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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2100772

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2100772

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2100772
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantFIORESE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

K une requête, enregistrée le 19 mars 2021, la société K actions simplifiée (SAS) Evolucar, représentée K Me Fiorese, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercices clos en 2015 et des pénalités correspondantes ;

2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er mai 2014 au 31 janvier 2015, et des pénalités correspondantes ;

3°) de condamner l'État aux dépens et de mettre à sa charge la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- dès lors que les sommes portées au crédit du compte courant d'associé de M. J correspondent à des ventes de véhicules réalisées K la société, l'administration aurait dû admettre en déduction de ces montants le prix d'achat des véhicules concernés et tenir compte des montants portés au débit de ce compte, ne serait-ce que K réalisme économique ;

- elle aurait également dû calculer la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge ;

- la somme de 25 000 euros, portée le 18 juillet 2014 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspond à la vente à M. E, d'un véhicule de marque BMW, acquis le 21 juillet 2014 auprès de M. A I, dont le prix d'achat figure pour le même montant au débit de ce même compte courant ;

- la somme de 10 200 euros, portée le 26 mai 2014 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspond à la vente d'un véhicule de marque Mercedes, K la société Mark Services au couple B.-R., pour un prix de 15 600 euros, diminué d'un montant de 5 400 euros, correspondant à la reprise de leur ancien véhicule de marque Mercedes, directement K la société Evolucar, compte tenu de l'impossibilité pour la société Mark Services de procéder à une telle reprise, eu égard à sa dissolution anticipée à la date du 31 mars 2014 ;

- la somme de 16 000 euros, portée le 12 décembre 2014 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspond à la vente à M. H, d'un véhicule de marque Volkswagen et de modèle Golf, immatriculé au Luxembourg, dont le prix d'achat, 11 600 euros, payé K la société les 4 et 11 février 2015 à M. A D, a été porté au débit du même compte courant, et doit être déduite du bénéfice taxable ;

- les sommes de 660 et 1 000 euros, portées les 22 janvier et 13 avril 2015 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspondent à des remboursements de frais, payés directement en espèces K l'intéressé, pour le compte de la société, aux sociétés Choillot et Midas ;

- la somme de 2 700 euros, porté le 7 avril 2015 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspond au paiement en espèces du solde du prix de cession d'un véhicule de marque Audi et de modèle A1, à M. G B ;

- dès lors que l'administration aurait dû neutraliser les sommes portées au crédit du compte courant d'associé de M. J K les débits correspondants, elle ne rapporte pas la preuve que les sommes mises à disposition de cet associé, ont été appréhendées K lui ;

- elle se prévaut sur ce point des paragraphes n° 280 à 300 de la documentation administrative référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-10, dans sa version du 12 septembre 2012 ;

- l'administration fiscale n'établit pas le manquement délibéré du contribuable, dès lors que le compte courant d'associé de M. J a été utilisé K son cabinet comptable comme un compte d'attente, et que les crédits litigieux, qui n'ont généré aucun bénéfice taxable pour la société, ne peuvent être pris en compte indépendamment des débits correspondants ;

- la pénalité pour manquement délibéré apparaît manifestement excessive et disproportionnée.

K un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2021, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, en tant qu'elle est relative à la taxe sur la valeur ajoutée, dès lors que ni la réclamation initiale ni la requête ne contiennent de moyens relatifs à cette taxe ;

- le quantum du litige se limite à celui contesté dans la réclamation préalable, à savoir 26 214 euros en droits et pénalités, s'agissant de l'impôt sur les sociétés ;

- les moyens soulevés K la société requérante ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées K une lettre du 17 janvier 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 4 février 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 9 février 2022 K ordonnance du même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F C,

- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société K actions simplifiée Evolucar, qui a pour activité la vente de véhicules automobiles d'occasion, et dont M. J est le président et possède 55 % des actions, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle l'administration fiscale lui a notifié, K une proposition de rectification en date du 31 juillet 2017, des suppléments d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée. À l'issue de la procédure de rectification contradictoire, les impositions restant en litige ont été mises en recouvrement le 16 janvier 2018, pour un montant de 6 360 euros en droits et pénalités, s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée, et pour un montant de 26 214 euros en droits et pénalités, s'agissant de l'impôt sur les sociétés. K une décision du 1er octobre 2018, l'administration fiscale a partiellement admis la réclamation contentieuse du 17 avril 2018 de la société, et a prononcé un dégrèvement d'un montant de 1 329 euros en pénalités, en matière de taxe sur la valeur ajoutée. K une nouvelle décision du 22 janvier 2021, le service a rejeté la seconde réclamation contentieuse de la société, en date du 21 janvier 2019. La SAS Evolucar demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2015, et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er mai 2014 au 31 janvier 2015.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige :

2. Aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " Le bénéfice net est constitué K la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période K l'exploitant ou K les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif K les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. ".

3. Il appartient au contribuable, pour l'application de ces dispositions, de justifier, K la production de tous éléments suffisamment précis, l'inscription d'une dette au passif du bilan de son entreprise.

4. En premier lieu, la société requérante soutient que la somme de 25 000 euros, portée le 18 juillet 2014 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspond au produit de la cession d'un véhicule de marque BMW, à M. E, non comptabilisé K erreur dans le compte de résultat de l'entreprise. Ce faisant, elle soutient elle-même que l'administration fiscale était fondée à réintégrer cette somme dans le bénéfice taxable de la société. Néanmoins, elle doit également être regardée comme soutenant que la somme de 25 000 euros, portée le 21 juillet 2014 au débit du même compte courant, correspond au paiement de l'acquisition de ce véhicule auprès de M. A I, et comme demandant la déduction de cette charge de son bénéfice taxable. Au soutien de ses allégations, la SAS Evolucar produit notamment les deux factures, établies au nom de M. E, résidant dans le Val-de-Marne, la copie d'un chèque de banque d'un montant de 25 000 euros, tiré sur l'agence de Pierrefitte-sur-Seine de la Société Générale, le 16 juillet 2014, la déclaration de cession du véhicule à M. E, et un chèque bancaire d'un montant de 25 000 euros, établi le 19 juillet 2014, au débit de son compte courant ouvert dans les livres de la Lyonnaise de Banque, et à l'ordre de M. A I. Cependant, la société requérante n'établit dans la présente instance, alors que la charge de la preuve lui incombe en vertu du principe rappelé au point précédent du présent jugement, ni l'acquisition du véhicule en litige à M. A I, ni que cette charge n'aurait pas déjà été déduite de son bénéfice taxable, ni enfin que les deux chèques produits à l'instance constitueraient effectivement les contreparties comptables des écritures litigieuses au débit et au crédit du compte courant d'associé de M. J. K les seuls éléments qu'elle produit à l'instance, elle n'établit ainsi pas l'existence d'une dette à l'égard de M. J, de sorte que le moyen soulevé doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la société requérante soutient que la somme de 10 200 euros, portée le 26 mai 2014 au crédit de son compte courant d'associé, correspond au produit de la cession, K la société Mark Services, dans laquelle M. J disposait d'un compte courant d'associé créditeur, à un couple de particuliers, d'un véhicule de marque Mercedes, diminué du montant de la reprise de l'ancien véhicule de ce couple, encaissé sur le compte bancaire de la SAS Evolucar en contrepartie d'une diminution corrélative du solde créditeur du compte courant d'associé de M. J dans les livres de la société Mark Services. Si la requérante produit à l'instance la déclaration de cession de véhicules entre la société Mark Services et le couple de particuliers allégué, la facture émise K cette société au nom de ce couple, et la déclaration de cession à la SAS Evolucar du véhicule repris, elle n'établit, en tout état de cause, ni la comptabilisation de cette cession en produit, dans la comptabilité de la société Mark Services, ni l'inscription d'une somme de 10 200 euros au débit du compte courant d'associé de M. J dans cette dernière, alors qu'elle soutient elle-même que la société Mark Services a été dissoute le 31 mars 2014, et qu'aucune cession du véhicule litigieux n'a été formalisée entre la société Mark Services et la société Evolucar. Ce faisant, la société requérante ne justifie nullement de l'existence d'une dette à l'égard de M. J, qui aurait pu justifier l'inscription de la somme litigieuse au crédit du compte courant d'associé de ce dernier. K suite, le moyen soulevé doit être écarté.

