jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100623 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MATHIEU BOURG |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant dire-droit du 14 juin 2022, le tribunal administratif, avant de statuer sur la requête de Mme C, a ordonné une expertise médicale afin notamment d'évaluer les préjudices de l'intéressée.
L'expert a déposé son rapport le 31 mai 2023.
Par un mémoire, enregistré le 3 mai 2024, Mme C, représentée par Me Mathieu, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Sens à lui verser la somme de 29 606,23 euros en réparation de son préjudice ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sens les frais d'expertise ainsi que le versement d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que les préjudices qu'elles a subis s'élèvent à 2 463,30 euros s'agissant des frais de médecin de recours, 290,88 euros pour les frais de déplacement, 2 620,80 euros pour l'assistance à tierce personne, 1 981,25 euros pour le déficit fonctionnel temporaire, 8 000 euros au titre des souffrances endurées, 2 000 euros pour le préjudice esthétique temporaire, 5 250 euros pour le déficit fonctionnel permanent, 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément et 2 000 euros pour le préjudice esthétique permanent.
Par un mémoire, enregistré le 7 mai 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Côte-d'Or demande la condamnation de la commune de Sens à lui rembourser la somme de 6 300,69 euros au titre des prestations versées à son assurée et la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Par un mémoire, enregistré le 21 mai 2024, la commune de Sens, représentée par Me Corneloup, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet des demandes de la CPAM de la Côte-d'Or et à la minoration des prétentions indemnitaires de Mme C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Desseix,
- les conclusions de M. B,
- et les observations de Me Couet représentant Mme C et de Me de Mesnard substituant Me Corneloup représentant la commune de Sens.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 mai 2019, Mme C a été victime d'une chute sur la voie publique au niveau du 39 Grande Rue, sur le territoire de la commune de Sens, provoquée par le relèvement d'une borne rétractable. Par un jugement avant dire droit en date du 14 juin 2022, le tribunal, d'une part, a jugé que la commune de Sens n'apportait pas la preuve de l'entretien normal de cet ouvrage public et que Mme C n'avait commis aucune faute de nature à exonérer, totalement ou partiellement, la commune de sa responsabilité et, d'autre part, a ordonné avant dire-droit une expertise en vue d'évaluer les préjudices subis par l'intéressée en raison de cet accident. L'expert a remis son rapport au greffe du tribunal le 13 mai 2023. Dans le dernier état de ses écritures, Mme C demande la condamnation de la commune de Sens à lui verser la somme totale de 29 606,23 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de sa chute sur la voie publique.
Sur les conclusions à fin de condamnation :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
3. En premier lieu, Mme C justifie avoir exposé des frais de médecin conseil dans le cadre des opérations d'expertise pour un montant de 2 463,30 euros.
4. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation des frais de déplacement que Mme C à exposés pour assister à l'expertise, compte tenu des justificatifs produits par la requérante, dont la valeur probante n'est pas sérieusement contestée en défense, en les évaluant à la somme de 290,88 euros.
5. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que l'état de santé de Mme C a nécessité l'assistance d'une tierce personne à hauteur de deux heures par jour du 7 mai au 1er juin 2019, d'une heure par jour du 2 juin au 1er août 2019, puis d'une heure par semaine du 2 août au 2 octobre 2019. Compte tenu du montant horaire du salaire minimum en 2019, augmenté des charges sociales et des majorations de rémunération dues les dimanches et jours fériés, et sur la base de 412 jours par an pour tenir compte des congés payés annuels, ce poste de préjudice peut être évalué à la somme de 1 931,45 euros.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux temporaires :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que Mme C a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 2 au 6 mai 2019, un déficit temporaire partiel de 50 % du 7 mai au 1er juin 2019, un déficit temporaire partiel de 25 % du 2 juin au 1er août 2019 et un déficit temporaire partiel de 10 % du 2 août 2019 au 2 novembre 2020. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant, sur la base de 16 euros par jour, à la somme de 1 266 euros.
7. En deuxième lieu, si Mme C demande la prise en compte d'un préjudice esthétique temporaire, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que ce préjudice a été évalué à 2 sur 7 pendant les deux premiers mois, puis à 1 sur 7 jusqu'à la date de consolidation. Compte tenu de ces évaluations, l'intéressée ne peut être regardée comme ayant subi une altération temporaire majeure de son apparence physique. Ce chef de préjudice doit par suite être écarté.
8. En dernier lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par Mme C jusqu'à la date de consolidation, chiffrées par l'expert à 3/7, en les évaluant à la somme de 3 620 euros.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux permanents :
9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme C, qui était âgée de 75 ans à la date de consolidation, reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent de 5 %. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 5 200 euros.
10. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que le préjudice esthétique permanent dont reste atteinte Mme C est évalué à 1 sur 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 955 euros.
11. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert ainsi que de diverses attestations produites par la requérante, que celle-ci pratiquait régulièrement diverses activités sportives avant l'accident, dont elle a été contrainte de limiter la pratique à la suite de son accident. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 500 euros.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est seulement fondée à demander la condamnation de la commune de Sens à lui verser la somme de 16 226,63 euros.
Sur les conclusions présentées par la CPAM de la Côte-d'Or :
En ce qui concerne les débours :
13. Il résulte de l'instruction, et en particulier du relevé des débours et de l'attestation d'imputabilité établie par son médecin conseil, que la CPAM de la Côte-d'Or justifie avoir exposé des frais d'hospitalisation et des frais médicaux, pour un montant global de 6 300,69 euros, qui sont directement imputables au dommage subi par Mme C.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
14. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 visé ci-dessus, il y a lieu d'allouer à la CPAM de la Côte-d'Or une somme de 1 191 euros.
15. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 13 et 14 que la CPAM de la Côte-d'Or est fondée à demander la condamnation de la commune de Sens à lui verser une somme de 6 300,69 euros au titre de ses débours et une somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens de l'instance :
16. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise médicale, taxés et liquidés à la somme de 567 euros par une ordonnance du président du tribunal administratif de Dijon du 5 juin 2023, à la charge définitive de la commune de Sens.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sens une somme de 1 500 euros à verser à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La commune de Sens est condamnée à verser à Mme C la somme de 16 226,63 euros.
Article 2 : La commune de Sens est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte-d'Or la somme de 6 300, 69 euros au titre de ses débours et une somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3 : Les frais de l'expertise médicale, taxés et liquidés à la somme de 567 euros, sont mis à la charge définitive de la commune de Sens.
Article 4 : La commune de Sens versera à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la commune de Sens et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
M. DesseixLe président,
L. BoissyLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026