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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2100586

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2100586

lundi 20 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2100586
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSARDIN ET THELLYERE (ST AVOCATS)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er mars, 7 et 21 décembre 2021, la société anonyme Pacifica, représentée par Me Sardin, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône à lui verser la somme de 162 072,30 euros, augmentée des intérêts au taux légal capitalisés, en remboursement des sommes mises à sa charge par jugement du tribunal judiciaire du 7 janvier 2020 ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône les dépens ainsi qu'une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Dans le dernier état de ses écritures, la société Pacifica soutient que :

- le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône est entièrement responsable du dommage causé par l'amputation de la jambe droite de 'A'M. B'/A' qu'elle a indemnisée à la suite à l'accident de la route dont il a été victime le 1er janvier 2000 ;

- l'aggravation des préjudices de M. B est totalement imputable à la faute du centre hospitalier, de sorte qu'elle est fondée à solliciter sa condamnation au remboursement des sommes mises à sa charge à ce titre par le tribunal judiciaire de Lyon ;

- elle justifie s'être acquittée de la somme totale de 159 072,30 euros ;

- il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier :

* 922 heures à raison de 15 euros par heure, soit " 830 euros " au titre des frais d'assistance par tierce personne du 11 mars au 31 mai 2010 ;

* 66 606,50 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne permanente ;

* 9 135 euros au titre de la surprime d'assurance d'un prêt immobilier liée en partie à l'amputation de la victime ;

* 24 948 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

* 600 euros au titre du préjudice esthétique temporaire évalué à 1 sur 7 ;

* 8 000 euros au titre des souffrances endurées qui ont été évaluées à 4 sur 7 ;

* 33 986,72 euros au titre des intérêts ;

* 1 200 euros au titre des frais de procédure ;

* 766,08 euros au titre des dépens ;

* 3 000 euros au titre des frais d'avocat et de médecin conseil ;

- l'arrêt par lequel la cour administrative de Lyon lui a alloué la somme de 30 000 euros n'est pas définitif ;

- elle a remboursé le trop-perçu résultant de l'arrêt de la cour administrative d'appel au centre hospitalier dans l'attente de la décision du Conseil d'Etat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2021, le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, représenté par Me Geslain, conclut à ce que, d'une part, les sommes mises à sa charge soient réduites à de plus justes proportions et, d'autre part, soient déduites la provision de 30 000 euros ainsi que la somme de 275 850,64 euros restant due par la société Pacifica.

Le centre hospitalier fait valoir que :

- il s'en rapporte à la sagesse du tribunal quant à l'engagement de sa responsabilité ;

- s'agissant des préjudices invoqués :

* il ne conteste pas les demandes d'un montant de " 830 euros " d'assistance temporaire par tierce personne et de 9 135 euros au titre de la surprime d'assurance ;

* aucune assistance permanente par tierce personne n'a été retenue par l'expert, de sorte que ni la réalité ni le lien de causalité entre ce préjudice et la faute qui lui est imputable ne sont démontrés ;

* l'indemnisation du déficit fonctionnel temporaire devra être limitée à la somme de 14 554 euros ;

* il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire de la victime et des souffrances endurées en les fixant respectivement aux sommes de 300 euros et 7 000 euros ;

* les intérêts mis par le juge judiciaire à la charge de la société Pacifica ne lui sont pas imputables ;

* les demandes présentées au titre des frais d'expertise et d'instance ne sont pas fondées ;

* il a déjà été condamné par arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 25 août 2020 à verser à la compagnie d'assurance la somme de 30 000 euros dont cette dernière s'était acquittée à titre de provision ;

* la société Pacifica lui demeure redevable d'un trop perçu de 275 850,64 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des assurances ;

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code du travail ;

- la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hunault,

- les conclusions de M. Puglierini, rapporteur public,

- les observations de Me Thellyère, représentant la société Pacifica et les observations de Me Dandon, représentant le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône.

Le 1er février 2023, une note en délibéré a été produite pour la société Pacifica.

