les biens n'étaient plus utilisés et plus utilisables ;

- à supposer même qu'il était encore possible de donner les biens en location, la valeur locative aurait dû être déterminée en application des dispositions de l'article 1498 du code général des impôts et non des dispositions de l'article 1499 du même code.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la réclamation de la société portant sur les années 2017 et 2018 était tardive dès lors que la cotisation foncière des entreprises a été mise en recouvrement les 31 octobre 2017 et 31 octobre 2018 et que les notices jointes aux avis d'imposition mentionnaient les voies et délais de recours ;

- les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées par une lettre du 29 mars 2021 que cette affaire était susceptible, à compter du 26 avril 2021, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 25 juin 2021 par une ordonnance du même jour.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique,

- le rapport de Mme Zeudmi Sahraoui, rapporteure,

- les conclusions de M. Bataillard, rapporteur public,

- et les observations de Me Cordelier, représentant la SA Mecelec Composites.

Considérant ce qui suit :

1. La SA Mecelec composites, qui exerce une activité de transformation de matériaux composites et de plastiques, dispose d'un établissement principal à Mauves dans l'Ardèche, et exploitait, jusqu'au 31 décembre 2013, un établissement secondaire situé sur le territoire de la commune de Vonges à raison duquel elle a été assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2017 à 2019. Par une réclamation du 5 octobre 2020, la SA Mecelec composites a contesté ces impositions. Par une décision du 26 novembre 2020 l'administration fiscale a rejeté cette demande.

Sur les conclusions à fin de décharge des impositions litigieuses et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense :

2. En premier lieu aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. "

3. Il résulte de l'instruction que la SA Mecelec composites, qui dispose, en plus de l'établissement en litige, d'un établissement situé 3 rue des Condamines à Mauves, en Ardèche, exerce à titre habituel, depuis sa création en 1997, une activité professionnelle de transformation de matériaux composites et de plastiques. Dans ces conditions, et à supposer même qu'elle ait cessé d'exploiter l'établissement industriel situé à Vonges au titre des années 2017, 2018 et 2019, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'entrait pas dans le champ d'application de la cotisation foncière des entreprises défini à l'article 1447 du code général des impôts.

4. En second lieu, aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période ". Aux termes de l'article 1467 A du même code : " Sous réserve des II, III IV et VI de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile. ". Aux termes de l'article 1478 du même code : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due pour l'année entière par le redevable qui exerce l'activité le 1er janvier. Toutefois le contribuable qui cesse toute activité dans un établissement n'est pas redevable de la cotisation foncière des entreprises pour les mois restant à courir, sauf en cas de cession de l'activité exercée dans l'établissement ou en cas de transfert d'activité. "

5. Il résulte des dispositions précitées de l'article 1467 du code général des impôts que les biens dont la valeur locative est ainsi intégrée dans l'assiette de la cotisation foncière des entreprises sont ceux placés sous le contrôle du redevable et que celui-ci utilise matériellement pour la réalisation des opérations qu'il effectue pendant la période de référence, qu'il en fasse ou non, alors, effectivement usage.

6. S'il appartient au juge de l'impôt de se prononcer sur les prétentions du contribuable au vu des résultats de l'instruction, il incombe à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, en particulier lorsqu'elle est seule en mesure de détenir des éléments de preuve utiles à cette fin.

7. Il est constant que, par une décision du conseil d'administration de la SA Mecelec composites du 5 juillet 2013, prenant effet au 31 décembre 2013, il a été mis fin à l'activité de production industrielle exercée sur le site de Vonges et que cette activité de production a été transférée sur le site de Mauves en Ardèche. Si la société fait valoir que, du fait de cette décision, les immeubles situés à Vonges ne sont plus utilisés et qu'elle ne réalise plus aucune opération sur ce site, il est toutefois constant que, compte tenu du bail emphytéotique d'une durée de vingt ans, conclu pour une période allant du 1er octobre 2003 au 30 septembre 2023, qui n'a pas été résilié, ces locaux ne peuvent être regardés que comme placés sous son contrôle et à sa disposition au titre des périodes en litige. Si la société requérante soutient que les bâtiments situés à Vonges, laissés à l'état de friches, étaient inutilisés et inutilisables en raison de leur vétusté, qu'ils ne disposaient plus de moyens matériels et humains et que le site était pollué, ses allégations ne sont corroborées par aucune pièce versée au dossier. Dès lors, la SA Mecelec composites doit être regardée comme susceptible d'utiliser matériellement cet établissement pour la réalisation des opérations qu'elle effectue. C'est, dès lors, à bon droit que l'administration a intégré dans les bases d'imposition à la cotisation foncière des entreprises la valeur locative des biens que la société requérante loue à Vonges.

8. Enfin, les règles suivant lesquelles est déterminée la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties sont définies à l'article 1496 du code général des impôts pour les " locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une profession autre qu'agricole, commerciale, artisanale ou industrielle ", à l'article 1498 pour " tous les biens autres que les locaux d'habitation ou à usage professionnel visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 " et à l'article 1499 pour les " immobilisations industrielles ".

9. Revêtent un caractère industriel, au sens de cet article, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant. Si la vacance, résultant de la cessation de l'activité industrielle, de ce local n'est pas de nature, par elle-même, à lui faire perdre son affectation industrielle, il n'en est pas de même si cette vacance est assortie de la disparition de tout moyen technique industriel, qui rend l'immeuble disponible pour une activité autre qu'industrielle.

10. Si la SA Mecelec composites demande, à titre subsidiaire, que la méthode prévue par le 1° de l'article 1498 du code général des impôts soit substituée, pour la détermination de la valeur locative de l'établissement de Vonges, à la méthode comptable de l'article 1499 retenue par l'administration, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas davantage établi par la société requérante, seule en mesure de le faire, que le site serait dépourvu de tout moyen technique industriel, qui rendrait l'ensemble immobilier disponible pour une autre activité. La circonstance que l'administration ait relevé que la SA Mecelec composites avait transféré son activité à Mauves n'est pas de nature à établir que le site de Vonges ne disposait plus de moyens techniques industriels. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter la détermination de la valeur locative par une autre méthode que celle prévue pour les immobilisations industrielles.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la SA Mecelec composites n'est fondée à demander ni la décharge ni la réduction de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2017 à 2019.

Sur les conclusions présentées au titre des articles R.761-1 et L. 761-1 du code de justice administrative :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la SA Mecelec composites au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Doivent également être rejetées les conclusions présentées par la requérante au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SA Mecelec composites est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA Mecelec composites et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,

M. Hugez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.

La rapporteure,

N. ZEUDMI SAHRAOUI

Le président,

Ph. NICOLETLa greffière,

L. CUROT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions