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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2100882

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2100882

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2100882
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET MJN LAW FIRM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 30 mars et 10 septembre 2021, et 11 janvier et 22 février 2022, l'association Madeleine Aulina, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Mjntax, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties, à laquelle elle a été assujettie, au titre de l'année 2020, dans les rôles de la commune de Chéroy, à raison de trois immeubles sis 5 et 7 rue Hoche et 12 rue de l'Hôtel-de-Ville, sur le territoire de cette commune, à concurrence d'un montant de 2 288 euros ;

2°) de condamner l'Etat à lui rembourser la somme de 283 euros déjà acquittée, assortie des intérêts moratoires à compter du 15 octobre 2020 ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'administration fiscale de produire le relevé de propriété et les fiches d'évaluation des trois biens, et tout document permettant de justifier des données numériques ayant permis de déterminer les valeurs locatives ;

4°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros à titre de dommages et intérêts pour réticence abusive dans la communication des informations ;

5°) de condamner l'Etat aux dépens et de mettre à sa charge la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable ;

- l'administration a méconnu les droits de la défense, en ne lui permettant pas de présenter ses observations à l'occasion de la modification des valeurs locatives opérée par l'administration fiscale en 2020 ;

- la surface au sol de la cave et du grenier de l'immeuble sis 7 rue Hoche aurait dû être pondérée d'un coefficient de 0,2 et non des coefficients de 0,3 et de 0,4 appliqués par l'administration dans la décision prise sur sa réclamation contentieuse, conformément au paragraphe n° 280 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-10-20-50, eu égard à la location de ce bien en zone rurale ;

- la surface du garage aurait dû être pondérée d'un coefficient de 0,2 pour les mêmes motifs ;

- la surface des caves, greniers et cellier des biens sis 5 rue Hoche et 12 rue de l'Hôtel-de-Ville, doit également être pondérée d'un coefficient de 0,2 pour les mêmes motifs ;

- ce coefficient de 0,2 doit être appliqué pour la détermination des valeurs locatives de l'année 2019 et des années postérieures à 2020 ;

- l'immeuble sis 12 rue de l'Hôtel-de-Ville aurait dû être classé en catégorie 7, le coefficient relatif à l'état d'entretien aurait dû être fixé à 0,8, et le coefficient relatif à la situation particulière doit faire l'objet d'une réfaction de 0,1, eu égard à la situation du bien en bord de route, à la quasi-impossibilité d'accès pour les véhicules, à l'absence de garage, à la configuration de la maison, comprenant dix chambres mais un office et une salle commune très petits avec de longs couloirs, confirmés par sa vente tardive à un prix dérisoire, conformément aux paragraphes n° 400 à 420 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-10-20-50 ;

- l'immeuble sis 7 rue Hoche aurait dû être classé en catégorie 6M en raison de l'exiguïté des chambres et de l'absence d'ascenseur ;

- les locaux à usage collectif de l'immeuble sis 7 rue Hoche, ont une surface de seulement 131 mètres carrés, et non 164, si l'on ne tient pas compte des dégagements, conformément au paragraphe n° 540 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-10-20-50 et au paragraphe n° 70 de celle référencée BOI-IF-TFB-20-10-20-20 ;

- l'immeuble sis 5 rue Hoche doit être classé dans la catégorie 8 compte tenu de l'absence de chauffage et des travaux à réaliser dans toutes ses pièces, et un coefficient de situation particulière de - 0,1 doit lui être appliqué compte tenu de sa situation en bord de route, avec une petite cour inaccessible de la voie publique ;

- les valeurs locatives retenues par l'administration fiscale ne sont pas justifiées et doivent être revues à la baisse, eu égard au reclassement de l'immeuble en catégorie 6 ;

- les valeurs locatives retenues pour l'année 2020 devraient être celles retenues pour l'année 2018 affectées des coefficients de revalorisation de 1,022 et de 1,012 ;

- le montant de l'imposition résultant des moyens qu'elle soulève est de 2 611 euros et elle a déjà payé 2 894 euros, de sorte que l'administration doit lui rembourser la somme de 283 euros ;

- l'administration a fait preuve dans le présent litige d'une particulière négligence et ne produit aucune explication sur les catégories, coefficients et taux appliqués, alors qu'elle a l'obligation d'informer le contribuable des éléments retenus pour déterminer les valeurs locatives et les locaux de référence.