Considérant ce qui suit :

1. Le 1er janvier 2000 vers deux heures du matin, M. B, alors âgé de 19 ans, a été victime d'un accident de la circulation alors qu'il était piéton. Initialement pris en charge et opéré par le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, il a ensuite été transféré à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon, le 7 janvier suivant, au sein duquel il a été amputé du tiers inférieur de la cuisse droite en raison d'une ischémie sévère engageant son pronostic vital. Par un premier jugement du tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône du 12 février 2004, statuant sur les intérêts civils et ordonnant avant dire droit une expertise sur les préjudices soumis à recours des organismes de sécurité sociale, 'A'M. C'/A', le conducteur responsable de l'accident, et la société Pacifica, son assureur, ont été condamnés à verser à M. B -dont la date de consolidation initiale était fixée au 18 avril 2001- une indemnité de 51 391,29 euros en réparation de son préjudice personnel. Par un second jugement du tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône du 10 juin 2010, partiellement réformé par un arrêt définitif de la cour d'appel de Dijon du 19 mai 2011, l'évaluation des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux de M. B a été fixée, déduction faite des provisions accordées, d'un montant total de 160 489,80 euros, à la somme de 103 974,87 euros, au versement de laquelle M. C a été condamné.

2. Saisi par la société Pacifica, subrogée à la fois dans les droits de M. C et de M. B, le tribunal administratif de Dijon a, par jugement du 20 juin 2018, condamné le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône à rembourser à l'assureur une somme de 406 457,11 euros. Par un arrêt n° 18LY03229 du 25 août 2020, la cour administrative d'appel de Lyon a, d'une part, accueilli l'exception de chose jugée opposée aux conclusions indemnitaires présentées par l'assureur au titre des frais de santé versés à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Saône-et-Loire et des indemnités allouées à la victime en exécution du jugement judiciaire du 12 février 2004 et, d'autre part, estimé que le dommage causé par l'amputation de la jambe droite de M. B engageait l'entière responsabilité du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône et condamné l'établissement à verser à l'assureur la somme de 160 411,23 euros dont 30 000 euros en remboursement d'une provision mise à la charge de la société Pacifica par un arrêt de la cour d'appel de Lyon du 25 janvier 2011 au titre d'une aggravation subie par la victime " ayant nécessité une intervention chirurgicale en mars 2010 pour résection d'un ostéophyte ". Par une décision n° 445319 du 20 décembre 2022, le Conseil d'Etat a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon en tant seulement que cet arrêt s'était prononcé sur les conclusions de la société Pacifica au titre des frais de santé versés à la CPAM de Saône-et-Loire et des indemnités allouées à la victime en exécution du jugement judiciaire du 12 février 2004.

3. A la suite de l'aggravation des préjudices de la victime, le tribunal judiciaire de Lyon a, par un jugement du 7 janvier 2020, devenu définitif, condamné la compagnie d'assurance à verser à M. B la somme de 93 119,50 euros, déduction faite de la provision versée à ce titre d'un montant de 30 000 euros. La société Pacifica demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Saône-et-Loire à lui verser la somme totale de 162 072,30 euros en remboursement des sommes exposées à la suite de l'aggravation de l'état de la victime à compter du 13 juillet 2006.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône :

4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I.- Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

5. D'une part, dans son arrêt du 25 août 2020, qui est sur ce point devenu définitif, la cour administrative d'appel de Lyon a jugé que le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône était entièrement responsable du dommage causé par l'amputation de la jambe droite de M. B. Par suite, le centre hospitalier doit assurer la réparation des préjudices qui présentent un lien direct et certain avec cette amputation.

6. D'autre part, il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise diligentée par l'autorité judiciaire, que M. B, dont l'état est désormais consolidé au 3 mars 2011, a subi une aggravation, à compter de juillet 2006, en raison d'un ostéophyte du moignon de la cuisse " imputable, en totalité, aux suites de l'amputation considérées comme secondaires à l'erreur de l'hôpital ", ce qu'au demeurant ne conteste nullement le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône. La société Pacifica, subrogée dans les droits de la victime et de l'assuré responsable de l'accident initial, est dès lors fondée à rechercher la responsabilité du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône au titre des préjudices subis par M. B procédant de cette aggravation.

En ce qui concerne la réparation des préjudices :

7. La nature et l'étendue des réparations incombant à une collectivité publique en raison d'une faute dont la responsabilité lui est imputée ne dépendent pas de l'évaluation du dommage faite par l'autorité judiciaire dans un litige où elle n'a pas été partie et n'aurait pu l'être mais doivent être déterminées par le juge administratif compte tenu des règles relatives à la responsabilité des personnes morales de droit public et indépendamment des sommes qui ont pu être exposées par le requérant à titre d'indemnité ou d'intérêts.

