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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2100702

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2100702

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2100702
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantVERMOREL ANTOINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mars 2021, Mme B C, représentée par Me Vermorel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais a implicitement rejeté sa demande d'indemnisation du 14 décembre 2020 tendant au versement d'une somme totale de 17 949,18 euros ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais de l'indemniser ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- aucune décision de régularisation de sa situation n'a été prise à la suite du jugement du 19 décembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Dijon a annulé la décision du 25 février 2019 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 25 février 2018 et la plaçant en position de congé de maladie ordinaire à compter du 8 janvier 2019 ;

- elle a subi un préjudice résultant de l'absence de revenus ou indemnités pour la période comprise entre la décision et l'annulation de cette décision, soit 8 395,80 euros d'avril à décembre 2019 et 9 553,38 euros au titre de l'année 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2021, le centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais, représenté par la SELARL Delsol Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais soutient que :

- le seul vice de procédure retenu par le tribunal dans son jugement du 19 décembre 2019 a été régularisé dès lors que la commission de réforme s'est à nouveau réunie, en présence d'un médecin psychiatre, pour statuer sur la demande de la requérante ; au vu du nouvel avis défavorable de la commission de réforme, il a décidé, par un arrêté du 4 mai 2020, de maintenir l'intéressée en position de congé maladie ordinaire à compter du 8 janvier 2019 ;

- la requérante n'a subi aucun préjudice financier résultant d'une décision illégale fautive dès lors que son placement en congé de maladie ordinaire est régulier ; le seul fait survenu le 21 février 2018 ne suffit pas à caractériser une situation de harcèlement moral ouvrant droit à une quelconque indemnisation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C est fonctionnaire titulaire au sein du centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais, où elle exerce des fonctions d'aide-soignante. Le 26 février 2018, elle a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident de service dont elle estime avoir été victime le 21 février 2018. Par une décision du 25 février 2019, le directeur de l'établissement, après avoir recueilli l'avis défavorable émis le 8 janvier 2019 par la commission de réforme, a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par l'intéressée et l'a placée en position de congé de maladie ordinaire à compter du 8 janvier 2019. Par un nouvel avis du 5 mars 2019, la commission de réforme a confirmé son précédent avis. Le 26 mars 2019, Mme C a formé un recours gracieux contre la décision du 25 février 2019 qui a été implicitement rejeté. Par un jugement du 19 décembre 2019, le tribunal administratif de Dijon a annulé la décision du 25 février 2019 et cette décision implicite de rejet et a enjoint au directeur du centre hospitalier de Paray-le-Monial, devenu le centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais, de prendre une nouvelle décision sur la demande de Mme C après une nouvelle instruction.

2. Par courrier du 14 décembre 2020, reçu le 16 décembre, Mme C a formé une demande préalable auprès du directeur du centre hospitalier en vue du versement des sommes de 8 395,80 euros au titre des mois d'avril à décembre 2019 et 9 553,38 euros au titre de l'année 2020, soit une somme totale de 17 949,18 euros. La requérante, qui demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de cette réclamation préalable et d'enjoindre au centre hospitalier de l'indemniser, doit en réalité être regardée comme ayant formé un recours de plein contentieux tendant à la condamnation du centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais à lui payer les sommes réclamées.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

3. En principe, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute de nature à engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain.

4. En l'espèce, pour annuler la décision du 25 février 2019 et la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre cette décision, le tribunal administratif de Dijon a retenu un vice de procédure tiré de l'absence d'un médecin spécialiste en psychiatrie lors des séances de la commission de réforme des 8 janvier 2019 et 5 mars 2019. Or, sur injonction du tribunal, le centre hospitalier a procédé à une nouvelle instruction de la demande d'imputabilité au service de l'accident de service du 21 février 2018 présentée par Mme C. Dans ce cadre, la commission de réforme s'est à nouveau réunie le 25 février 2020 en présence d'un médecin spécialiste en psychiatrie. Au vu de l'avis défavorable émis par cette instance, le directeur du centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais a, par une nouvelle décision du 4 mai 2020, d'une part, reconnu l'imputabilité au service de l'accident de service et des congés de maladie consécutifs pour la période du 21 février 2018 au 7 janvier 2019 inclus, d'autre part, refusé de reconnaître cette imputabilité à compter du 8 janvier 2019, date à laquelle l'intéressée a été placée en congé de maladie ordinaire. Ainsi, contrairement à ce que fait valoir la requérante, le vice de procédure entachant la décision initiale de refus d'imputabilité a été régularisé à l'issue d'une nouvelle instruction ayant abouti à une nouvelle décision dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été contestée par Mme C, de sorte qu'elle est devenue définitive. Dans ces conditions, les préjudices invoqués par la requérante ne peuvent être rattachés à une quelconque décision illégale fautive imputable à l'administration.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de condamnation présentées par Mme C doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge du centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par le centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais au titre des mêmes dispositions.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier du Pays Charolais-Brionnais.

Délibéré après l'audience du 23 février 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- M. Blacher, premier conseiller,

- Mme Desseix, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

Le rapporteur,

S. ALe président,

L. Boissy

La greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier

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