6. En troisième lieu, la société requérante soutient que la somme de 16 000 euros, portée le 12 décembre 2014 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspond au produit de la cession, à M. H, d'un véhicule de marque Volkswagen et de modèle Golf, immatriculé au Luxembourg, non comptabilisé K erreur dans le compte de résultat de l'entreprise. Ce faisant, elle soutient elle-même que l'administration fiscale était fondée à réintégrer cette somme dans le bénéfice taxable de la société. Néanmoins, elle doit également être regardée comme soutenant que les sommes de 3 000 et 8 600 euros, portées les 4 et 11 février 2015 au débit du même compte courant, correspondent au paiement de l'acquisition de ce véhicule à M. A D, qui avait conclu un mandat de vente, pour un montant de 16 500 euros, pour le compte du propriétaire du véhicule, et comme demandant la déduction de cette charge de son bénéfice taxable. Toutefois, aucun des documents produits à l'instance, tous relatifs à la cession finale du véhicule à M. H ou au mandat de vente, ne constitue un quelconque commencement de preuve de ce que les sommes de 3 000 et 8 600 euros, portées les 4 et 11 février 2015 au débit du compte courant de M. J, correspondraient au paiement à M. A D du véhicule acquis K la SAS Evolucar. La société requérante n'établit pas davantage que cette acquisition n'aurait pas déjà été comptabilisée en charge dans son compte de résultat, et ne produit pas la copie des deux chèques encaissés en contrepartie de l'inscription litigieuse au débit du compte courant d'associé de M. J. K suite, en vertu de ce qui a été rappelé au point 3 du présent jugement, l'administration fiscale était fondée à considérer que la somme de 16 000 euros constituait une dette non justifiée, inscrite au passif du bilan de la société et à rehausser son bénéfice taxable du même montant, et le moyen soulevé K la société doit être écarté.

7. En quatrième lieu, si la société requérante soutient que les sommes de 660 et 1 000 euros, respectivement portées au crédit du compte courant d'associé de M. J les 22 janvier et 13 avril 2015 correspondent à des règlements en espèces de factures de ses fournisseurs sur les deniers personnels de l'intéressé, elle n'en justifie pas K la seule production des factures correspondantes, l'une de la SARL A2L - Remorques Choillot, et l'autre de la SARL MS Soulier exploitant un centre sous l'enseigne Midas. K suite, la société requérante n'est pas fondée à remettre en cause les impositions résultant de la réintégration de ces sommes dans son bénéfice taxable.

8. En cinquième lieu, si la SAS Evolucar soutient encore que la somme de 2 700 euros, portée le 7 avril 2015 au crédit du compte courant d'associé de M. J, correspond au versement en espèces K ce dernier d'une partie du prix d'acquisition d'un véhicule de marque Audi, de modèle A1, elle ne justifie pas de ce versement d'espèces K M. J, K la seule production de la déclaration de cession de véhicule correspondante, de la carte grise barrée et d'une attestation, au surplus signée du seul représentant de la société, mentionnant un paiement en espèces à hauteur de 2 700 euros. K suite, la société requérante n'est pas davantage fondée à remettre en cause les impositions résultant de la réintégration de cette somme dans son bénéfice taxable.

9. En sixième lieu, il résulte de tout ce qui précède, s'agissant des opérations dans lesquelles est en cause la vente alléguée d'un véhicule, que la société requérante n'établit pas l'existence d'une dette qu'elle aurait eue à l'égard de M. J, de sorte que l'administration fiscale était fondée, comme cela a été dit précédemment, à réintégrer dans le bénéfice taxable de la société, les dettes non justifiées inscrites au passif du bilan de la société. À supposer, comme le soutient la société, que plusieurs de ces opérations correspondent à du chiffre d'affaires dissimulé et directement appréhendé K M. J, la société requérante n'établit pas davantage que les acquisitions correspondantes n'auraient pas déjà été portées en charges de la société et n'est donc pas fondée à en demander la déduction du bénéfice taxable.