8. En premier lieu, il résulte tout d'abord des rapports d'expertise judiciaire qu'au titre de l'aggravation, M. B a subi, le 13 juillet 2006, une intervention chirurgicale au niveau des appuis prothétiques en ambulatoire puis, le 28 août 2007, une chirurgie ambulatoire en raison de kystes inguinaux " liés à l'appui prothétique gênant la déambulation ". Il a de nouveau été hospitalisé du 9 au 15 janvier 2008, à fin de réfection du moignon, et du 8 au 10 mars 2010 pour une résection chirurgicale de l'ostéophyte du moignon de la cuisse. Le déficit fonctionnel temporaire de M. B a ainsi été total pendant douze jours. Ensuite, il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel temporaire de l'intéressé a été de 75% pour la période du 11 mars au 31 mai 2010, soit 81 jours. Enfin, du 13 juillet 2006 au 7 mars 2010 -à l'exception d'une période de neuf jours d'hospitalisation- puis du 1er juin 2010 au 3 mars 2011, soit pendant 1 599 jours -et non 1 610 jours-, le déficit fonctionnel temporaire de la victime a été de 60%. Il sera dès lors fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire subi par M. B en l'évaluant, sur la base de 16,67 euros par jour, à la somme de 17 205,94 euros [(16,67x12) + (16,67 x 75%x81) + (16,67x60%x1 599].

9. En deuxième lieu, l'expert a évalué à 4 sur une échelle de 7 les souffrances endurées par M. B depuis 2006 et résultant de l'aggravation liée à son amputation. Eu égard à leur durée, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à 8 000 euros, comme l'a d'ailleurs jugé le tribunal judiciaire de Lyon.

10. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire lié aux fautes commises par le centre hospitalier, évalué à 1 sur une échelle de 7 et résultant de l'utilisation nécessaire d'un fauteuil roulant du 11 mars au 31 mai 2010, soit durant moins de trois mois, en tenant compte de l'âge de la victime, en le fixant à la somme de 400 euros.

11. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expertise réalisée le 11 septembre 2013, que, pendant la période au cours de laquelle son déficit fonctionnel temporaire était partiel et avant sa consolidation, fixée au 3 mars 2011, l'état de santé de M. B a nécessité l'aide d'une tierce personne non spécialisée à raison de 6 heures hebdomadaires " à compter du 16 janvier 2008 ". La société Pacifica demande l'indemnisation d'un volume horaire global, qui n'est ni contesté ni supérieur à l'évaluation résultant de ce qui précède, de 922 heures. Pour évaluer ce préjudice, il est tenu compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, entraînant une indemnisation calculée sur la base d'une année de 412 jours, et du taux horaire moyen de rémunération d'une personne non spécialisée, tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé -compte tenu du taux horaire du salaire minimum interprofessionnel en 2008, 2009, 2010 et 2011- respectivement à 12,19 euros, 12,34 euros, 12,40 euros et 12,86 euros. Il sera dès lors fait une exacte appréciation du préjudice résultant de la nécessité, pour la victime, de recourir temporairement à l'aide d'une tierce personne en raison de l'aggravation résultant de son amputation en le fixant à 12 806,79 euros.

12. En revanche, s'agissant de l'aide permanente, l'expert a estimé, d'une part, que les lombalgies et algies séquellaires des fractures du bassin justifiant une telle aide ne résultent pas du manquement imputable au centre hospitalier mais de l'accident de la circulation et donc de l'état initial de M. B et, d'autre part, que l'utilisation de la prothèse pouvait " éventuellement motiver la nécessité d'une tierce personne " mais " de façon indirecte " et " non imputable de façon certaine et directe à l'amputation ". La société Pacifica n'a produit aucun élément médical sérieux susceptible de remettre en cause l'appréciation de l'expert sur ces points. Dès lors, si les gênes invalidantes temporaires, secondaires à des complications telles qu'un ostéophyte du moignon incompatible avec le port d'une prothèse, nécessitaient -ainsi qu'il a été dit au point 11- l'aide momentanée d'une tierce personne, l'amputation stabilisée et, du reste, compensée par l'octroi d'une prothèse de " très haute qualité ", n'était pas, à elle seule, de nature à rendre nécessaire l'aide permanente d'une tierce personne. Ce chef de préjudice doit dès lors être écarté.

