mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100798 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | DESSEIX Mélody |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY KRIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 mars 2021 et le 15 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 17 août 2020 par le département de Saône-et-Loire pour le paiement d'une somme de 4 467,52 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er juin 2014 au 31 mars 2015 ;
2°) d'annuler la décision du 13 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a rejeté son recours contre l'avis des sommes à payer du 17 août 2020 et a refusé de faire droit à sa demande indemnitaire ;
3°) de condamner le département de Saône-et-Loire à lui verser une somme de 24 000 euros en réparation de son préjudice financier ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
M. A soutient que :
- les périodes mises en recouvrement sont prescrites ;
- l'avis des sommes à payer ne comporte pas l'exposé des bases de liquidation ;
- l'assiette de calcul prise en compte pour déterminer l'indu est erronée ;
- il a été privé de ses droits alors qu'il remplissait les conditions de ressources, et a subi de ce fait un préjudice financier ;
- l'accusé de réception de la décision du 13 janvier 2021 produit en défense n'est pas lisible et la décision n'a pas été notifiée avec les voies et délais de recours ;
- la commission de recours amiable n'a pas été saisie.
Par un mémoire enregistré le 8 avril 2021, la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire indique qu'elle n'a pas d'observations à formuler.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2021, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Le département soutient que :
- à titre principal, la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une décision en date du 22 décembre 2020, la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Desseix, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, le rapport de Mme B a été entendu.
La clôture de l'instruction a été différée au 16 décembre 2022 à 18 heures.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a bénéficié du revenu de solidarité active à compter du mois de juin 2014. Par un courrier du 5 octobre 2017, la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire lui a notifié un indu de revenu de solidarité active de 4 467,52 euros, relatif à la période courant de juin 2014 à mars 2015. Un avis des sommes à payer a été émis par le département le 23 février 2018 pour un montant de 4 467,52 euros. Par un jugement en date du 2 juin 2020, le Tribunal administratif de Dijon a annulé l'avis de sommes à payer émis 23 février 2018 par le département de Saône-et-Loire, et la décision du 30 avril 2018 par laquelle le président du conseil départemental a rejeté, d'une part, le recours administratif formé contre ce titre et, d'autre part, le recours administratif préalable formé contre l'indu de revenu de solidarité active notifié le 5 octobre 2017.
2. A la suite de cette annulation, la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire a adressé à M. A, le 4 août 2020, une nouvelle notification de l'indu de revenu de solidarité active de 4 467,52 euros, relatif à la période courant de juin 2014 à mars 2015. M. A a contesté cet indu par courrier en date du 31 août 2020. Le 17 août 2020, le département de Saône-et-Loire a émis un avis des sommes à payer pour la somme de 4 467,52 euros correspondant à cet indu de revenu de solidarité active, que M. A a contesté par courrier daté du 3 septembre 2020. Par un courrier en date du 4 octobre 2020, M. A a renouvelé sa contestation relative à l'indu de revenu de solidarité active et au titre exécutoire du 17 août 2020, et a demandé au département de Saône-et-Loire de lui verser une somme de 24 000 euros en réparation du préjudice financier qu'il estime avoir subi du fait de la suppression de ses droits. Par une décision en date du 13 janvier 2021, le président du département de Saône-et-Loire a rejeté ces demandes.
3. Par sa requête, M. A demande au tribunal, d'une part, d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 17 août 2020 par le département de Saône-et-Loire pour le paiement d'une somme de 4 467,52 euros, d'annuler la décision du 13 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a rejeté son recours contre l'avis des sommes à payer du 17 août 2020 et a refusé de faire droit à sa demande indemnitaire, et d'autre part, de condamner le département de Saône-et-Loire à lui verser une somme de 24 000 euros en réparation de son préjudice financier.
Sur la prescription :
4. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance ".
5. M. A soutient qu'à la date de notification de l'avis des sommes à payer du 17 août 2020, la prescription biennale, prévue par l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles, était acquise. Toutefois, il résulte de l'instruction et il n'est d'ailleurs pas contesté que les omissions déclaratives de M. A présentent un caractère frauduleux, ce dernier ayant omis de déclarer des revenus fonciers et des libéralités apparaissant sur son compte bancaire, dont il ne pouvait ignorer ni l'existence, ni la circonstance qu'ils devaient être déclarés à l'occasion de sa demande de revenu de solidarité active. Dans ces conditions, M. A ne peut se prévaloir de la prescription biennale prévue par les dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles.
Sur la régularité de l'avis des sommes à payer du 17 août 2020 :
6. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Il résulte de ces dispositions que tout titre exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
7. En l'espèce, l'avis des sommes à payer émis le 17 août 2020 mentionne la nature et la période des indus mis à la charge de M. A. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le requérant a été préalablement rendu destinataire de la décision du 4 août 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire lui a notifié un indu de revenu de solidarité active de 4 467,52 euros, relatif à la période courant de juin 2014 à mars 2015, décision dont M. A a nécessairement eu connaissance, dès lors qu'il a contesté cet indu par courrier en date du 31 août 2020. Le titre exécutoire litigieux se référant nécessairement à cette décision, il doit être regardé comme comportant une indication suffisante des bases de liquidation, conformément aux prescriptions posées par l'article 24 du décret du 7 novembre 2012.
Sur la contestation du bien-fondé de l'indu :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Selon l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire ; () ". Selon les termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Pour l'application de ces dispositions, lorsque l'allocataire du revenu de solidarité active dispose de revenus fonciers d'un bien immobilier dont il est propriétaire, les revenus à prendre en compte au titre des ressources sont constitués du montant des loyers, duquel il convient de déduire les charges supportées par le propriétaire à l'exception de celles qui contribuent directement à la conservation ou à l'augmentation du patrimoine, telles que, le cas échéant, les remboursements du capital de l'emprunt ayant permis son acquisition. Le propriétaire de parts de société civile immobilière ne perçoit pas directement les loyers résultant de la location de l'immeuble qui est propriété de cette société mais uniquement une quote-part de ses bénéfices correspondant à sa participation à son capital. Par suite, lorsqu'un demandeur du revenu de solidarité active est propriétaire de parts sociales de société civile immobilière, il y a lieu, pour déterminer le montant de ses ressources, de ne tenir compte que des revenus distribués par la société civile immobilière.
9. M. A soutient que les sommes prises en compte par l'administration pour remettre en cause les versements de revenu de solidarité active pour la période en litige proviennent pour partie de la vente de terrains et de biens personnels, notamment des véhicules, et pour le surplus du solde de comptes courants d'associé dans une SCI ayant opté pour l'assujettissement à l'impôt sur le revenu et ne correspondant pas à des sommes réellement appréhendées. Le requérant ne produit toutefois aucun élément permettant de justifier de la nature des sommes concernées. Par suite, le moyen tiré de la prise en compte, pour le calcul de ses droits au revenu de solidarité active, de sommes ne correspondant pas à des ressources doit être écarté.
10. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles prévoit que : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ".
11. Si le requérant soutient que " il ne ressort pas des pièces du dossier que la commission de recours amiable a été saisie pour avis avant que n'intervienne le rejet du recours administratif préalable obligatoire ", une telle circonstance, à la supposer établie, est en tout état de cause sans incidence sur le bien-fondé de sa créance de revenu de solidarité active. Ce moyen est, par suite, inopérant dans le cadre du présent litige tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer émis en vue du recouvrement de l'indu de revenu de solidarité actif en litige.
12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est fondé à demander ni l'annulation de l'avis des sommes à payer en date du 17 août 2020, ni celle de la décision du 13 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a rejeté son recours contre ce titre exécutoire.
Sur les conclusions indemnitaires de la requête :
13. M. A n'établissant ni que l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité, ni qu'il a subi un quelconque préjudice, les conclusions indemnitaires de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais de l'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au département de Saône-et-Loire, à la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire et à Me Moutoussamy.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
La magistrate désignée,
M. BLa greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026