10. En septième lieu, le moyen tiré de ce que l'administration aurait dû calculer la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge est dépourvu de toutes précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé dès lors, d'une part, qu'il ne résulte pas de l'instruction que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auraient été mis à la charge de la société à raison des opérations litigieuses, les rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée, dont a fait l'objet la société, ayant été déterminés K rapprochement entre le chiffre d'affaires comptabilisé et le chiffre d'affaires déclaré sur les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée souscrites, et d'autre part, que la société requérante n'établit pas qu'elle aurait respecté les conditions mises à l'application de ce régime pour les opérations en cause. K suite, le moyen soulevé doit être écarté.

11. En huitième lieu, si la proposition de rectification du 31 juillet 2017, adressée à la société requérante, mentionne, à titre informatif, dans un paragraphe dédié, les sommes que l'administration envisage de considérer comme des revenus réputés distribués dans les mains de M. J, aucune imposition supplémentaire n'a été assignée à la SAS Evolucar sur ce fondement. K suite, les deux moyens relatifs à la contestation des sommes qualifiées de revenus distribués sont inopérants dans le présent litige.

En ce qui concerne les pénalités :

12. D'une part, aux termes des deux premiers alinéas de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; ".

13. D'autre part, aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. ".

14. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance K le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.

15. Pour appliquer la majoration pour manquement délibéré en litige, aux sommes non justifiées portées au crédit du compte courant du président et associé majoritaire, et ce faisant considérées comme l'inscription de dettes au passif du bilan sans justification, dont le bien-fondé résulte de ce qui précède, l'administration s'est fondée sur le montant élevé, égal à 55 560 euros, des sommes en litige, sur le caractère répété à six reprises de la pratique consistant à inscrire une dette fictive au passif du bilan, au profit de l'un des associés, et sur le fait que ni la société ni son président ne pouvaient ignorer, contrairement à ce qu'ils soutiennent, l'inscription de ces dettes au compte courant d'associé de M. J, eu égard d'une part, au caractère de recettes dissimulées des sommes en cause à hauteur de 51 200 euros, soit la quasi-totalité, et, d'autre part, à l'implication, non contestée, de M. J dans les transactions de véhicules d'occasion. La société requérante, qui demeure responsable de ses propres déclarations, ne peut utilement se prévaloir de ce que son cabinet comptable aurait comptabilisé à son insu les sommes en litige. K suite, compte tenu de l'ensemble de ces éléments, l'administration doit être regardée comme apportant, sur ce point, la preuve qui lui incombe, du manquement délibéré de la contribuable à ses obligations fiscales.

16. En deuxième lieu, si la société requérante soutient que l'application de la majoration pour manquement délibéré apparaît manifestement excessive et présente un caractère disproportionné au regard des manquements constatés, elle n'assortit pas ce moyen, faute notamment d'indiquer les dispositions de droit interne ou de droit conventionnel qui auraient été méconnues et dont elle entendrait se prévaloir, des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

17. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense K le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or ni sur la recevabilité des conclusions de la requête, la SAS Evolucar n'est fondée à demander la décharge ni de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercices clos en 2015, ni des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er mai 2014 au 31 janvier 2015, ni des pénalités correspondantes.

Sur les dépens :

18. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

19. Il ne résulte pas de l'instruction que la SAS Evolucar aurait exposé des dépens au sens des dispositions précitées. Ses conclusions tendant à la condamnation de l'État aux dépens ne peuvent ainsi qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SAS Evolucar demande au titre des frais exposés K elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Evolucar est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société K actions simplifiée Evolucar et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

M. Hugez, premier conseiller,

Mme Hascoët, première conseillère.

Rendu public K mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.

Le rapporteur,

I. C

Le président,

Ph. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

lc

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