Par cinq mémoires en défense, enregistrés les 26 août, 2 novembre et 1er décembre 2021, et 9 février et 31 mars 2022, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- le quantum du litige est limité au coefficient de pondération appliqué au grenier et à la cave de l'immeuble sis 7 rue Hoche et le surplus est irrecevable ;

- les conclusions nouvelles, présentées en cours d'instance, sont irrecevables ;

- elle a prononcé le 26 août 2021 un dégrèvement d'un montant de 248 euros ;

- les autres moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées le 2 août 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de remboursement d'une somme de 283 euros déjà acquittée, assortie des intérêts moratoires à compter du 15 octobre 2020, en l'absence de litige né et actuel sur ce point avec le comptable compétent.

L'association Madeleine Aulina a présenté ses observations sur ce moyen, par un mémoire enregistré le 30 août 2022, qui a été communiqué.

Les parties ont été informées par une lettre du 31 janvier 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 28 février 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 11 avril 2022 par ordonnance du même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C B,

- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'association Madeleine Aulina est propriétaire de trois immeubles sis 5 rue Hoche, 7 rue Hoche et 12 rue de l'Hôtel-de-Ville sur le territoire de la commune de Chéroy dans le département de l'Yonne. Elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties, à raison de ces trois immeubles, au titre de l'année 2020, dans les rôles de cette commune. Par une décision explicite du 2 février 2021, l'administration fiscale a partiellement admis sa réclamation préalable du 26 octobre 2020, tendant à la réduction de cette imposition. Par sa requête, l'association Madeleine Aulina demande au tribunal de prononcer la réduction de l'imposition restant en litige.

Sur le non-lieu :

2. Par une décision du 26 août 2021, postérieure à l'enregistrement de la requête, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or a accordé à l'association requérante un dégrèvement d'un montant de 248 euros de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties mise à sa charge au titre de l'année 2020 dans les rôles de la commune de Chéroy. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de réduction de l'imposition litigieuse dans cette mesure.

Sur la recevabilité :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 200-2 du livre des procédures fiscales : " Le demandeur ne peut contester devant le tribunal administratif des impositions différentes de celles qu'il a visées dans sa réclamation à l'administration. ".

4. Il résulte des termes même de la réclamation préalable du 26 octobre 2020, formée par le conseil de l'association, et notamment de son deuxième paragraphe, mentionnant que cette association dépose " une réclamation concernant le montant réclamé pour le 7, rue Hoche ", et de son pénultième paragraphe, par lequel elle rappelle que sa demande porte sur une révision à la baisse de " la valeur locative du 7/9 rue Hoche ", que cette réclamation tend exclusivement à la réduction de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties, à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison du seul immeuble sis 7 rue Hoche. Dès lors, l'administration fiscale est fondée à soutenir que les conclusions présentées par l'association devant le tribunal sont irrecevables, en tant qu'elles portent sur les immeubles sis 5 rue Hoche et 12 rue de l'Hôtel-de-Ville.

5. En second lieu, contrairement à ce que soutient le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or en défense, l'association requérante ne s'est pas bornée, dans la réclamation préalable du 26 octobre 2020, à demander que les surfaces des caves et greniers soient pondérées par un coefficient de 0,2, mais a également sollicité une réduction de la valeur locative de l'immeuble sis 7 rue Hoche. Dès lors, les autres moyens soulevés dans la requête sont recevables dans la limite du quantum du dégrèvement sollicité dans la réclamation préalable.

Sur le surplus des conclusions à fin de réduction de l'imposition en litige :

6. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 du même code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 1496 de ce code : " I. - La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. / II. La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. ". Aux termes du I de l'article 324 G de l'annexe III au même code : " La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction () les diverses catégories de locaux d'habitation ou à usage professionnel existant dans la commune. ". Aux termes du I de l'article 324 H de la même annexe : " Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article 324 M de la même annexe : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S. ".

7. En premier lieu, lorsqu'une imposition, telle la taxe foncière sur les propriétés bâties, est assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations. Toutefois, le principe général des droits de la défense ne trouve pas à s'appliquer lorsque l'administration se borne à procéder à une nouvelle évaluation de la valeur locative d'un local d'habitation en prenant en compte sans changement les éléments déclarés par le contribuable.

8. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que, pour mettre à jour, en ce qui concerne l'année 2020, les valeurs locatives des fractions de la propriété bâtie en litige, le service évaluateur ne se serait pas exclusivement fondé, sans les remettre en cause, sur les éléments mentionnés par l'association, dans les déclarations du 20 septembre 2019, qu'elle a elle-même déposées auprès de l'administration fiscale. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.

9. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que l'immeuble litigieux est une maison d'habitation, construite en 1975 en béton, d'apparence passable selon la déclaration souscrite par l'association requérante, composée, au rez-de-chaussée, de deux pièces de réception, d'une surface de 81 mètres carrés au total, d'une cuisine de 26 mètres carrés et d'un WC, et à l'étage, de onze pièces, dont 8 équipées d'une salle d'eau et d'un WC, et d'un WC supplémentaire. Il n'est pas contesté que cet immeuble dispose d'une toiture en tuiles comportant un auvent à débord d'environ 50 centimètres protégeant la façade, que les fenêtres des pièces à l'étage comportent trois vantaux et sont équipées de volets roulants et que l'immeuble est équipé du chauffage central. Si l'association requérante fait valoir que certaines chambres ont une surface inférieure à 9 mètres carrés, d'une part, cette circonstance n'est pas établie, et d'autre part, certaines ont néanmoins une surface très supérieure. Si elle fait encore valoir que l'immeuble n'est pas équipé d'un ascenseur, cette circonstance, alors que l'immeuble ne comporte qu'un seul étage, n'est pas de nature à faire obstacle à son classement en catégorie 5 M. A égard à la nomenclature figurant au procès-verbal des locaux d'habitation ou à usage professionnel ordinaires de la commune de Chéroy, au local de référence n° 1 retenu par l'administration, aux différents éléments qui viennent d'être énoncés, et notamment à l'état d'ensemble de l'immeuble, à la qualité de la construction, à la taille des pièces de réception, au nombre de salles d'eau et de WC, et à la présence d'un chauffage central, cet immeuble répond aux critères retenus pour la définition de la catégorie 5 M.

10. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 324 M de l'annexe III au code général des impôts : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S. ". Aux termes de l'article 324 L de cette annexe : " Dans la maison ou la partie principale des locaux des immeubles collectifs, on distingue, le cas échéant : / a. Les pièces, telles que salles à manger, pièces de réception diverses, chambres, pièces à usage professionnel, cuisines, et leurs annexes, telles que salles d'eau (salles de bains, de douches ou cabinets de toilette avec eau courante), cabinets d'aisance, entrée, couloirs, antichambre, à l'exclusion des éléments énumérés au b ; / b. Les garages, buanderies, caves, greniers, celliers, bûchers et autres éléments de même nature, ainsi que les terrasses et toitures-terrasses accessibles. ".

11. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment de la déclaration modèle H2 souscrite par l'association requérante le 20 septembre 2019, que la surface des pièces de l'immeuble destinées à un usage collectif est de 164 mètres carrés. L'association Madeleine Aulina demande désormais de déduire de cette surface 33 mètres carrés correspondant selon elle, pour 26 mètres carrés au couloir commun d'accès aux chambres, situé au premier étage, pour 3 mètres carrés à un " cagibi " au premier étage, et pour 4 mètres carrés au " palier ". Néanmoins, alors que l'association a elle-même déclaré le " cagibi " comme un dressing, aucun des éléments qui viennent d'être cités ne ressortissent aux éléments énumérés au b du I de l'article 324 L de l'annexe III au code général des impôts, susceptibles d'être affectés d'un coefficient de pondération spécifique. Ces éléments constituent des annexes des pièces, mentionnées au a du I et donnent lieu, comme les pièces auxquelles ils se rapportent, aux coefficients visés à l'article 324 O de la même annexe, et non aux coefficients de pondération variable visés à l'article 324 N. Dès lors, le moyen, ainsi soulevé, doit être écarté. En tout état de cause, l'association requérante ne produit aucun élément, tel qu'un plan, susceptible de permettre de regarder sa propre déclaration comme erronée.