13. En cinquième lieu, il sera fait une juste appréciation de la part du manquement du centre hospitalier dans la surprime d'assurance d'un prêt immobilier contracté par M. B en la fixant à 50 %. Ce poste de préjudice peut dès lors être évalué à 9 135 euros.

14. En sixième lieu, si, dans son jugement du 7 janvier 2020, le tribunal judiciaire de Lyon a infligé à la société Pacifica la sanction financière mentionnée à l'article L. 211-13 du code des assurances au motif qu'elle n'avait pas satisfait à ses obligations d'assureur dans le délai qui lui était imparti, une telle sanction n'est pas imputable au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône. Le chef de préjudice invoqué par la société requérante, évalué par ses soins à 33 986,72 euros, doit dès lors être écarté.

15. En dernier lieu, contrairement à ce que fait valoir en défense le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, les frais et dépens qu'a définitivement supportés une personne en raison d'une instance judiciaire dans laquelle elle était partie sont au nombre des préjudices dont elle peut obtenir réparation devant le juge administratif de la part de l'auteur du dommage, sauf dans le cas où ces frais et dépens sont supportés en raison d'une procédure qui n'a pas de lien de causalité directe avec le fait de cet auteur.

16. D'une part, il résulte de l'instruction, et en particulier des mentions du jugement du tribunal judiciaire de Lyon du 7 janvier 2020 et des documents " justificatifs des dépens " produits par la société requérante, que la société Pacifica justifie avoir procédé au versement d'une somme totale de 1 966,08 euros au titre des dépens et divers frais exposés à l'occasion de cette instance. D'autre part, il sera fait une juste appréciation des frais d'avocat et de conseil exposés par la société Pacifica devant le tribunal judiciaire de Lyon en les évaluant à 1 300 euros.

17. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 16 que le montant total des préjudices que la société Pacifica, dans le cadre de son action subrogatoire, est fondée à demander au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône de réparer s'élève à 50 813,81 euros.

En ce qui concerne la détermination du montant de la condamnation :

18. D'une part, il résulte du point 14 de l'arrêt du 25 août 2020 que la cour administrative d'appel de Lyon a accordé à la société Pacifica, de manière définitive et au titre de l'aggravation de l'état de M. B, une somme de 30 000 euros correspondant à la provision qui avait été allouée par la cour d'appel de Lyon le 25 juin 2011. Cette somme de 30 000 euros doit dès lors être déduite du montant auquel le centre hospitalier est condamné.

19. D'autre part, il résulte de l'instruction, et en particulier du courrier du 15 juillet 2021, que, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, la société Pacifica lui a restitué une somme de 271 877,44 euros à la suite de l'arrêt rendu le 25 août 2020.

20. A la date du présent jugement, le montant auquel le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône doit être condamné s'élève donc, au principal, à la somme de 20 813,81 euros.

En ce qui concerne les intérêts et la capitalisation des intérêts :

21. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement au principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Par suite, la société Pacifica a droit aux intérêts au taux légal afférents à la somme de 20 813,81 euros à compter du 12 février 2021, date à laquelle elle justifie de la réception de sa réclamation préalable en date du 9 février 2021.

22. D'autre part, en application de l'article L. 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.

23. La capitalisation des intérêts a été demandée dans la requête enregistrée au greffe du tribunal le 1er mars 2021. A cette date, il n'était pas dû plus d'une année d'intérêts. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a seulement lieu de faire droit à cette demande à compter du 12 février 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts sur la somme de 20 813,81 euros.

24. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la société Pacifica est seulement fondée à demander la condamnation du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône à lui verser une somme de 20 813,81 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 février 2021 et de la capitalisation des intérêts échus au 12 février 2022.

Sur les dépens :

25. La présente instance n'ayant généré aucun dépens, les conclusions présentées par la société Pacifica sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône la somme de 1 500 euros à verser à la société Pacifica sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1 : Le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône est condamné à verser à la société Pacifica la somme totale de 20 813,81 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 12 février 2021. Les intérêts échus à la date du 12 février 2022 seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier de Chalon-sur-Saône versa la somme de 1 500 euros à la société Pacifica au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Pacifica et au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- M. Blacher, premier conseiller,

- Mme Hunault, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.

La rapporteure,

K. HunaultLe président,

L. BoissyLa greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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