mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100911 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BREY CÉLINE |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er avril et 31 août 2021, M. A D et M. B D, en leur qualité, et en qualité d'hériter de leur défunt père C D, représentés par Me Brey, demandent au tribunal : 1°) de condamner la commune de Villars-Fontaine à leur verser la somme de 98 661 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis, assortie des intérêts de droit à compter du 29 décembre 2020 ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Villars-Fontaine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que : - ils ont intérêt à agir ; - leur créance n'est pas atteinte par la prescription ; - en faisant procéder sur leur parcelle, à l'enlèvement de pierres de Villars, qui ne constituaient pas des déchets, sans demande ou information préalable, la commune de Villars-Fontaine a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ; - en utilisant leur parcelle comme parking pour les visiteurs du site culturel et en ne limitant pas le parking à la seule parcelle de la commune, celle-ci a commis une faute, de nature à engager sa responsabilité ; - leur préjudice financier s'établit à 79 821 euros, valeur des trente-trois blocs de pierre enlevés, à 4 000 euros en raison de l'occupation illégale de leur terrain par les visiteurs du site depuis 2016 et à 10 840 euros, s'agissant des honoraires d'avocats qu'ils ont dû exposer ; - leur préjudice moral s'établit à 2 000 euros chacun, soit un total de 4 000 euros. Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2021, la commune de Villars-Fontaine, représentée par la société à responsabilité limitée Cannet, Mignot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir, dès lors qu'ils ne sont pas propriétaires des blocs de pierre en litige ; - la prescription quadriennale fait obstacle à ce qu'il soit fait droit à leur demande portant sur des créances nées le 4 avril 2016 ; - à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés. Les parties ont été informées par une lettre du 23 juin 2021 que cette affaire était susceptible, à compter du 1er septembre 2021, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative. La clôture de l'instruction a été fixée au 4 octobre 2021 par ordonnance du même jour. Les consorts D ont produit des pièces le 2 mai 2023, à la demande du tribunal, qui ont été communiquées en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative. Le tribunal a invité, le 4 mai 2023, la société par actions simplifiée SETP, à répondre aux questions transmises par le tribunal. La société par actions simplifiée SETP a produit des observations, assorties de photographies, en réponse aux questions du tribunal, qui ont été communiquées le 11 mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative. La commune de Villars-Fontaine a produit, en réponse à une demande du tribunal, des observations le 15 mai 2023, qui ont été communiquées en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative. Elle soutient désormais que le litige afférent à la parcelle ZC 232 relève de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. La commune de Villars-Fontaine a produit un mémoire, enregistré le 19 mai 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction. Les parties ont été informées le 16 mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître d'une action indemnitaire tendant à la réparation des préjudices résultant de la voie de fait constituée par l'exécution forcée, dans des conditions irrégulières, en l'absence de saisine du juge compétent à cet effet, de la décision du maire de la commune de Villars-Fontaine de faire procéder à l'évacuation des blocs de pierre appartenant à un tiers, situés sur l'une des parcelles ZC 221 ou ZC 232 de cette commune, qui n'est pas justifiée par l'urgence et qui ne peut se rattacher à aucun des pouvoirs dont la commune ou le maire dispose, et ayant abouti, en l'espèce, à l'extinction du droit de propriété sur lesdits blocs de pierre. Les parties ont été informées le 16 mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître d'une action indemnitaire tendant à la réparation des préjudices résultant d'une faute ayant affecté un acte de gestion d'une parcelle appartenant au domaine privé de la commune. MM. A et B D, représentés par Me Brey, ont produit, en réponse à ce moyen, un mémoire, enregistré le 25 mai 2023, qui a été communiqué. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code général de la propriété des personnes publiques ; - le code de l'environnement ; - la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Irénée Hugez, - les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public, - et les observations de Me Brey, représentant MM. D, et celles de Me Mignot, représentant la commune de Villars-Fontaine. Une note en délibéré, présentée par les consorts D, a été enregistrée le 30 mai 2023. Considérant ce qui suit : 1. MM. B et A D, frères, possèdent la parcelle cadastrée ZC 221, constituée d'une bande de terre, dont la largeur varie d'environ 1 à 15 mètres et dont la limite sud dessine une sinusoïde, située au sud de la route départementale 35, le long de cette route, entre la route et le cours d'eau, le Meuzin, à l'est de la carrière, transformée en espace culture, dit " E " sur le territoire de la commune de Villars-Fontaine. La commune est propriétaire de la parcelle cadastrée ZC 232, de forme quasi-rectangulaire enclavée dans la précédente, également en bordure de la route départementale 35. Par acte authentique, en date du 8 juin 2017, la commune de Villars-Fontaine a acquis, de l'autre côté de cette route départementale, la parcelle cadastrée ZC 82, constituée d'un terrain à usage de carrière et a procédé, dès l'année 2016, à l'aménagement du site et de ses abords en vue de manifestations à caractère culturel. Dans ce cadre, et afin notamment de permettre le stationnement des véhicules de l'autre côté de la route, le maire de la commune a chargé la société par actions simplifiée (SAS) SETP de procéder, le 4 avril 2016, à l'évacuation de blocs de pierre de Villars stockés à cet endroit. Les consorts D, qui soutiennent que ces blocs de pierre leur appartiennent, et étaient entreposés sur leur parcelle, cadastrée ZC 221, demandent au tribunal de condamner la commune de Villars-Fontaine à les indemniser des préjudices financiers et moraux résultant de cette évacuation et du stationnement de véhicules sur leur parcelle. Sur la compétence de la juridiction administrative : 2. Il n'y a voie de fait de la part de l'administration, justifiant, par exception au principe de séparation des autorités administratives et judiciaires, la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire pour en ordonner la cessation ou la réparation, que dans la mesure où l'administration soit a procédé à l'exécution forcée, dans des conditions irrégulières, d'une décision, même régulière, portant atteinte à la liberté individuelle ou aboutissant à l'extinction d'un droit de propriété, soit a pris une décision qui a les mêmes effets d'atteinte à la liberté individuelle ou d'extinction d'un droit de propriété et qui est manifestement insusceptible d'être rattachée à un pouvoir appartenant à l'autorité administrative. 3. En premier lieu, il n'est pas sérieusement contesté par la commune de Villars-Fontaine que les blocs de pierre en litige qui, en l'espèce, ne constituaient ni des biens sans maître au sens des dispositions de l'article L. 1123-1 du code général de la propriété des personnes publiques, ni des déchets au sens de l'article L. 541-1 du code de l'environnement, appartenaient aux consorts D, dès lors qu'il résulte de l'instruction que, dès le 12 février 2012, le maire de la commune de Villars-Fontaine a demandé à M. D, père des requérants, désormais décédé, de procéder à l'évacuation " du dépôt de déchets et blocs de pierre () entreposés sans autorisation sur l'espace communal le long du CD 35 " et l'a averti qu'à " défaut de remise en état de cet espace, la commune fera procéder sans autre avis à l'enlèvement de ces déchets et blocs de pierre ". 4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, comme cela a été dit précédemment, que la commune de Villars-Fontaine a engagé, dès 2016, l'aménagement du site dit " E " et de ses abords, en vue d'y organiser des manifestations à caractère culturel. Afin de permettre le stationnement des véhicules de l'autre côté de la route, sur toute la longueur de la parcelle ZC 232 lui appartenant, la commune a chargé, le 4 avril 2016, la SAS SETP de procéder à l'évacuation des blocs de pierre de Villars, qu'elle considérait stockés sur ladite parcelle. Dès lors, à supposer même que tous les blocs de pierre en litige aient été effectivement stockés sur l'une des parcelles appartenant à la commune de Villars-Fontaine, il appartenait à cette commune, qui ne se prévaut pas d'une situation d'urgence, et dont l'intervention, ne peut se rattacher à aucun des pouvoirs dont elle dispose, et notamment pas au pouvoir de police du maire, de saisir le juge compétent afin que soient notamment ordonnées, l'évacuation des biens meubles entreposés sur la parcelle appartenant à la commune et sa remise en état, que la parcelle ZC 232 appartienne au domaine privé ou au domaine public de la commune. En l'absence d'une telle saisine, et dès lors que les agissements de la commune ne peuvent être rattachés à aucun des pouvoirs dont son maire ou elle-même dispose, le maire de la commune de Villars-Fontaine ne peut qu'être regardé comme ayant procédé à l'exécution forcée, dans des conditions irrégulières, d'une décision qu'il a lui-même prise. 5. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des réponses apportées dans le cadre de l'instruction, par la SAS SETP aux questions que lui a adressées le tribunal, non sérieusement contestées par les parties et cohérentes avec les allégations des parties qu'il est possible de tenir pour établies, que cette société a été chargée par le maire de la commune de procéder à l'évacuation des blocs de pierre nécessaire à l'aménagement, d'une part du site de " E " et d'autre part de la parcelle ZC 232, que ces blocs de pierre ont été mélangés lors de cette évacuation et de leur transport, sans qu'il soit possible de distinguer ceux provenant de l'ancienne carrière et ceux provenant de la zone constituée de la parcelle ZC 232 et de ses alentours, que certains d'entre eux ont été utilisés pour combler un trou de plusieurs dizaines de mètres cubes dans l'ancienne carrière, que d'autres ont été acheminés sur le site d'exploitation de cette société pour être concassés, compte tenu de leur état, que d'autres enfin, ont été stockés pendant quelques mois sur ce même site d'exploitation avant d'être ensevelis lors de la création d'un bâtiment de sciage à Comblanchien. Il ne peut qu'être inféré de l'ensemble de ces constats que l'opération d'évacuation objet du point précédent du présent jugement a eu pour effet l'extinction du droit de propriété des consorts D sur ceux de ces blocs de pierre leur appartenant. 6. Il résulte de la combinaison de ce qui vient d'être dit aux points 2 à 5 du présent jugement que le maire de la commune de Villars-Fontaine a commis une voie de fait, de sorte que les conclusions indemnitaires des consorts D, en tant qu'elles portent sur la réparation de cette faute, sont présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.Sur le surplus des conclusions indemnitaires : 7. Aux termes de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : / () 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains ; () ". 8. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction et notamment du seul constat d'huissier produit, eu égard à la profondeur de la parcelle dont la commune de Villars-Fontaine est propriétaire en bordure de la route départementale 35, que des véhicules stationneraient sur la parcelle appartenant aux consorts D qui, contrairement à ce qui est mentionné dans ce constat, n'est située en bordure de route départementale qu'à ses extrémités. Dès lors, la carence alléguée du maire de la commune de Villars-Fontaine à faire usage de ses pouvoirs de police administrative n'est pas établie. D'autre part, à supposer même cette circonstance avérée, il appartenait aux consorts D de demander au maire de la commune de faire usage de ses pouvoirs de police afin de limiter le stationnement à la parcelle appartenant à la commune et de tirer, le cas échéant, les conséquences de son défaut de diligences. Par suite, le moyen tiré de la faute résultant de ce que la commune laisserait les visiteurs de " E " utiliser la parcelle des requérants comme zone de stationnement, qui au surplus, est dépourvu de toutes précisions, doit être écarté. 9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir et sur l'exception de prescription quadriennale opposées en défense par la commune de Villars-Fontaine, ni sur les préjudices allégués, que le surplus des conclusions indemnitaires présentées par les consorts D doit être rejeté. Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : 10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'une ou l'autre des parties, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.D E C I D E : Article 1er : Les conclusions indemnitaires présentées par les consorts D sont présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en tant qu'elles tendent à la réparation des dommages résultant de la voie de fait commise par le maire de la commune de Villars-Fontaine. Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête des consorts D est rejeté. Article 3 : Les conclusions de la commune de Villars-Fontaine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à M. B D et à la commune de Villars-Fontaine. Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or. Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient : M. Nicolet, président, Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère, M. Hugez, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023. Le rapporteur, I. Hugez Le président, Ph. Nicolet La greffière, L. Curot La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition, La greffière,2N° 2100911lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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