12. En quatrième lieu, l'association requérante n'est pas fondée à se prévaloir du paragraphe n° 540 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-10-20-50, qui porte sur les locaux à usage commun des immeubles collectifs, alors que l'immeuble litigieux a été évalué comme une maison d'habitation et non comme un immeuble collectif. Pour le même motif, elle n'est pas davantage fondée à se prévaloir du paragraphe n° 20 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-20-10-20, qui porte sur les " fraction(s) de propriété dans un immeuble collectif ou appartement(s) ".

13. En cinquième lieu, il résulte également de l'instruction que l'administration a fait droit, en cours d'instance, au moyen tiré de ce que les surfaces des caves et greniers auraient dû être pondérées par un coefficient de 0,2 et a prononcé en conséquence le dégrèvement mentionné au point 2 du présent jugement. Dès lors, ce moyen est devenu sans objet.

14. En sixième lieu, le moyen tiré de ce que ce coefficient de 0,2 devrait être appliqué aux impositions établies au titre de l'année 2019 et des années postérieures à l'année 2020 est inopérant dans le présent litige, qui ne porte pas sur ces impositions. Il ne peut donc qu'être écarté.

15. En septième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 324 N de l'annexe III au code général des impôts : " La surface des éléments de la maison visés au b du I de l'article 324 L et celle des éléments, autres que les pièces et leurs annexes, visés au II du même article sont affectées d'un coefficient de pondération variable de 0,2 à 0,6 pour tenir compte du service rendu par chaque élément dans le cadre de la valeur d'usage du local. ". Le b du I de l'article 324 L de cette annexe vise " les garages, buanderies, caves, greniers, celliers, bûchers et autres éléments de même nature, ainsi que les terrasses et toitures-terrasses accessibles ".

16. Alors même que l'association requérante ne soumet au tribunal aucune argumentation spécifique relative aux surfaces à usage de garage, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait fait une appréciation erronée de l'avantage représenté par ces garages, qui sont intégrés à la construction en béton de l'immeuble, lui-même situé dans une commune de 1 600 habitants, située à 20 kilomètres environ de la ville de Sens, et qui constitue une maison de centre de bourg, en affectant leur surface d'un coefficient de pondération de 0,5.

17. En huitième lieu, l'association requérante n'est pas fondée, s'agissant des garages, à se prévaloir du paragraphe n° 280 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-10-20-50, qui porte sur les caves, greniers, terrasses et toitures-terrasses accessibles et non sur les garages.

18. En neuvième lieu, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que les valeurs locatives retenues pour l'année 2020 auraient dû être égales à celles retenues pour l'année 2018, affectées des coefficients de revalorisation annuels, dès lors que l'administration a procédé à une nouvelle évaluation de la valeur locative de l'immeuble litigieux, en prenant en compte les éléments déclarés par le contribuable le 20 septembre 2019.

19. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'enjoindre à l'administration fiscale de produire le relevé de propriété et les fiches d'évaluation des trois biens, et tout document permettant de justifier des données numériques ayant permis de déterminer les valeurs locatives, l'association Madeleine Aulina n'est pas fondée à demander la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties, à laquelle elle a été assujettie, au titre de l'année 2020, dans les rôles de la commune de Chéroy, à raison des immeubles sis 5 et 7 rue Hoche et 12 rue de l'Hôtel-de-Ville, sur le territoire de cette commune. Par voie de conséquence et en tout état de cause, ses conclusions à fin de restitution d'une somme de 283 euros et d'intérêts moratoires doivent également être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

20. Si l'association Madeleine Aulina soutient que l'administration fiscale aurait fait preuve de réticence abusive dans la communication des informations et demande à ce que l'Etat soit condamné à lui verser 1 500 euros de ce fait, elle ne fait état et n'établit aucun préjudice résultant de cette faute éventuelle. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, et alors même que l'association requérante ne produit aucune réclamation indemnitaire préalable, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les dépens :

21. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

22. Il ne résulte pas de l'instruction que l'association Madeleine Aulina aurait exposé des dépens au sens des dispositions précitées. Ses conclusions tendant à la condamnation de l'État aux dépens ne peuvent ainsi qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'association Madeleine Aulina présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de l'association Madeleine Aulina à fin de réduction de l'imposition litigieuse, à hauteur du dégrèvement intervenu en cours d'instance.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de l'association Madeleine Aulina est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Madeleine Aulina et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

M. Hugez, premier conseiller,

Mme Hascoët, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.

Le rapporteur,

I. B

Le président,

Ph. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

lc

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